Municipales. La semaine des candidats ruthénois, partie 2

Christian Teyssèdre, Jean-Philippe Murat, Mathieu Lebrun et Serge Julien, les quatre têtes de listes pour les municipales 2020. ©ADN12

Après une première partie de semaine chargée avec les annonces du programme du maire sortant et les réactions des autres candidats, une nouvelle salve de communiqués, de meetings ou de réunions de quartier a déferlé sur Rodez. Pas de doute : le piton est bien entré dans le cœur de la campagne des municipales.

La liste de Christian Teyssèdre insiste sur le patrimoine

Le liste de Christian Teyssèdre veut continuer à mettre en avant le patrimoine de la ville. ©ADN12

Alors que la gestion patrimoniale est curieusement absente du programme de la liste Notre parti c’est Rodez, le maire sortant et ses colistiers insistent sur les diverses mesures qui ont été mises en place pour promouvoir le patrimoine architectural de Rodez : création du Service patrimoine de l’agglomération en 2009, obtention pour le Grand Rodez du label Pays d’Art et d’Histoire en 2014 et de celui de Site Patrimoine Remarquable en 2016, centre historique classé comme protégé en 2017, plan de sauvegarde et de mise en valeur en cours, obtention du label Monument historique pour des lieux typiques comme le Broussy, l’église de Sainte Radegonde ou celle du Monastère.

« Il faut protéger et développer la ville : nous ne voulons pas d’une ville musée ni d’une ville béton, il faut un équilibre » a résumé Sarah Vidal, alors que Jean-Michel Cosson a exprimé une nouvelle fois son regret devant les bâtiments gérés par le Conseil départemental, fermés aux public (l’ancien l’Évêché, les Haras, la chapelle des Jésuites). « On pourrait ouvrir au public au moins les jardins de l’Évêché après des travaux de sécurisation ! Soit le Département rouvre ces espaces, soit il en confie la gestion à la Ville qui saura les rendre aux ruthénois », a insisté l’adjointe à la culture.

Prochain rendez-vous de la liste :

  • vendredi 23 février : réunion publique à 18h à la Grange de Calcomier

Jean-Philippe Murat veut « remettre l’humain au cœur de la ville »

Jean-Philippe Murat estime que « la société est de plus en plus violente avec ceux qui ne rentrent pas dans la norme » ©ADN12

Lors de la présentation de son volet social, la tête de liste de Rodez, un projet de ville a annoncé vouloir développer l’aide aux familles modestes, aux aînés et aux personnes handicapées, mais aussi « encourager ceux qui travaillent, qui sont juste au-dessus des plafonds sociaux et qui n’ont le droit à rien ».

Assistance aux familles d’abord, avec une aide financière aux éventuelles relais MAM (Maisons Assistantes Maternelles) qui souhaiteraient s’installer en ville. Celles-ci permettraient de dépanner les parents de tout-petits, grâce à une certaine souplesse avec une possibilité de garde d’une heure ou deux et d’une amplitude horaire plus grande que celle des crèches traditionnelles (7h – 19h). Quant au lieu envisagé : « dans la future Maison des Aînés, en test d’abord. Si c’est concluant, nous relayerons l’initiative dans d’autres quartiers ». Toujours dans sa logique d’ouverture des écoles, Jean-Philippe Murat souhaite répondre à une demande « qui émane de nombreux habitants » d’ouvrir un centre de loisir dans une des écoles du cœur de ville, notamment pendant les vacances scolaires.

Pour les aînés comme pour les personnes en situation de handicap, l’handipreneur voudrait se pencher sur la formation des auxiliaires de vie « en sous-effectif en Aveyron » via la mise en place d’un cursus semi-privé et semi-public en partenariat avec la ville. Et lorsqu’on lui parle de désamour de ce métier, il l’explique par la rémunération, « trop basse », sur laquelle il veut pouvoir influer dans les EHPAD publics. Il annonce également soutenir l’idée déjà lancée par l’Agglomération de création d’une Maison de Santé en centre-ville, dans les bâtiments actuels de Rodez Agglomération, en privatisant le parking de la place Adrien Rozier.

« Je veux faire de Rodez une ville bienveillante envers les faibles, les précaires, les personnes isolées »

Très insistant sur l’importance de la solidarité, il voudrait « remettre du lien social dans les quartiers » en s’appuyant sur les comités de quartier pour recenser les personnes isolées ou âgées et remonter l’information à la mairie qui irait à leur rencontre « en douceur, avec humanité et attention ».  Une navette gratuite et sur rendez-vous serait aussi à la disposition des personnes handicapées de banlieue qui voudraient se rendre dans le centre.

Enfin, il souhaiterait appliquer cette bienveillance jusque dans la gestion de la ville « en faisant de la mairie un employeur exemplaire, notamment dans le comportement des élus, digne et humain dans la gestion du personnel »… tacle direct au maire sortant…

Prochain rendez-vous de la liste :

  • lundi 24 février : 20h30, grand meeting à la salle des fêtes de Rodez

Serge Julien lance la saison des meetings

Ce vendredi 21 février au soir a eu lieu le meeting de la liste de droite Rodez Ensemble Autrement à la salle des fêtes. Comme il fallait s’y attendre pour un soir de match du RAF contre le leader de Ligue 2, ils n’étaient pas plus d’une cinquantaine à être venus soutenir ou écouter Serge Julien. Ce dernier, qui le regrette, affirme aussi « avoir eu un choix limité » dans les dates auprès de la mairie, après qu’on lui a refusé celle du 5 mars… dorénavant occupée par la réunion publique du maire sortant.

