Aveyron. Arnaud Viala opposé au projet de réforme des retraites et au 49.3

Le député Les Républicain Arnaud Viala a fait parvenir un communiqué de presse expliquant son opposition à la réforme des retraites, à l'utilisation du 49.3 et ses « propositions de résolution ».

Le député LR Arnaud Viala ©ADN12

Un soutien inattendu à l’intersyndicale qui manifeste depuis lundi soir contre l’utilisation du 49.3 et depuis des mois contre la réforme des retraites : le député aveyronnais Arnaud Viala expose son avis sur la question en commençant par affirmer sa volonté de réformer le système des retraites, mais aussi en se prononçant pour l’allongement de la durée de travail et pour « une plus grande justesse de notre système de pensions ».

Cependant, il enchaîne en dénonçant certains aspects de cette réforme :

« – sur le fond d’abord, malgré notre insistance depuis des semaines, aucune réponse n’a été apportée à des catégories de Français qui seront particulièrement lésés par cette réforme : enseignants, indépendants
– sur le fond encore, je ne pense pas que l’on puisse justifier, d’une quelconque manière, de mettre à mal – au détour de cette réforme – des provisions effectuées par des régimes autonomes, depuis des décennies, sans jamais recourir à la solidarité nationale. Cette méthode n’est pas acceptable ;
– sur le fond toujours, la fixation des indices (valeur du point et indice de mesure du niveau de vie) doit être parfaitement limpide afin de ne laisser aucune place, ni maintenant ni dans le futur, à des décisions arbitraires que des situations pourraient conduire à prendre. Ce n’est pas le cas dans le projet de loi actuel.
– sur le fond enfin, il n’est pas plus admissible qu’une réforme d’une telle ampleur ne conduise pas à régler les disparités extrêmes qui existent pour les actuels retraités et laisse, en particulier, les actuels retraités agricoles dans une situation de grande précarité ;
– sur la forme, la concertation revendiquée par le Gouvernement est manifestement un échec ; le fiasco de la période préparatoire avec les corps intermédiaires, des semaines de mobilisation de nombreux Français, l’échec de la commission spéciale de l’Assemblée nationale, et le spectacle ahurissant du blocage des débats depuis plus de dix jours appellent à présent à la responsabilité collective. On ne peut pas imposer aux Français une réforme qu’ils ne comprennent pas et dont leurs représentants ne peuvent pas débattre ;
– sur le plan budgétaire enfin, aucun élément n’est disponible sur les coûts de cette réforme et sur la trajectoire budgétaire sur laquelle elle entraînera notre pays. La conférence de financement est elle-même incapable de conduire les travaux pour lesquels elle a été créée. »

« Face à cette situation grave, je suis évidemment opposé à ce que la réforme soit adoptée et, la semaine dernière, ai demandé solennellement au Gouvernement de retirer son Projet de Loi, afin de le retravailler, notamment à la lueur des aspects budgétaires qui doivent l’accompagner, avant de le soumettre à nouveau à l’examen du Parlement, une fois enrichi des réponses – notamment – aux questions que je rappelle ci-dessus. […]
Après des semaines de grèves et de manifestations ; un Premier Ministre toujours plus évasif ; un Projet de Loi ‘creux’ avec 29 articles sur 65 qui sont des ordonnances, donc des renvois à plus tard pour leur contenu et qui – déjà- occultaient le débat au Parlement ; aucune précision sur l’âge réel de départ à la retraite à taux plein cette décision est incompréhensible et cet épisode est invraisemblable. »

Il invite donc le Gouvernement « à déposer un nouveau projet de loi, qui serait examiné en temps législatif programmé, pour éviter tout nouveau risque d’obstruction, sans remettre en cause la date d’entrée en vigueur de la réforme », ainsi qu’à « tenir compte dans ce nouveau texte de l’avis du Conseil d’Etat et des conclusions de la conférence de financement, afin de proposer une réforme complète et financée, sortant la réforme de l’enlisement et de l’impasse ».

Il finit en évoquant la motion de censure déposée par le Groupe Les Républicains samedi 29 au soir et qui doit être débattue aujourd’hui. Si celle-ci est votée, le texte de réforme des retraites sera rejeté et dans le cas contraire, le texte passera à l’Assemblée, sans vote.

« Pour ma part, jusqu’au bout, je m’efforcerai de tenter de défendre l’idée d’une réforme du système de retraite qui permette une plus grande équité tout en préservant les grands équilibres des cotisations, des pensions, des particularités de pénibilité et de situations familiales. Elle est possible, nous l’avons écrite et défendue. Encore faut-il accepter d’en débattre. Une motion de censure est déposée sera débattue demain. Je la voterai. »