Rodez-Millau : les rugbywomen aveyronnaises ont aussi leur derby

Les joueuses de Rodez toujours très attentives aux conseils du staff composé de Jonathan Chatelain, Sébastien Falguières et Philippe Druhle. @ADN12

Une semaine après le choc de Promotion Honneur entre Rodez et Espalion, qui avait rassemblé plus de 3 000 personnes à Paul Lignon, c’est au tour des féminines ruthénoises d’affûter les crampons pour accueillir leurs meilleures ennemies : leurs homologues millavoises… Un derby 100 % féminin qui compte pour la deuxième phase du championnat de Fédérale 2(*), et qui se jouera ce dimanche 16 décembre à 15 h au stade du Trauc.

Jonathan Châtelain dirige les féminines de Rodez depuis 6 ans. @ADN12

L’occasion d’aller encourager une équipe en pleine progression, qui a su s’installer depuis plusieurs années dans le paysage du rugby aveyronnais et qui rêve aujourd’hui de phases finales…

A sa tête : Jonathan Châtelain, alias « Jojo », un manager impliqué depuis 6 ans, qui sait allier douceur et fermeté pour gérer un groupe de 35 nanas aux caractères bien trempés…

 

Jonathan, la saison est déjà bien avancée avec une qualification en play-offs et deux matchs sans défaite dans cette seconde phase de championnat (*), le manager que tu es est-il satisfait ?

Oui, on a bien travaillé, c’est un très bon début de saison malgré les deux défaites enregistrées contre Millau en phase qualificative. On est bien préparé pour cette deuxième phase de championnat qui est primordiale pour nous cette saison. Sans dénigrer les deux équipes toulousaines que l’on a rencontrées et battues en qualification, là on peut dire qu’on entre vraiment dans le vif du sujet, dans le dur…

Il y a neuf matchs à jouer dans cette phase de play-offs. Trois matchs contre chacune des équipes qui composent votre poule : l’entente Moissac/Castelsarrasin/Valence-d’Agen, Millau et le Football club TOAC TOEC rugby. Où places-tu l’objectif ?

L’objectif est clair : on vise la qualification pour les quarts de finale du championnat de France. On a réussi à se hisser parmi les 32 meilleures équipes. Seules les premières de chacune des 8 poules sortiront pour ces phases finales. On veut en être ! Jouer des phases finales a vraiment une saveur particulière… J’en ai jouées quand j’étais joueur et c’est vraiment une ambiance à vivre. Ça représente l’aboutissement d’une année d’efforts, de sacrifices et franchement les filles le méritent. Une fois que l’on y sera, ce ne sera que du bonus. On envisage la montée dans les années à venir mais ce n’est pas la priorité cette année.

Les ruthénoises restent sur deux matchs sans défaite dans cette phase de play-offs. @Rodez_Rugby

Tu es optimiste ?

Oui, quand je vois les deux premiers matchs qu’on fait à l’extérieur (une victoire au FCTT et un nul à Castesarrasin, ndlr), j’y crois même si je sais que ce sera difficile. On va enchaîner trois matchs à domicile. Si on travaille comme on le fait depuis le mois de janvier, ça va le faire. L’état d’esprit est positif, les filles ne lâchent rien, même quand elles sont menées au score…

Vous retrouvez Millau dimanche, contre qui vous avez perdu deux fois en qualification, d’une courte tête (7-0 et 10-3)… dans quel état d’esprit tu abordes ce derby ?

Je l’aborde positivement car on est sur deux bons résultats. Le groupe est en confiance, travaille bien à l’entrainement. Les deux défaites se sont vraiment jouées à de petits détails. On domine mais on ne concrétise pas alors que Millau a moins d’occasions mais les transforme. C’est une belle équipe, qui peut tuer le match sur une action mais dimanche, je suis sûr qu’on va faire quelque chose. On n’a pas à se sentir inférieur…

Tu as préparé un discours ?

Je veux surtout faire passer le message d’être positives et de garder le sourire quoi qu’il arrive. Ça va encore se jouer sur des détails, que l’on a bien travaillés. Les buteurs auront aussi leur rôle à jouer. Et je suis confiant sur l’état d’esprit car les filles sont présentes, ne lâchent rien…

Les filles de Rodez veulent jouer les phases finales du championnat de France de Fédérale 2. @Rodez-Rugby

Les filles, c’est différent des garçons au rugby ?

Oui. Déjà à l’entrainement, quand tu leur donnes les consignes : là où un garçon va exécuter sans chercher forcément à comprendre, les filles, elles, vont toujours demander « pourquoi ? »… c’est super intéressant pour travailler ! En plus, je sens qu’il y a vraiment une envie d’apprendre, elles sont à l’écoute des conseils, elles ont un mental… manque juste un peu plus de communication sur le terrain !

Et sur le terrain justement ?

On voit du jeu : il y a plus fluidité que chez les garçons, moins de blocages. Elles cherchent toujours à écarter les ballons, c’est moins programmé… On est dans un jeu de mouvements, avec des courses. Je crois que le public apprécie vraiment ça.

Le groupe a beaucoup changé à l’intersaison, ça a été difficile à gérer ?

Oui il y a eu beaucoup de départs et beaucoup d’arrivées, mais il y a de moins en moins de débutantes grâce au travail effectué par la Fédération, notamment en UNSS. Beaucoup de filles ont déjà joué à 7 ou à 10 avant de nous rejoindre donc on ne commence pas à zéro. Il y a aussi pas mal d’étudiantes donc le turn-over se fait tous les trois ans, mais finalement c’est positif car elles n’ont pas le temps de se lasser de mon discours. Le groupe a changé mais c’est un groupe de qualité, qui a bien intégré notre manière de jouer. Cette année, je peux compter sur 35 filles; avec des joueuses qui sont capables de jouer à plusieurs postes… je n’ai jamais eu un groupe aussi garni !

Un groupe renouvelé, encadré par un staff fidèle et dévoué, qui se réunit trois fois par semaine pour s’entraîner à Vabre. @Rodez_Rugby

Rendez-vous dimanche 16 février au Stade du Trauc pour soutenir les ruthénoises dans ce derby aveyronnais qui les oppose à Millau, un rival dont elles espèrent bien venir à bout devant leur public. Coup d’envoi 15h.

(*)La Fédérale 2 correspond à la troisième division féminine en France. Les deux premières de chacune des 16 poules de qualification ont été sélectionnées pour la deuxième phase de play-offs, qui compte 8 poules de 4. Une seule équipe de chaque poule accédera aux phases finales.