Le candidat de la liste de droite a déroulé sagement son programme, évoquant sa vision de la gouvernance (« avoir une dette qui reste raisonnable et qui permet d’avancer »), des travaux et de la gestion financière (construction d’une halle alimentaire, rénovation du passage des Maçons surnommé « le supermarché de la drogue »), de la sécurité (meilleure coordination des différents acteurs concernés), de l’écologie (« incontournable, évidente et transversale, présente dans tous les projets engagés ») ou encore de la solidarité et de la vie sportive et culturelle (reprendre en main le musée Denys Puech, rénovation des écoles Flaugergues et Ramadier, création d’une troisième maison de quartier, places ULIS pour les enfants handicapés, poursuite des travaux d’accessibilité pour les personnes handicapées dans les bâtiments publics et sur les trottoirs…). Le tout ponctué d’attaques à la liste du maire sortant, à laquelle il reproche d’être constituée « de socialistes qui ne s’assument plus, de macronistes qui ne s’assument pas et de quelques individus en perdition ».

« Nous portons aujourd’hui les valeurs de ce qui a été en tête d’affiche à Rodez : le centre-droit qui rejette les extrêmes et respecte les institutions »

Si ce vendredi soir Serge Julien n’a pas surpris, son discours clair, argumenté et posé aura au moins su conforter les spectateurs venus le soutenir, lui et ses 22 co-listiers présents.

Prochain rendez-vous de la liste :

  • mercredi 26 février : réunion publique à 20h15 à la maison de quartier de Saint Felix

Rodez Citoyen veut développer les circuits-courts

Rodez Citoyen présentera son programme fin février avant d’entamer plusieurs réunions dans les quartiers pour le présenter. ©ADN12

La liste de Matthieu Lebrun et Marion Berardi veut passer par les circuits-courts pour vivifier l’économie locale tout en créant une démarche écologique car « le bio en circuit-court offre de l’emploi non-délocalisable ». Et quoi de plus court que de cultiver directement dans Rodez ? « Nous voulons créer un lieu de maraîchage à côté, dans la zone d’Arsac. Ce lieu pourra également accueillir des personnes en insertion professionnelle, mais aussi des stagiaires en formation qui souhaiteraient se lancer dans le maraîchage ». Un moyen d’essayer avant de se lancer donc, pour ces futurs professionnels d’un secteur qui compte un taux d’échec assez élevé « parce qu’ils ne mesurent pas toujours l’importance du travail que ça demande », confirme Matthieu Lebrun. La liste n’est pas allée très loin pour chercher l’inspiration puisque les candidats se sont inspirés des Jardins du Chayran de Millau : « ils ont une alliance privé-public : ils cultivent du bio dans les jardins, la cuisine centrale utilise les légumes et lorsque les enfants sont en vacances en été, ils les vendent aux adhérents pour que les familles puissent aussi profiter de produits bio ».

« Nous voulons casser le concept de bio trop cher, inaccessible, dans l’esprit des gens »

Et pour aller plus loin, Mathieu Lebrun souhaite développer avec l’agglo le secteur para-agraire avec la création d’un pôle recherche & développement, notamment autour de l’outillage et de la transformation. « Nous pourrons vendre dans le commerce les produits transformés, comme le font les gens chez eux quand ils font des bocaux ». L’occasion aussi de construire un projet en concertation avec l’agglomération « parce que jusque là, il n’y a qu’un guichet où chacun vient chercher son financement ! ».

Autre arlésienne : la mise en place d’une halle de marché, « pas une halle sédentaire comme le voudrait Christian Teyssèdre car les commerçants qui ne sont pas intéressés redoutent qu’elle vide les rues piétonnes » mais une halle de marché couverte, amovible qui se monterait les jours de marché.

L’idée de la gratuité du stationnement le samedi matin a fait son chemin jusqu’à cette liste aussi, ainsi que des places réservées aux grands camions et aux fourgons. En plus : la proposition d’agrandir le marché du samedi jusqu’à la rue Marie, de regrouper les stands par spécialités, ou encore d’installer un panneau lumineux qui indiquerait le nom des commerçants présents, les prix, ou encore les activités du jour proposées sur le marché.

Enfin, la liste souhaite développer l’offre touristique en organisant un festival en hiver (dont le contenu reste encore à définir), en améliorant l’offre de service aux touristes (restaurants ouverts le soir ou le dimanche, améliorer la desserte de train et d’aéroport…) et en développant le tourisme d’affaires en proposant plusieurs espaces déjà existants à la location (comme le salon TAF qui utilise à la fois la Salle des Fêtes et l’Amphithéâtre) « plutôt que de construire un nouveau centre à Malan ». Enfin, développer le statut universitaire de la ville en communiquant d’avantage sur « les atouts de Rodez pour les étudiants : les logements abordables, la culture, les établissements de qualité…» Mais aussi encourager la création d’un pôle de formation professionnelle d’aide à la personne pour contrer le déficit d’emploi sur ce secteur.

Prochain rendez-vous de la liste :

  • vendredi 28 février : réunion publique de présentation du programme à la maison de quartier de Saint Eloi