Bosch. « Il faut arrêter de vendre du rêve et stopper l’hémorragie ! »

Une réunion s'est tenue ce lundi au Ministère de l'Economie entre acteurs locaux et direction du groupe Bosch. @Facebook_Jean_Claude_Luche

Réunis autour de la même table ce lundi 27 janvier à Bercy dans le bureau de la Secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier Runacher : syndicats représentatifs de l’usine castonétoise, élus locaux, députés, sénateurs et Heiko Carrié, directeur du groupe Bosch en France. Avec une question : où en est-on sur les projets de diversification du site ? Pour le syndicat Sud, le compte n’y est pas…

Seulement deux certitudes…

Cette réunion de lundi pourrait se résumer à une bataille bien rangée entre deux camps très déséquilibrés : d’un côté Heiko Carrié, seul avec ses tentatives pour rassurer le camp adverse sur les perspectives d’avenir de l’usine castonétoise; de l’autre, la Secrétaire d’Etat en tête, des inquiétudes et de la colère de ne pas voir avancer significativement les choses…

« Lancement de la production de barres de torsion en juin »

Invité à faire le point sur les pistes de diversification envisagées dans le cadre de l’accord de transition signé avec l’Etat, le directeur du groupe Bosch en France s’est lancé dans une énumération des possibilités. Seules deux déboucheraient avec certitude sur de la création d’emploi : le lancement de la production de barres de torsion, promise depuis plusieurs mois, et qui assurera du travail pour 20 personnes; et une nouvelle activité jusque là externalisée par le groupe allemand, du Data Factory pour voitures autonomes.

« Il nous a promis que cette nouvelle piste serait lancée rapidement avec la formation de 16 personnes pour un premier test, et la possibilité de les convertir en Équivalents Temps Plein par la suite… » rapporte Cédric Belledent du syndicat SUD.

A plus long terme, on sait que l’usine castonétoise travaille sur un prototype hydrogène pour assurer la chaîne du froid dans le transport agroalimentaire : « ça avance » reconnaît Cédric Belledent, « mais il ne faut pas attendre de retombées avant au moins deux années… ».

Et beaucoup d’incertitudes…

Les autres pistes évoquées par Heiko Carrié restent pour le moment au stade des études et négociations : diversification aéronautique (l’usine a certes obtenu une certification l’autorisant à produire mais n’a toujours pas d’activité à lancer), production d’amortisseurs (des contacts sont pris mais toujours rien d’acté), horlogerie (il semble que cette piste soit abandonnée), ingénierie numérique 4.0 (trois ou quatre personnes pourraient être affectées à de l’accompagnement d’entreprises, mais aucun calendrier n’a été fixé), ou encore la proposition du cabinet Alix Partners de partager bâtiments et main-d’oeuvre à d’autres sociétés… une dernière proposition à laquelle s’oppose frontalement le syndicat SUD : « c’est une manière de sortir les salariés du pavillon Bosch, on met notre veto ! ».

Au final, après une nouvelle remontée de bretelles de la part de Bercy, le groupe Bosch n’annonce guère de bonnes nouvelles pour l’avenir du site castonétois…

« Heiko Carrié nous promet 250 emplois à horizon 2021 mais rien n’est acté ! A lui de se battre pour nous auprès de la direction allemande pour que ces fameux emplois arrivent… Ici, l’inquiétude grandit, les départs se multiplient…il faut stopper l’hémorragie ! On ne peut pas attendre 6 mois de plus ! »

(Cédric Belledent, Sud Bosch)

Un nouveau point d’étape sera fait dans le courant du printemps…