Sébazac. Yannick Jauzion prête main forte aux agriculteurs aveyronnais

L'ancien rugbyman international français a répondu à l'appel de Thierry Roques, le Secrétaire de la Fédération des CUMA de l'Aveyron. @ADN12

Un invité de marque ce mardi 3 mars à la Doline de Sébazac pour l’Assemblée Générale des Cuma de l’Aveyron : l’ancien rugbyman international français Yannick Jauzion était de la partie pour parler esprit collectif et force du groupe…

« J’ai des souvenirs très sympas en Aveyron »

« On souhaitait dynamiser notre Assemblée Générale avec une tête d’affiche. Pari réussi : on a rarement vu autant de monde ! » sourit Thierry Roques, le secrétaire départemental des Cuma de l’Aveyron. « Yannick Jauzion est un grand sportif, qui a une belle image et qui correspond exactement au thème qu’on a voulu donner à cette assemblée : une équipe gagne quand elle la joue collectif ! ».

Pour l’ancien international français, « il y a un vrai parallèle entre le sport et l’agriculture : dans les deux cas, c’est le collectif qui aide à progresser ». @ADN12

Sport et agriculture : la force du collectif

L’adhésion à une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) permet d’acquérir et d’utiliser du matériel agricole partagé en commun entre plusieurs exploitants.

« A l’heure de l’individualisme, on redonne du sens au collectif »

Une nécessité à l’heure où les investissements en machines spécialisées coûtent très cher… « Mais les Cuma ont aussi un rôle social, où les jeunes qui s’installent trouvent des gens à qui parler, pour échanger sur le métier et partager des moments conviviaux » tient à rappeler Thierry Roques.

« C’est là que l’agriculture et le sport se rejoignent : sur l’importance du collectif. Pour faire progresser une exploitation, il faut échanger, partager des énergies et des moments forts ensemble… C’est aussi très important pour l’individu lui-même, qui se transcende grâce au groupe. J’aime toujours partager mon vécu quand c’est pour parler de valeurs qui me sont chères »

(Yannick Jauzion, ancien international français)

Le castrais de naissance connaît bien le monde agricole : « mes parents ont une ferme, j’ai fait l’Ecole Générale Agricole et je dirige une société de culture de ginseng bio » explique celui qui est également devenu courtier en assurances. Une personnalité simple et disponible qui n’oublie pas ses racines et dit apprécier notre département : « j’ai de la famille à Saint-Affrique et à Vabres-l’Abbaye. J’aime les traditions du terroir aveyronnais, comme les transhumances de l’Aubrac. J’y venais régulièrement quand j’ai commencé le rugby, lors de stages… ».

CUMA : 80 % des agriculteurs aveyronnais !

Question collectif en tout cas, l’Aveyron fait aujourd’hui figure d’exemple avec pas moins de 267 CUMA, 7 600 adhérents, 8 000 matériels agricoles en commun, 65 hangars et 138 salariés directs (69 ETP en 2019 contre 36 en 2006, soit un doublement du nombre de salariés en 15 ans) : chauffeurs, mécaniciens, salariés agricoles polyvalents…

« L’année passée a été exceptionnelle en termes d’investissements » ajoute Thierry Roques, « on est quasiment passé de 10 à 15 millions d’euros ».  Parmi les investissements notables cette année : 735 nouveaux matériels, renouvellement de l’obsolète (18%), ou encore une unité de méthanisation à Saint-Geneviève sur Argence (8%).

En Chiffre d’Affaire, les Cuma aveyronnaises pèsent aujourd’hui 17,87 millions d’euros. Une donnée en constante augmentation depuis plusieurs années.

« Les Cuma se portent bien avec des projets de nouveaux hangars avec panneaux photovoltaïques notamment. Le défi pour l’avenir sera de maintenir ce maillage territorial exceptionnel, qui est l’un des premiers au niveau national, et qui participe à la transmission des exploitations et donc au renouvellement des générations. C’est dans ce sens que les Cumas sont là : pour maintenir une agriculture forte et solide » conclue Thierry Roques avant d’aller partager le repas avec son invité du jour.

En fin de réunion, le castrais s’est gentiment prêté au jeu de la séance photo. @ADN12

Un pronostic pour dimanche ?

Si Yannick Jauzion, ce géant aux 73 capes tricolores, a pris sa retraite en 2013, –« le sport me manque beaucoup : la dépense physique, les émotions qui y sont liées, les moments échangés… »-, il explique suivre de près le parcours de l’équipe de France dans le Tournoi des 6 Nations : « c’est très bien parti, le match de dimanche contre l’Ecosse sera crucial mais j’y crois : il y a une très belle dynamique ! ».

Gageons que, tels les Cumas aveyronnaises, les rugbymen français sauront se servir du collectif comme une force pour avancer…