Au musée Soulages, Christophe Hazemann semble à l’aise comme un poisson dans l’eau. Directeur adjoint et responsable de la médiation culturelle du musée, cet homme de 46 ans au parcours de vie intense et varié a pour mission de faire connaître l’établissement à un public le plus large possible. Visites, expositions, partenariats, activités… tout est bon pour faire franchir les grandes portes vitrées aux visiteurs.

De Montbéliard à Rodez

Originaire de Montbéliard en Franche-Comté, Christophe Hazemann a suivi ses études d’histoire de l’art à Besançon avant de travailler pendant six ans à l’Institut d’Art Contemporain de Lyon, le premier Centre d’Art Contemporain à s’installer en province.

Christophe Hazemann, grand amateur des travaux de Pierre Soulages depuis toujours. ©ADN12

Puis son parcours l’a mené à connaître l’Aveyron pendant trois ans, en travaillant au musée Denys-Puech et à l’artothèque de Rieupeyroux au Centre Culturel Aveyron Ségala-Viaur. « Depuis, je n’ai jamais vraiment quitté l’Aveyron ! » confie-t-il tout sourire. Car si la suite de sa carrière l’a amené en banlieue parisienne, c’est en tant que touriste en vacances qu’il est souvent revenu. Avec, déjà à l’époque, l’annonce de la construction du musée Soulages qui lui a fait dresser l’oreille. Après Rieupeyroux, Christophe Hazemann est donc remonté pour un poste à Vitry-sur-Seine durant six ans : « Je m’étais adapté à l’Aveyron, ça a fait un décalage avec la région parisienne ! »

Et puis, le hasard ou le destin, au choix : alors qu’il était en vacances dans le coin, d’anciens collègues lui ont appris que Benoit Decron, le Directeur du musée Soulages flambant neuf, n’arrivait pas à recruter la bonne personne pour le poste de directeur adjoint. Le mot tourne, ce dernier lui propose de se rencontrer. « J’ai donc passé mon entretien d’embauche habillé en vacancier ! » s’amuse-t-il. Et comme l’habit ne fait pas le moine, Christophe Hazemann décroche son nouveau poste.

« J’ai une véritable passion pour Pierre Soulages et pour son travail : ça devait se faire. »

« J’ai vu tous les publics imaginables : des ruraux, des ouvriers, des urbains… »

Benoît Decron, Daniel Ségala et Christophe Hazemann pour présenter l’exposition temporaire Femmes Années 50 ©ADN12

Aujourd’hui, ce passionné de photographie et de randonnée se sent bien dans sa maison de Druelle « dans un hameau de huit maisons dont six habitées, sans compter les vaches ! ». Ce grand nageur profite aussi d’Aquavallon, à deux pas du musée, pour aller nager trois fois par semaine.

« Je ne suis pas un vrai citadin : le bruit, la pollution, la foule, je n’ai jamais apprécié tout ça. »

S’il apprécie des week-ends culturels à Paris, il est aussi, de son propre aveu « toujours très content d’en partir ! ». Il admet que l’Aveyron est un département « où il est compliqué de venir, comme d’en sortir. Mais c’est aussi ce qui le protège ! »

« L’Aveyron est totalement enclavé, c’est un de ses gros problèmes et aussi un des enjeux du musée Soulages. »

Faire venir des visiteurs jusqu’en Aveyron pour visiter le musée, mais aussi les Aveyronnais eux-mêmes pour rendre l’art contemporain accessible à tous : voilà tout le défi que doit relever le musée Soulages. Et depuis le passage en EPCC, la direction reconnaît avoir les coudées plus franches pour s’y atteler. Et au vu du programme des événements à venir, on les croit volontiers…