Aveyron. L’union fait la force au Salon de l’Agriculture de Paris

Près de 200 aveyronnais font le déplacement à Paris pour le Salon de l'Agriculture. @ADN12

10 % de la population active aveyronnaise est agricultrice et le département représente un quart de l’activité agricole de toute la région Occitanie : voilà de quoi mieux comprendre l’engouement qui accompagne comme chaque année l’approche du Salon de l’Agriculture, qui se tient du 22 février au 1er mars prochains.

« C’est une chance d’être dans le Hall 1 du salon et c’est grâce à nos races locales »

Ils seront près de 200 aveyronnais à monter à la capitale pour cette véritable vitrine du savoir-faire local, placée cette année sous le signe « des Hommes, des races et des Territoires ». « Ce qui est un peu le résumé du département de l’Aveyron » s’amuse le président du Conseil Départemental, Jean François Galliard, qui se félicite que le stand aveyronnais soit encore une fois situé dans le Hall 1 du salon.

« Mettre à l’honneur l’Aveyron »

Un enthousiasme partagé par Jacques Molières, le président de la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron, qui cofinance le stand du département. Avec plus de 8 000 exploitations et près de 11 000 agriculteurs, l’Aveyron est un des premiers départements agricoles de France.

« Notre force, c’est la diversité atypique de notre agriculture et son identité de qualité, reconnue à l’extérieur. On s’appuie pour ça sur nos races, nos filières… Qui aurait cru par exemple qu’on vendrait autant de viande Aubrac ou de Roquefort à Paris ? C’est grâce à notre identité, la qualité que l’on propose… »

(Jacques Molières, Président de la Chambre d’Agriculture de l’Aveyron)

Une identité qui se décline en différentes appellations et labels de qualité qui seront mis à l’honneur chaque jour au Salon de l’Agriculture.

« Des hommes de caractère »

« Nous sommes des hommes de caractère et nous faisons tout pour monter nos produits le plus haut possible » annonce d’emblée Pierre Gaillac, qui représente les filières Roquefort et Lou Pérail, et qui sait le potentiel énorme que représente ce salon pour toute une profession.

« On se rapproche de l’assiette du consommateur »

Un même mot d’ordre pour tous : l’unité. Une entraide aveyronnaise qui se cristallise dans les liens noués entre producteurs et restaurateurs. Cinq chefs professionnels seront aussi du voyage pour mettre en lumière les produits de notre terroir. Parmi eux, Benjamin Bergès, du Coq de la Place : « nous sommes les finisseurs, qui avons la chance de travailler avec de la qualité directement en local. Et on est déjà heureux de le faire 365 jours par an dans nos établissements ! ».

« On a le repas entier pour travailler tous ensemble » abonde Laurent Fraysse, qui représente l’IGP Agneau Laiton, aux côtés de la race Lacaune et de l’IGP Fermier des Pays d’Oc.

Répondre aux questions des consommateurs

Le Salon de l’Agriculture, c’est aussi et d’abord le moyen privilégié pour rencontrer les consommateurs les plus éloignés des sites de production. « On se rend compte qu’il y a de plus en plus de personnes déconnectées des valeurs rurales » déplore Jacques Molières, « on s’aperçoit que les élites qui nous dirigent ignorent parfois totalement ce qui se passe en dehors de la ceinture parisienne…».

Voilà un bon moyen de leur rappeler donc… Et ce n’est pas Eric Lagarde, du groupe coopératif Unicor, qui dira le contraire. Lui qui monte depuis 24 ans au Salon de l’Agriculture pour vanter la filière ovine aveyronnaise et ses Label Rouge…

« Ce salon ressemble parfois à un zoo… Le fossé s’est creusé entre les producteurs et les consommateurs et on est souvent surpris des questions que l’on nous pose, de l’ignorance qui grandit au sein de la population »

(Eric Lagarde, filière ovine)

Heureusement, nos aveyronnais sont aussi là pour le volet pédagogique. « Il y a beaucoup d’attentes sociétales, de questions sur l’origine des produits, sur le bien-être animal… et au moins là on peut répondre directement, expliquer que ces valeurs sont depuis longtemps inscrites dans nos cahiers des charges » analyse Laurent Fraysse.

Des retombées positives

Un travail de fourmi qui porte néanmoins ses fruits, comme en témoigne Pierre Gaillac :

« Après 10 ans de baisse, les ventes de Roquefort repartent à la hausse. C’est un signal positif, qui montre quand même que les gens retrouvent un intérêt pour notre monde rural et nos productions »

(Pierre Gaillac, Roquefort et Lou Pérail)

Même son de cloche chez Jérôme Chaumat, président de l’AOP Bleu des Causses : « le Bleu des Causses a longtemps été l’oublié des consommateurs mais la tendance s’inverse avec des volumes de vente qui sont aujourd’hui en progression. C’est important pour nous de pouvoir exposer là-bas pour nous faire connaître… ». Une chance offerte par la Chambre d’Agriculture et le Département, qui restent discrets sur le montant dépensé pour mettre en avant son territoire agricole : « les petites appellations comme nous n’auraient jamais les moyens d’aller au Salon sans cette initiative…».

Il y a 5 ans, Jérôme Chaumat se souvient qu’il avait vendu tous ses produits en deux jours à peine, « cette fois on a prévu large » s’amuse-t-il, espérant écouler un maximum de marchandises et faire rayonner son produit hors des frontières aveyronnaises, « pour nous, exporter à Lyon, c’est déjà bien, alors Paris ! ».

Pratique

Le Salon de l’Agriculture a lieu du 22 février au 1er mars à Paris Expo-Porte de Versailles. Le stand de l’Aveyron est situé dans le Hall 1 Allée C Stand 030. Des animations auront lieu chaque jour pour faire découvrir une filière du département. La Journée de l’Aveyron est quant à elle prévue le mercredi 26 février avec des dégustations, et le Ring Concours Aubrac.

Plus d’informations et programme complet sur le site du Salon de l’Agriculture.