Municipales. La semaine des candidats ruthénois

Christian Teyssèdre, Jean-Philippe Murat, Mathieu Lebrun et Serge Julien, les quatre têtes de listes pour les municipales 2020 à Rodez. ©ADN12

Dernière ligne droite pour les quatre prétendants à la mairie de Rodez. Dans une semaine tout pile, le premier tour des élections municipales donnera son verdict… Chacun lance donc ses dernières forces dans la bataille pour convaincre les Ruthénois des bienfaits de son projet. (Aveyron Digital News et la radio locale RTR les inviteront une dernière fois à débattre en direct devant vous ce jeudi 12 mars à 18 h. Restez informés…)

Matthieu Lebrun explique son projet de démocratie participative

Dénonçant une « démocratie à bout de souffle », et désireuse de « changer le mode de gouvernance pour renouer les liens de confiance entre les habitants et leurs élus », la liste Rodez Citoyen a fait de la démocratie participative le principe directeur de sa campagne.

« La parole citoyenne sera souveraine »

« Ce n’est pas un gadget. C’est un processus long, qui nécessite un travail d’explication individualisé. Si les citoyens ont toutes les informations en leur possession, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas capables de décider ! Il ne faut pas avoir peur de ça, je suis confiant » assure Matthieu Lebrun quand on lui demande si les citoyens ont réellement les capacités à donner leur avis sur tout type de sujets. « Nous l’avons nous-mêmes expérimentée pour construire notre liste et notre programme… on sait que ça marche ! » complète Iléana Bertau, qui explique que des outils concrets existent pour faire participer les habitants.

Pour les membres de Rodez Citoyen, la démocratie participative « n’est pas un gadget ». ©ADN12

Une co-construction qui sera mise en place tout au long de la mandature par le biais de Conseils de Vie Citoyenne composés de ruthénois, d’associations et d’acteurs économiques. « Ils pourront proposer des projets, travaillés en groupe à partir des problématiques de chaque quartier, qui seront soumis à la validation des élus, puis, de façon exceptionnelle, au référendum local en cas de projet coûteux ou clivant de type aménagements d’urbanisme ».

Des débats d’idées qui ont pour objectif d’impliquer plus de citoyens à la vie de Rodez, mais qui nécessitent d’être encadrés selon Matthieu Lebrun : « on emploiera immédiatement deux animateurs de vie démocratique à temps plein, avec des formations de niveau supérieur car cela ne s’improvise pas avec un simple BAFA ».

Des Ruthénois qui seront également consultés chaque année lors d’un Forum : « c’est là que seront construites les grandes orientations budgétaires pour être au plus près de la réalité des besoins » annonce Matthieu Lebrun qui précise que les citoyens auront un réel contrôle de l’action municipale. « Les instances de contrôle que l’on va créer, –Commission Ethique et Observatoire des Engagements-, rendront compte du travail effectué de façon indépendante, et avec des publications régulières… c’est une caution contre les dérives actuelles des élus, où l’information partielle que les ruthénois reçoivent… ».

  • Prochains RDV pour Matthieu Lebrun : lundi 9 mars à 20h au café associatif de Gourgan, mardi 11 mars à 20h30 à la Maison des Associations.

Christian Teyssèdre réunit 200 personnes à la Salle des Fêtes

« Christian Teyssèdre a remis la cathédrale au milieu de la cité ruthénoise » a résumé le député LREM Stéphane Mazars en clôture du dernier meeting de campagne du maire sortant, ce jeudi 5 mars, à la Salle des Fêtes. Un candidat qui est longuement revenu sur le bilan de ses deux derniers mandats à la tête de la première ville d’Aveyron, lors desquels il estime « avoir tenu ses engagements ».

Et c’est le dynamisme économique de Rodez que Christian Teyssèdre a décidé de mettre en avant ce soir là, y compris dans les décisions prises au sein de l’Agglo : un taux de chômage à 5,5 %, les aménagements réalisés dans les zones d’activité, leur passage en régie directe, les infrastructures routières ou encore l’augmentation du nombre de formations supérieures… « Ce n’est pour rien si Rodez a été reconnue comme ville où il fait bon vivre. C’est parce que nous avons agi dans tous les secteurs : l’éducation, le social, le logement, le sport, la culture…».

« C’est la campagne la plus pénible que j’ai eue à mener car on entend tout et n’importe quoi »

« Le prochain mandat sera plus social et plus environnemental » a lancé le candidat, mettant en avant la gestion financière de son dernier mandat : « baisse des dépenses de fonctionnement et multiplication par trois de nos capacités d’autofinancement »…

Fidèle à lui-même, Christian Teyssèdre n’a pas épargné ses trois adversaires, dénonçant les « mensonges incessants de Matthieu Lebrun », reprochant à Serge Julien de vouloir « faire de la dette alors que Rachida Dati n’en veut pas elle-même pour Paris », et ironisant sur Jean-Philippe Murat, « l’homme qui dépense deux fois le budget de la Ville sans avoir rien proposé de durable, ni entretenu l’existant »…

Pour son dernier meeting à la Salle des Fêtes, le maire sortant est longuement revenu sur son bilan, mettant en avant le « dynamisme économique » de Rodez. ©ADN12

« Nous voulons aller vers « un sport = un site », donc Vabre sera pour le foot, et Le Trauc pour le Rugby »

Plus tôt cette semaine, Christian Teyssèdre précisait son programme sportif : la création d’un gymnase en centre-ville, près de l’Amphithéâtre, et doté d’un mur d’escalade, d’un autre à Vabre (« pour les entraînements d’hiver d’athlétisme, de vélo… »), de navettes-tests vers Vabre et le Trauc, le déménagement du boulodrome de Saint-Eloi aux Anciens Abattoirs, et le développement du sport-bien-être (gym douce et actions de prévention).

