Aveyron. Le « local » à privilégier sur le « bio » pour certains conseillers départementaux

Séance plénière de Assemblée Départementale ©ADN12

La séance plénière de l’Assemblée Départementale qui s’est tenue ce vendredi 28 février a vu l’intervention de Sarah Vidal pour demander au département une plus grande implication pour développer le bio en Aveyron.

Un appel au bio

La conseillère départementale du canton de Rodez 1 (mais aussi, ne l’oublions pas, la n°2 de la liste de candidature aux élections municipales de Christian Teyssèdre à Rodez) est intervenue pendant la séance plénière pour regretter le manque « d’ambition » du Conseil Départemental à mettre en place « un projet alimentaire territorial ». Elle a constaté le manque de soutien financier du département à l’APABA (Association de Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron), « 7 000 € par an seulement », alors que certains départements « affichent un soutien beaucoup plus fort » comme « le Gers, 40 800 €, le Lot, 13 200 € ou le Gard, 117 000 € ».

En effet, l’Aveyron est le deuxième département en terme de surface certifiée (13,6%, juste derrière la Drôme avec 14%) et compte 858 exploitations bio, sur un total de 9 094 exploitations agricoles (chiffres : APABA).

Sarah Vidal a plaidé pour une plus grande aide au bio par le Conseil départemental de l’Aveyron ©ADN12

Pour Sarah Vidal, le soutien au bio devrait également passer par « une politique volontariste en matière de restauration collective ». Avec la proposition de lancer un collège pilote, citant des « départements pionniers » comme la Dordogne, la Drome ou le Gard pour « expérimenter une restauration 100 % bio dans un collège », avec un prix du repas qui « n’a augmenté que de 10 centimes par assiette » dans l’établissement de Dordogne.

Et si d’autres conseillers ont rappelé l’engagement du département via l’adhésion à la plateforme Agrilocal ou des opérations comme « l’Aveyron dans l’assiette », ce n’est, pour Sarah Vidal, pas suffisant : il faudrait aussi « former et réunir les agents travaillant dans la restauration collective sur l’hygiène, la réglementation ou les échanges pratiques », mais aussi installer les producteurs proche des collèges, faire en sorte que les établissements obtiennent le label Bio Ecocert, créer un réseau de distribution ainsi qu’une plateforme où les collèges pourraient passer commande directement auprès des producteurs.

« Et il faut, dans le même temps, mener une politique ambitieuse dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et sur l’utilisation des bio-déchets »

Le bio, « une insulte à nos agriculteurs »

Pour Magali Bessaou, conseillère départementale du canton Causse-Comtal et maire de La Loubière, « on n’a pas attendu le bio pour manger bien en Aveyron, on a besoin de manger local ». Elle a été appuyée dans ses propos par Christian Tieulié, conseiller départemental Lot et Dourdou, pour qui le local doit passer avant le bio, et surtout étendre cette consigne aux cantines des établissements primaires.

Entre bio et local, le torchon brûle aussi au département…