Rodez. Les hospitaliers de Sainte Marie jettent leurs blouses [VIDEO]

Ce mercredi 29 janvier avait lieu les vœux du directeur général de Sainte-Marie à Rodez. Après avoir boycotté le discours en empêchant le directeur de parler, la centaine de salariés présents ont jeté leurs blouses devant le bureau du directeur de l'établissement. La cause de leur colère : une direction "sourde à leurs requêtes de revalorisation salariale".

Une centaine de blouses jetées devant la porte du directeur de l'hôpital de Sainte Marie ce mercredi 29 janvier. Photo ©Facebook CGT Sainte Marie

Pour Grégory Poczernin, délégué syndical CGT de Sainte Marie (deuxième plus grand employeur de l’Aveyron après la Bosch) « il y a un grave problème ». Ce salarié de la santé avait déjà fait entendre sa voix lors du Grand Débat national devant Emmanuel Macron en octobre dernier (visible ici à 2h47min19s).

Il cherche aujourd’hui à relayer la détresse du personnel hospitalier qui est en train de négocier de nouveaux accords de direction : la « prime d’assiduité » proposée par leur direction promet une valorisation de salaire à 1€ par jour travaillé pour une période de quatre mois. « Bon, déjà, 1 euro, c’est rien, mais surtout dès que le salarié est absent un seul jour sur cette période, il y a une perte totale de la prime, sachant que le droit de grève est compris dedans, ainsi que les arrêts maladie. La CGT et l’UNSA ont refusé de signer cet accord et ont posé un ultimatum au 31 janvier pour de nouvelles négociations » résume Grégory Poczernin.

« D’après la direction, les salariés abusent des arrêts maladie : mais quand on est malade, qu’on a la grippe ou la gastro, qu’on est confronté à des patients fragiles et des personnes âgées, faut-il vraiment aller travailler ? »

(Grégory Poczernin)

La goutte d’eau qui a fait perdre patience aux salariés : les allègements de charge de la direction grâce à une réforme gouvernementale, qui aurait fait gagner 9 millions d’euros à l’établissement : les salariés ont donc demandé une prime de 600 € bruts pour chaque salarié qui gagnerait moins de 2,5 fois le SMIC. « La direction a refusé en décembre, en proposant à la place cette prime d’assiduité ».

« La direction générale a un moyen de montrer sa reconnaissance, elle ne le fait pas »

©Facebook CGT Sainte Marie

Des actions pour se faire entendre

Les vœux du directeur général Pernet-Sollier ont donc été annulés par l’action des 120 salariés ce mercredi 29 janvier. « 120 sur 840, c’est beaucoup pour un mercredi dans un hôpital quand on sait qu’il doit continuer à tourner » précise Grégory Poczernin. Les vidéos sont visibles sur la page Facebook de la CGT Sainte-Marie.

Alors que l’ultimatum du 31 janvier est proche, la question de comment faire entendre sa voix se pose. Certains sont déjà prêts à « monter en bus à Chamalières » dans le Puy-de-Dôme, où se trouve le siège social, pour manifester devant la direction générale.

« Il y a un ras-le-bol chez les salariés, l’ambiance sociale est délétère, les arrêts-maladies ne sont pas remplacés et on n’arrive pas à recruter : on gagne moins que dans un hôpital public, on demande à ce qu’une partie revienne aux employés, mais la direction n’écoute rien »

 

Sans possibilité de lancer un mouvement de grève, -« difficile dans la santé »-, l’établissement prévoit des assemblées générales la semaine prochaine avec les syndicats des autres hôpitaux pour parler de la suite.

Entre 1 300 et 2 100 manifestants à Rodez ce mercredi

Les salariés de Sainte-Marie étaient aussi présents hier lors de la manifestation départementale de l’intersyndicale contre la réforme des retraites. 1 300 manifestants selon la police, 2 100 selon les syndicats, ont défilé dans les rues de Rodez et ont encouragé la vingtaine de « Rosies », ces danseuses en bleu de travail, gants MAPA jaunes et foulards rouges qui ont fait la chorégraphie virale « A cause de Macron ». Un peu de couleurs et de joie bienvenue pour ce mouvement qui cherche à se réinventer, mais qui ne veut rien lâcher.

Prochaine étape : ce jeudi soir à l’hôpital d’Espalion, avec une retraite aux flambeaux à partir de 18h organisée par l’intersyndicale, avant une autre manifestation à prévoir la semaine prochaine…