Coronavirus. Etudiante en Chine, Deborah se retrouve bloquée à Rodez

Originaire de Magrin, Deborah Bret a grandi et étudié en Aveyron jusqu'en classe de première, avant de passer son BAC à Lyon, puis de s'inscrire dans une université chinoise à Hefei. Bloquée en France où elle était retournée durant les congés du nouvel an chinois, elle nous raconte la vie dans son établissement depuis le coronavirus...

Deborah Bret est étudiante en première année de médecine en Chine à Hefei dans la province de Anhui.@ADN12

17 ans, une tête bien faite et les idées claires, Déborah Bret suit des études de médecine à l’Anhui Médical University de Hefei (ville qui compte plus de 3 millions d’habitants) dans la province d’Anhui, voisine de la province de Hubei où le virus a démarré.

Deborah a suivi l’école primaire à Ceignac, le collège à Saint-Jo, le lycée à Foch pour la seconde, à François d’Estaing pour la première avant de rejoindre sa mère à Lyon où elle venait d’être mutée. Elle effectue sa terminale dans l’établissement Saint-Exupéry de Lyon, et obtient son BAC S avec mention très bien.

La Chine, pays d’adoption de Déborah

C’est son père, qui enseigne le taï-chi-chuan, qui lui fait découvrir la Chine lors de stages où elle l’accompagne durant son enfance. Elle y rencontre son maître qui deviendra son « papa chinois », une sorte de parrain pour son parcours initiatique chinois.

Dès lors la jeune aveyronnaise va envisager d’effectuer ses études de médecine dans l’empire du milieu.  Tous les matins entre cinq et sept heures pendant ses deux dernières années scolaires en France, elle va apprendre le mandarin.

« A l’université de Hefei, je suis une des rares étudiantes étrangères à comprendre, parler et écrire le chinois. Cela m’ouvre un large champ de possibilité dans ce grand pays »

(Déborah Bret, étudiante en Chine)

Son BAC en poche dès juillet 2019 , comme aucun organisme n’existe en France pour proposer une candidature dans cette université chinoise, Deborah va traduire son livret scolaire en anglais et l’expédier en même temps que la version originale aux instances chinoises. C’est lors de la rentrée universitaire de septembre dernier qu’elle intègre l’établissement chinois.

C’est en trottinette électrique que Deborah se déplace dans Rodez en attendant de pouvoir retourner étudier en Chine…@ADN12

Bloquée par le coronavirus

Le 13 janvier dernier, Deborah est de retour à Rodez où habite son papa pour les vacances scolaires du nouvel an chinois.

« J’avais vaguement entendu parler d’un nouveau virus qui avait fait quelques morts en Chine par l’intermédiaire d’une radio d’expatriés, mais ce n’est qu’aux alentours du 20 janvier que j’ai commencé à réaliser l’ampleur du phénomène »

(Déborah Bret, jeune ruthénoise étudiante en Chine)

La jeune fille qui devait retourner en Chine le 6 février dernier va alors recevoir des informations de son école qui vont aller crescendo… « Dans un premier temps, les étudiants restés en Chine durant leurs congés devaient retourner au campus. Puis les vacances furent prolongées d’une semaine avec la forte recommandation de ne pas retourner en Chine pour ceux qui étaient partis. Enfin, ce fut l’interdiction stricte de revenir en Chine et la prolongation des vacances jusqu’à début mars au moins… »

Dans la province où étudie Deborah toutes les écoles sont désormais fermées. Par contre, il y a une obligation d’enseigner par l’intermédiaire de cours en ligne et la mise en place de vidéos en streaming. Deborah, quant à elle, récupère ses cours sous format pdf auprès d’étudiants d’années supérieures.

« Les écoles sont fermées »

Elle est dans un groupe sur internet qui inclut tous les étudiants ainsi que le professeur principal. Ce qui lui permet de connaître les dernières infos sur place :

« Les étudiants n’ont plus le droit de sortir, ils sont consignés dans les dortoirs. Six personnes seulement peuvent sortir tous les trois jours avec un masque. Une fiche individuelle consigne les jours où les gens ont l’autorisation de sortir avec contrôle de police possible. Nous devons, les expatriés comme moi ici à Rodez y compris, donner tous les soirs nos prénom, nom, localisation et état de santé. J’ai même entendu qu’il était envisagé d’envoyer des psychologues dans les dortoirs à l’attention de ces étudiants qui sont enfermés depuis 2 semaines. »

La jeune étudiante reste malgré tout optimiste sur la suite des événements, elle pense que ces mesures draconiennes sont nécessaire pour endiguer le virus, et se voit retourner en Chine très prochainement…