On s’attendait à une ambiance électrique à ce dernier conseil municipal avant les élections, il n’y aura eu que des feux follets. Sans enjeux particuliers, la plupart des points à l’ordre du jour concernaient le transfert de la compétence « eau » à l’agglomération (rendu obligatoire par la loi Notre) et la préparation du festival des Estivadas.

La lutte pour la gestion de la dette

Serge Julien et Anne-Sophie Monestier-Charrié, colistière à Rodez Ensemble Autrement. ©ADN12

Si les échanges ont parfois été virulents entre les élus de la majorité et ceux de l’opposition, les passes d’armes sentaient le réchauffé. Le maire sortant a principalement été attaqué sur sa gestion de la ville, notamment sur sa politique de remboursement systématique d’emprunts « pour laisser à la prochaine équipe municipale » des finances sans dettes. De son côté, Serge Julien a justement reproché « de ne pas laisser le choix à la prochaine équipe » :

« Je suis en désaccord avec votre manière de gérer la dette. Il y a une recherche de la marge à tout prix »

Mathieu Lebrun, Chantal Combelles et Claudine Bonhomme, de l’opposition. ©ADN12

La tête de liste de Rodez Ensemble Autrement a terminé en faisant remarquer que les emprunts servaient aux investissements, et le fait que le maire sortant rembourse si vite était bien la preuve que ces emprunts n’étaient pas utilisés. Mathieu Lebrun, de son côté, a sauté sur l’occasion pour attaquer sa « politique étriquée et verticale qui a oublié la concertation et la participation autour d’autres acteurs et qui, à terme, aboutit à un projet satisfaisant pour tous. »

Le maire sortant cherche la joute

Christian Teyssède, présidant le dernier conseil municipal avant les élections. ©ADN12

« C’est du haut niveau tout ça », a commenté Christian Teyssède en réponse, avant de comparer la dette municipale avec celle du département, visant ainsi spécifiquement Serge Julien, conseiller départemental. « Quand on a les moyens, ça ne sert à rien d’engraisser les banques », a-t-il répliqué, avant de rappeler que 19 millions d’euros ont été investis par la ville en 2019 « et tout ça avec 48% de baisses de dotations de l’Etat ».

De son côté, le maire sortant n’a pas non plus hésité à prendre le premier exemple venu (parfois sans grand rapport), pour attaquer le conseil départemental, notamment sur sa gestion des monuments patrimoniaux ruthénois qui « devraient revenir à la gestion de la ville », a estimé Jean-Michel Cosson, le délégué au patrimoine, en soutien.

Ce vendredi à l’hôtel de ville de Rodez, toute excuse était bonne à prendre pour attaquer l’opposition mais le conseil s’est tout de même clos sur les applaudissements de tous, spectateurs compris. « On devrait ne faire qu’une seule liste » a conclu Christian Teyssèdre, tout sourire.