L’Aveyron sur le qui-vive contre le Coronavirus [MISE A JOUR]

Depuis ce week-end, la zone de propagation du virus s'est élargie à la Corée du Sud, et, plus proches de nous, les deux régions italiennes de la Lombardie et de la Vénétie. Si aucun cas n'a été déclaré en Occitanie, l'ARS de l'Aveyron se tient prête, en coordination avec celles des autres départements.

Le Centre Hospitalier de Rodez. Photo : DR

[Mise à jour 26 févier 11h] Nouvelles consignes de l’éducation nationale

Bien que certains Aveyronnais soient bien embêtés par ce virus qui a obligé la Chine à fermer ses frontières, le département a jusqu’ici été totalement épargné par le virus chinois. Pour autant, l’ARS de l’Occitanie et les équipes de professionnels de santé n’ont pas chômé pour se préparer au pire. La zone de contamination du virus s’étant étendue ce week-end à la Corée du Sud et aux régions de la Lombardie et de la Vénétie en Italie, le niveau de prévention a augmenté et « le système de veille sanitaire passe au niveau au-dessus » rapporte Benjamin Arnal, le Directeur départemental de l’ARS Aveyron.

L’hôpital de Rodez amené à recevoir des malades

Alors que la semaine dernière, seuls les CHU pouvaient intervenir pour réceptionner des cas suspects, c’est aujourd’hui tous les hôpitaux qui sont aussi le siège du SAMU et qui disposent d’un service d’infectiologie qui sont amenés à intervenir. « Comme les cas de suspicions ont augmenté, la réponse devient plus importante », résume simplement le directeur de l’ARS Aveyron.

Et c’est le cas du Centre Hospitalier Jacques Puel : même si les cas potentiels sont en premier lieux acheminés vers les CHU de Toulouse ou de Montpellier, le CH de Rodez est, depuis avant-hier, classé comme « établissement de seconde ligne », c’est-à-dire amené à suppléer les grands CHU en cas de manque de place. « Mais les équipes hospitalières avaient commencé à se préparer depuis 15 jours », assure le directeur de l’ARS Aveyron.

Sur tout le département, l’hôpital de Rodez reste le seul établissement habilité à recevoir des patients suspects ou atteints du Coronavirus, mêmes sur les analyses se font encore sur les CHU de Toulouse ou Montpellier.

« S’il y a apparition d’un cas suspect en Aveyron et que Toulouse ne peut pas intervenir, il ira à Rodez »

Car en effet, l’hôpital est équipé d’un service d’infectiologie avec des chambres qui peuvent s’ouvrir les unes sur les autres, et s’isoler de tout un secteur pour créer une quarantaine. Il dispose également de sas qui permettent de faire le vide pour éviter la propagation du virus.

Et s’il n’y a pas eu de cas, même suspect, en Aveyron, il y a parfois des alertes chez nos voisins : une personne âgée du Tarn qui revenait d’une croisière en Italie sur un bateau où des cas ont été signalés comme suspects a elle-même contracté des symptômes grippaux : les urgences ont alors demandé confirmation auprès des autorités compétentes, qui ont confirmé qu’aucun cas de Coronavirus n’avait été trouvé sur le bateau. L’alerte pour cette personne a donc été levée.

Un virus rarement mortel

S’il y a actuellement des suspicions de cas à Toulouse et Montpellier, il faut rappeler qu’aucun d’entre eux n’a été confirmé jusqu’à présent, et aucun n’a été relevé sur toute l’Occitanie. Pour Benjamin Arnal « il n’y a pas d’épidémie, la situation reste stable en France mais comme la menace « se rapproche », les gens s’interrogent ». La suspicion va se tourne notamment vers les personnes de retour de ces zones où le virus a été déclaré : les nouvelles directives de l’éducation nationales demandent aux membres du personnels et aux familles venant des zones à risque de rester chez elles pour une durée de 14 jours :

« En conséquence et sur les recommandations du MSS les enfants qui reviendraient de ces destinations, ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée pendant les 14 jours qui suivent leurs retours. Ils sont soumis aux mêmes préconisations que celles rappelées ci-dessus.
De même, les personnels relevant du ministère de l’Education nationale et de la jeunesse doivent être soumis aux mêmes préconisations, dès lors qu’ils reviennent des zones à risque »

Recommandations du ministère des Solidarités de la Santé

Car il faut le rappeler : le virus n’est pas un danger mortel pour les personnes en bonne santé. Seules les personnes fragiles ou âgées peuvent être réellement inquiétés, mais l’absence de vaccin et les flux de population rendent la contamination difficile à maîtriser et engendre une certaine paranoïa, allant parfois jusqu’au rejet des personnes d’origine asiatique, comme l’a montré sur les réseaux.

Les bons gestes à suivre

Pour les personnes de retour des régions touchées, ou fréquentant ces personnes, même si aucun symptôme grippal n’apparaît (toux, fièvre, problèmes respiratoires…) :

  • Surveillez votre température 2 fois par jour ;
  • Surveillez l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…) ;
  • Portez un masque chirurgical lorsque vous êtes en face d’une autre personne et lorsque vous devez sortir ;
  • Lavez-vous les mains régulièrement ou utilisez une solution hydro-alcoolique ;
  • Evitez tout contact avec les personnes fragiles (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées…) ;
  • Evitez de fréquenter des lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, structures d’hébergement pour personnes âgées…) ;
  • Evitez toute sortie non indispensable (grands rassemblements, restaurants, cinéma…).
  • Travailleurs/étudiants : dans la mesure du possible, privilégiez le télétravail et évitez les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine…)

Si ces symptômes apparaissent, il est demandé à ces personnes d’appeler directement le 15 en signalant le voyage, d’éviter tout contact avec leur entourage et de conserver le masque et de ne surtout pas se rendre chez leur médecin ou aux urgences. Le 15 fera alors le lien avec les services concernés pour vérifier la crédibilité du cas avant, si besoin, de l’amener au CHU le plus proche.

« Il y a, même en Aveyron, beaucoup de personnes qui s’interrogent et qui posent des questions » : pour les inquiets, un numéro vert a été créé, le 0 800 130 000, disponible tous les jours de 9h à 19h. « Il faut rester vigilant sans céder à la parano », conclue Benjamin Arnal. Rassurant, mais prudent.