Serge Julien veut faire de Rodez « le modèle français des villes intelligentes »

C’est certainement la grande orientation du programme du candidat de la droite : faire de Rodez « une ville intelligente et connectée », « un modèle national de la Smart-City du futur ». 

« Collecter des données pour améliorer la qualité de vie des habitants, garder les jeunes à Rodez et réduire l’empreinte carbone »

Les colistiers de Serge Julien veulent faire de Rodez une ville « intelligente et connectée ». ©ADN12

Un thème transversal que les colistiers de Serge Julien souhaitent décliner dans le quotidien des ruthénois : la gestion des déchets (avec des conteneurs connectés, pour adapter les tournées de ramassage), la circulation (avec des feux synchronisés), le stationnement (avec des parkings intelligents informant en temps réel des places disponibles; « en baissant le flux de voitures et le temps passé à chercher une place, on diminue notre impact carbone et on favorise les mobilités douces »), l’éclairage public (avec des détecteurs de présence et des abaisseurs de tension selon les heures de fréquentation) et l‘économie ( « la Ville doit travailler avec Bosch, les écoles et les starts-ups pour devenir une référence nationale en termes de transformation digitale, et générer de l’emploi en local »).

« C’est une vision à 10 ans »

Une transformation qui passerait par une refonte totale du site internet de la municipalité et par la création de nouveaux outils connectés, notamment pour encourager l’utilisation des transports en commun et des parkings-relais qu’ils imaginent, la mise en place d’infrastructures dédiées aux mobilités douces et la réduction des dépenses énergétiques (sur le bâti et par le développement de panneaux photovoltaïques).

Cette semaine, le candidat Serge Julien a également précisé ses orientations en termes de sport et culture, affirmant que les budgets resteraient inchangés (« avec une grille d’attribution claire des subventions pour sortir du sentiment de clientélisme »). Côté sport, pas d’annonce fracassante si ce n’est la création d’une structure pour réunir les clubs de la Ville afin d’encourager les échanges réguliers, un état des lieux des équipements pour établir une programmation des investissements en fonction des besoins, une aide aux déplacements ( avec un parc de minibus et des bus vers Vabre et Le Trauc). Côté culture, Serge Julien souhaite « sortir de la monoculture créée autour du Musée Soulages et de l’art contemporain », en ouvrant le Musée Puech à d’autres formes de culture en privilégiant les jeunes artistes locaux. Il annonce également vouloir faire évoluer l’Estivada, en le tournant vers une organisation partagée avec des professionnels : « il faut donner un coup de fouet à ce festival ».

Jean-Philippe Murat met son handicap en avant

« Le handicap change le regard des gens » a affirmé le candidat Jean-Philippe Murat lors d’une conférence de presse ce vendredi 6 mars… Le candidat veut faire de sa singularité une force. Il explique pourquoi…

Jean-Philippe Murat, unique candidat tête de liste en France à présenter un handicap moteur pour ces municipales. ©ADN12

Pour lui, le handicap est une force qui apporte un « plus » dans la vision qu’il a de la ville… Tétraplégique depuis 2006, il explique que sa situation lui a permis de parler « plus sincèrement » avec les personnes qu’il a pu croiser durant ces années passées dans son fauteuil, ce dernier s’étant révélé « un excellent moyen de communication » :

« Les gens viennent me voir et beaucoup se sont confiés de façon intime plus facilement car mon regard ne les a pas gêné. On a pu aborder des sujets différents, notamment les difficultés dans leur quotidien. Une personne valide peut plus difficilement construire cette relation intimiste.»

(Jean-Philippe Murat)

Autre relation aux gens, et autre vision du monde : « J’ai une vision d’en bas qui me permet d’avoir un certain recul sur la situation et qui m’a aidé à construire ma vision pour Rodez, a déclaré le candidat. Je ne vois pas les choses d’en haut, comme Christian Teyssèdre. » Il en a profité pour mettre en parallèle le caractère « hégémonique, colérique et autocratique » de ce dernier, avec « la bienveillance et l’humanisme » (credo de sa campagne) que son expérience a pu lui apporter.

« On ne peut pas me reprocher de ne pas connaître les difficultés de la vie »

Mettant aussi en avant sa personnalité d’« hyperactif », il affirme que son parcours l’a forcé à « se battre pour vivre » et a forgé son caractère. Et son équipe de campagne d’acquiescer : « il y a une volonté, un courage, une soif de se battre chez Jean-Philippe, sans ça on ne l’aurait peut-être pas suivi » insiste Karine Vermeuil.

Le candidat en a profité pour dénoncer les attaques « jamais par devant » du maire sortant qui, d’après Jean-Philippe Murat, aurait insinué à plusieurs occasions que le candidat de Rodez, un projet de ville n’aurait pas la force d’assumer le statut de maire du fait de ses hospitalisations fréquentes. A ces attaques, il répond : « Je tiens depuis 14 ans en menant de front mes entreprises et l’association des handipreneurs, je vais dans les ministères une semaine par mois : mon rythme est plus soutenu que celui du maire de Rodez ! » Assurant au passage qu’en cas de victoire, il laissera la main sur ses activités professionnelles et associatives pour se concentrer sur Rodez.

Jean-Philippe Murat est actuellement le seul candidat handicapé à participer aux élections municipales d’une ville de plus de 20 000 habitants en France en tant que tête de liste.