Rodez. Station A labellisée Fabrique de territoires

Station A vient d'annoncer sa labellisation officielle comme Fabrique de territoires. Une preuve de confiance de la part de l'Etat qui va contribuer à ouvrir des portes au futur tiers-lieu aveyronnais.

L'équipe de Station A (Alan Hay, Arnaud Mallet et Ismaël Valente) soutenue par le département (Jean-François Gaillard), la municipalité (Monique Bultel-Herment) et le député Stéphane Mazars. ©ADN12

Les choses s’accélèrent pour Station A ! Après avoir obtenu l’accord du département pour la mise en place du tiers-lieu dans les Haras de Rodez, l’association s’est vue être labellisée Fabrique de territoires par l’Etat. Quel est ce label et que va-t-il apporter au futur tiers-lieu ?

Station A, une « belle histoire qui commence »

Station A fait déjà des miracles puisqu’elle a réussi à rassembler la municipalité et le département de l’Aveyron, tous main dans la main pour soutenir le projet de tiers-lieu. « Je me rappelle encore en juin 2017, lorsque les Haras sont redevenus la propriété du département, se remémore Jean-François Gaillard, le président du Conseil départemental. Nous nous demandions que faire de ce lieu et avions lancé un appel à projet. » Il aura fallu décortiquer la vingtaine de projets reçus, puis 18 mois d’allers-retours entre le Conseil départemental et l’équipe de Station A, pour finalement aboutir à la rédaction d’une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire) qui met en place les modalités d’occupation de l’espace pour les six prochains mois, avant la signature d’un bail emphytéotique.

« Ce projet hors du commun me satisfait pour plusieurs raisons : d’abord, le lieu reste propriété des Aveyronnais puisque le département reste propriétaire. Ensuite, le projet ne coûte pas d’argent public. Enfin, il amène la preuve que le département est capable de projets qui obtiennent des labels comme celui de Fabrique de territoires, à l’économie viable, au cœur de Rodez et de l’Aveyron. »

Jean-François Gaillard, président du Conseil départemental

Pour Monique Bultel-Herment venue représenter la municipalité et l’agglo du Grand Rodez, « c’est une utopie qui se concrétise ». Car la labellisation va ouvrir des portes à l’association puisqu’elle « donne une idée de la maturité et de l’identité du projet pour les autres collectivités ». Et si la première adjointe annonce que le projet est une « fierté de la ville et de l’agglo », elle précise que cette dernière « sera à vos côtés, notamment via des appels à projets », tout en précisant que la collectivité interviendra « à chaque fois que ça sera dans ses compétences ». C’est-à-dire plutôt au niveau des lignes de bus « pour venir jusqu’ici », de l’aménagement extérieur, mais aussi via le projet de maraîchage bio sur les terrains alentour qui appartiennent, eux, à la mairie.

5 hectares de terrain, de quoi faire rêver à beaucoup de projets pour Station A. ©ADN12

Un label national

Car le label Fabrique de territoires, ce n’est pas rien. Mis en place en juillet 2019 par l’Etat, il a pour but « d’accompagner et accélérer la dynamique de développement des tiers-lieux dans les territoires, en garantissant leur diversité et consolidant les projets existants », d’après la description officielle. Et pour ce faire, l’Etat dote les tiers-lieux sélectionnés d’un financement entre 25 et 50 000€ par an, pendant trois ans. Avec, également, l’intégration dans un réseau de tiers-lieux qui pourront s’échanger entre eux de précieuses informations sur leurs fonctionnements mutuels. Ce financement sur trois ans « nous permet aussi de nous inscrire dans la durée », rappelle Alan Hay, à l’origine du projet. Sans même parler de la crédibilité auprès des investisseurs potentiels et des banques.

La première série de lauréats a sélectionné 30 tiers-lieux partout en France, plutôt dans les villes et les quartiers prioritaires. Cette deuxième série annoncée en février, dont Station A fait partie, visait surtout les territoires ruraux, l’autre sélectionné le plus proche de Rodez étant les Figeacteurs de Figeac. Au final, ce sera 300 tiers-lieux qui seront aidés, dont 150 dans les territoires ruraux.

Pour le député Stéphane Mazars qui a appuyé ce projet depuis le début auprès de l’Etat, « c’est la preuve du dynamisme de la ville de Rodez qui se réveille, qui se bouge et qui est de plus en plus attractive pour les jeunes générations ».

Monique Bultel – Herment, Alan Hay et Stéphane Mazars évoquent leurs souvenir des Haras et parlent de l’avenir. ©ADN12

Un projet lancé, mais pas sur les rails

Si le projet semble bien parti, tout reste encore à faire pour l’équipe de Station A. Alan Hay souhaite recruter un premier équivalent temps plein, « mais nous aurons besoin d’embaucher trois temps pleins complets pour continuer le montage du projet et rechercher des investisseurs. » Car avant de se lancer dans des travaux, il faut réaliser une étude architecturale, qui a un prix : « nous avons besoin de 800 000€ et nous avons déjà 600 à 700 000€ de promesses d’investissement de la part d’Aveyronnais de Paris ou d’ici » annonce fièrement le lanceur de projet.

Car si l’utopie est belle, l’argent reste le nerf de la guerre : au 1er mars, Station A aura le droit d’utiliser les Haras sans transformer le lieu, et donc en utilisant les parties du bâtiment dont les rénovations datent de 2009 pour en faire des bureaux, des salles de réunion, ou encore le café associatif. « Nous avons déjà 400m² de bureaux, sept salles de réunion et des ateliers à disposition pour des locataires intéressés » annonce l’équipe.

Location de salle, coworking, espace d’animation, de spectacle, lieu culturel, sportif, social… et surtout, en création constante sans limite géographique, rappelle Alan Hay. « Nous, on a pas de périmètre, contrairement aux collectivités : notre rayonnement va au-delà de l’agglo, du département de l’Aveyron et on réfléchit à des projets avec d’autres villes comme Millau, Castres ou Sètes, tout en développant la « couture » à l’échelle du quartier comme disait Nicola Delon [le grand architecte des tiers-lieux, NDLR]. On vient appuyer l’action publique sans remplacer les collectivités ».

« On a envie d’être des alchimistes qui tentent des choses »

Les Haras pourront enfin être ouverts aux Ruthénois… et à tous les autres. ©ADN12

Prochain rendez-vous début mars pour le déménagement de la Sousta (qui était rue de Bonald) jusqu’aux Haras et la mise en place du café associatif. En attendant, ceux qui ne l’ont pas fait sont invités à voter jusqu’au 2 mars pour le projet de construction d’un Repair Café à Station A sur le site de la région Occitanie : il faut ouvrir son compte sur le site de la région citoyenne par ici, puis voter pour le projet par là après avoir choisi la zone « Aveyron ». Vous avez trois votes, libre à vous de les donner aussi à d’autres projets, en Aveyron comme ailleurs !