Pour l’instant, vous avez deux matchs prévus à huis-clos. Avez-vous déjà une idée de l’impact financier pour le club ? La Ligue a-t-elle déjà évoqué d’éventuelles compensations ?

Je ne suis pas médecin, je me vois mal mettre 4 500 personnes à Paul Lignon, et que le lendemain, il y ait un spectateur qui soit confirmé positif, et que, pour x raison, la personne décède. Moi, le matin, je ne me regarde pas dans la glace ! L’aspect financier, je m’en fous complet ! Il y a deux aspects qui m’importent : que mes supporters ne soient pas malades en venant au stade, et la deuxième chose, c’est qu’on gagne les matchs. Mettre de l’argent en face de la vie de personnes, ça me dérange.

« demain matin, s’il y a un mec qui chope le virus au stade Paul Lignon, et qui décède. Je peux vous dire, je démissionne, j’arrête tout ! »

Pourtant, beaucoup de clubs s’émeuvent, disant qu’ils vont perdre de l’argent…

Vous le savez, je suis atypique. Moi, je n’en ai rien à foutre de perdre de l’argent. Parce que demain matin, s’il y a un mec qui chope le virus au stade Paul Lignon, et qui décède, je peux vous dire, je démissionne, j’arrête tout ! La santé, c’est ça le plus important. Et après, c’est de gagner des matchs, qu’il y ait du monde ou pas. Le PSG s’est qualifié sans public.

Certains présidents, comme Kita à Nantes, souhaiterait que le championnat s’arrête. Qu’en pensez-vous ?

Kita, il faut qu’il regarde le calendrier, autre que celui de son seul club. Il y a le championnat d’Europe en juin. On va arrêter le championnat ce soir ? Moi, je signe demain matin, je suis maintenu. Mais Niort et le Mans ? Il faut arrêter les conneries. On joue à huis-clos et puis voilà. Si un joueur est testé positif, on le met à l’écart, et il ne joue pas. Comme s’il s’était pété la jambe !

« pour Chambly, On fait un avion privé. On décolle de Rodez, on joue, et on revient »

Après la réception ce vendredi de Clermont, votre prochain match est un déplacement à Chambly, dans l’Oise. Un endroit qui est un « cluster »… 

Dans les clubs pros, c’est peut-être là où les personnes sont les plus surveillées. Si un joueur est touché, on a assez de staffs médicaux pour ne pas être inquiet. Après, pour Chambly, ça va être simple. J’ai un peu modifié les habitudes. On fait un avion privé. On décolle de Rodez, on joue, et on revient. On l’a fait pour deux choses. Il y avait le côté sportif premièrement :depuis le début de la saison, pour gagner en récupération, on fait parfois ce choix-là. Et le reste a accéléré ce choix.

Avez-vous mis en place des mesures de précaution pour les joueurs ?

Sur nos joueurs, c’est assez simple d’avoir un suivi. On a une armée de médecins, on a un staff médical. Donc, tous les matins et tous les soirs, on est attentif. Tout le dossier de l’Agence de Santé a été remis à chaque joueur. Dés qu’il y a un petit signe qui ne va pas, c’est isolé. Et le médecin vient, maintenant qu’on a un centre d’entraînement digne de ce nom. On est carré depuis un moment. Ça ne veut pas dire qu’on est à l’abri. Mais par rapport à une population lambda, ce serait compliqué de passer au travers d’un cas chez l’un de nos joueurs…