Agriculteur en Aveyron : un métier d’avenir ?

Fiers de leur métier, les Jeunes Agriculteurs Romain Deleris, Anthony Quintard et Clément Lacombe font tout pour encourager les futurs exploitants à s'installer en Aveyron. @ADN12

« Les lycées agricoles du département affichent complet » : à en croire le conseiller départemental Jean-Claude Anglars, le métier a toujours la côte auprès des plus jeunes. Et tant mieux, me direz-vous, car le territoire a besoin de bras !

« Aujourd’hui en Aveyron, on compte une installation pour deux ou trois départs… ce n’est pas suffisant, d’autant qu’on sait qu’il y a environ 2 600 chefs d’exploitation qui ont plus de 58 ans et partiront donc à la retraite d’ici 7 ans… »

(Romain Deleris, vice-président des Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron)

« Démonter les a priori »

Le renouvellement des générations est justement la priorité numéro 1 du syndicat des Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron. « Il y a 300 personnes qui s’installent chaque année dans notre département, il en faudrait le double dans l’idéal… » estime le président du syndicat aveyronnais, Anthony Quintard, « jusqu’à présent l’augmentation de la production au sein des exploitations permettait de compenser les départs mais la tendance est désormais à la baisse des volumes, ce qui met en péril certains marchés ».

« Un cadre de travail extraordinaire »

Pour la sixième année, les JA ont donc décidé de montrer que le secteur offre de réelles opportunités en organisant le Forum des filières qui recrutent, à destination des élèves des six établissements agricoles du département : « on présente 14 filières et on essaie de démonter les a priori » explique Clément Lacombe, en charge des installations au sein des JA.

Pour la sixième année, les Jeunes Agriculteurs de l’Aveyron ont organisé leur « Forum des filières qui recrutent » en ce mois de janvier à l’Amphithéâtre de Rodez. Plus de 200 élèves de Terminale et de BTS y ont participé. @ADN12

Et quels meilleurs ambassadeurs que des jeunes installés pour promouvoir le métier ? Pour Anthony Quintard et Romain Deleris en tout cas, qui s’estiment « privilégiés d’être agriculteurs », l’attractivité de leur métier se mesure de multiples manières… « Nous sommes des chefs d’entreprise à part entière donc il y a évidemment des contraintes, mais au moins on travaille pour soi ». 

« On a un cadre de travail extraordinaire, au milieu de la nature et des animaux, on peut facilement aménager notre emploi du temps, on n’a pas de problématique de transport, et on gagne correctement notre vie ! Le métier s’est modernisé et permet aujourd’hui d’avoir une vie sociale riche »

(Romain Deleris et Anthony Quintard)

« Avant, celui qui reprenait la ferme, c’était celui qui avait fait le moins d’études, mais les choses ont bien changé aujourd’hui ! » souligne le président des Jeunes Agriculteurs aveyronnais, qui assure que 60 % des installés ont au minimum le baccalauréat, voire de plus en plus souvent un BTS.

« L’installation se fait en moyenne à 28-29 ans »

Preuve que le secteur attire, les reconversions se multiplient : « en Aveyron, une installation sur 10 est initiée par une personne qui a changé de voie professionnelle ».

Nouvelles tendances

Les Jeunes Agriculteurs accompagnent aujourd’hui la moitié des installations en Aveyron : « le fait de choisir une filière déjà bien organisée permet de s’assurer une sécurité, une qualité et donc une rémunération ». À ce titre, ce sont les filières « bovin viande » et « ovin lait » qui sont les plus attractives pour les nouveaux installés, notamment grâce aux certifications Aubrac pour la première, et à la production de Roquefort et de Petit Basque pour la seconde.

Signe du temps, le Forum des JA a fait une place cette année à deux nouveaux secteurs, pas forcément organisés en filière, mais qui se développent de plus en plus localement : la Volaille et le Maraîchage.

« Le maraîchage, souvent en circuit-court, représente environ 5 % des installations aujourd’hui  »

Les Jeunes Agriculteurs l’assurent : certaines installations, si elles sont bien pensées et bien accompagnées, ne demandent pas un investissement insurmontable.

« 75 % des installations se font sous forme sociétale. Cela permet de conserver une vie sociale en partageant l’activité avec ses associés et cela permet aussi de pouvoir embaucher des salariés agricoles en cas de besoin. C’est toujours plus facile à plusieurs »

(Clément Lacombe)

Et question opportunités, sachez justement qu’il manquerait aujourd’hui entre 1 300 et 1 500 salariés agricoles en Aveyron ! « C’est un rôle qui a été beaucoup dévalorisé jusqu’ici mais dont l’image change aujourd’hui car les tâches confiées sont plus intéressantes et qu’il représente une belle préparation avant d’envisager une installation… ».

À bon entendeur…