Rodez. Olivier Royer : itinéraire d’un passionné de théâtre, acteur et passeur…

Olivier Royer,: le théâtre au cœur ! @ADN12

Olivier Royer, c’est un nom qui résonne chez tous les amateurs de théâtre de l’agglomération ruthénoise. Enseignant et metteur en scène, il est devenu un personnage incontournable dans le paysage culturel local. Depuis 1994, il s’est jeté dans l’aventure du théâtre à corps perdu. Il continue encore aujourd’hui avec toujours le même engouement.

La troupe des adultes d’Olivier Royer de la MJC de Rodez. @ADN12

Un passion née dès l’enfance

Olivier Royer se définit comme un homme « partagé entre humanité, transmission et passion ». Son métier il l’a dans la peau : il sait tirer le meilleur de ses élèves et fédérer ses troupes. Avec plus de cinquante heures par semaine consacrées à son activité, il vit dans un univers particulier : « c’est surtout des moments d’une rare intensité que je vis chaque jour » affirme-t-il.

« Dès l’âge de neuf ans, mes parents m’avaient emmené voir une pièce de Nicolas Gogol, Le Journal d’un Fou. Le personnage principal avait été ovationné pendant presque dix minutes sans discontinuer. J’étais admiratif et rempli d’émotions, j’ai dit à mes parents : « je veux faire du théâtre ! », c’était le début d’une des plus belles rencontres de ma vie » 

(Olivier Royer)

Il se rappelle avoir dès lors multiplié les expériences : « j’ai participé à beaucoup d’ateliers lors de mes années collèges et lycées ». Pour ses études supérieures, il fait le choix d’études scientifiques allant jusqu’à un Master 2 de biochimie à Paris…

« j’ai toujours eu le théâtre au cœur, il ne m’a jamais quitté »

Les études finies, il commence à travailler à Rodez, au laboratoire Rey, en tant que technicien. Ayant dû mettre le théâtre de côté lors de ses études supérieures, le virus revient et il décide de rejoindre la troupe amateur des Comédiens aux Chariots. C’est une expérience qui va durer 13 ans au cours de laquelle Olivier Royer va mettre en scène le Malade Imaginaire de Molière : « j’ai particulièrement apprécié ce moment-là, ça a été un déclic pour moi et j’ai compris que j’étais fait pour ça ».

De la science au théâtre…

En 1994, il décide de donner plus de place à l’activité théâtrale dans sa vie professionnelle. Il profite d’une opportunité au lycée Foch qui lui permet de monter ses premier ateliers théâtre. La réussite est au rendez-vous pour lui : « tout va s’enchaîner rapidement je vais être contacté par la MJC de Rodez puis d’Onet le Château et plusieurs lycées et collèges ».

Face à une demande croissante, il décide de vivre uniquement du théâtre et fonde en 1998 Bleu théâtre. Il va compléter son activé par des cours à l’IUT et à l’Ecole de Commerce et de Gestion de Rodez. Il y anime régulièrement des cours pour faciliter la prise de parole en public. Il intervient aujourd’hui sur des établissements répartis sur toute l’Occitanie.

Pour élargir son champ de compétences, il va collaborer avec neuf maisons de retraites, les hôpitaux de Sainte Marie et celui de Bourran. Le professeur se transforme en thérapeute tel un véritable coach. Il effectue un travail personnalisé avec chaque patient, chaque résident pour les stimuler. Ses animations sont réalisées en collaboration avec le personnel médical : « cette expérience est enrichissante pour moi sur le plan professionnel et humain ».

« Une foi inébranlable en la jeunesse »

« J’ai foi en la jeunesse, elle m’a toujours surpris » affirme-t-il, « je suis très fier de tous ces jeunes qui sont passés sous sa direction ». Certains, comme Damien Gabriac et Thomas Pouget, sont devenus des acteurs de dimension nationale reconnus. L’année dernière, il avait emmené ses jeunes acteurs sur les traces d’Anne Franck. Cette année, il donne rendez-vous au public au mois de juin pour assister à sa pièce adaptée de Notre Dame de Paris. Ces jeunes élèves l’ont préparée avec application et envie…

Olivier Royer et ses jeunes comédiens pour le spectacle d’Anne Franck. DR

Quand il regarde derrière lui, beaucoup de chemin a été parcouru avec des souvenirs inoubliables. La question de mettre fin à son activité ne s’est jamais posée à lui : « quand on aime ce qu’on fait, on boit la coupe jusqu’à la lie » conclue-t-il. Comme un sacerdoce, il continue son chemin guidé par une passion qui lui colle à la peau.