Sécheresse. 108 communes aveyronnaises touchées par des pertes de récoltes agricoles

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Après le nouvel épisode de sécheresse qui a frappé l’Aveyron l’été dernier, l’heure est au bilan pour les agriculteurs impactés. Après plusieurs mois d’enquête, le Comité Départemental d’Expertise comptabilise 108 communes où les pertes de récolte justifient une demande de reconnaissance en calamités agricoles. Elles passeront devant la Commission Nationale Gestion des Risques Agricoles à la fin du mois… La FNSEA interpelle le gouvernement sur les critères d’attributions, selon elle « en contradiction avec les remontées terrain »…

« La sécheresse a frappé dès le mois de juin et jusqu’à l’automne… C’est une situation qui se répète ces dernières années et qui oblige à repenser le fonds de calamités agricoles. Il doit absolument être rénové car les critères vrais il y a 40 ans ne tiennent plus aujourd’hui du fait du changement climatique ! »

(Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA en charge du dossier calamités agricoles)

Trois zones de sécheresse ont à ce jour été validées par le Comité Départemental aveyronnais…

Trois zones particulièrement touchées en Aveyron

C’est l’extrême Nord du département qui a été le plus durement touché : 10 communes ont subi, en moyenne, des pertes fourragères de l’ordre de 47 %… Il s’agit de Thérondels, Mur-de-Barrez, Taussac, Murols, Brommat, Cantoin, Argences-en-Aubrac, Cassuejouls, Laguiole et Curières.

Les exploitations du Sud-Est du département ont elles aussi payé un lourd tribu avec des pertes fourragères estimées à 43%. 26 communes se trouvent dans ce périmètre, principalement sur la communauté de communes du Larzac.

Enfin, les zones périphériques de ces deux premiers périmètres, ainsi que l‘extrême-ouest du département révèlent des taux de pertes de 39 %. Cela concerne 72 communes.

Dans ces 108 communes, les éleveurs n’ont pas eu d’autres choix que d’acheter des fourrages et aliments complémentaires pour nourrir leurs troupeaux, à des prix largement revus à la hausse (jusqu’à 200 € par tonne de foin selon la FDSEA).

Des critères obsolètes ?

Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA et Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA en Aveyron, appellent à « rénover le fonds de calamités agricoles » pour l’adapter au changement climatique et à la multiplication des épisodes de sécheresse. @ADN12

Pour reconnaître l’état de calamités agricoles, l’administration va se pencher sur les données recueillies et les évaluer selon plusieurs critères, parmi lesquels la perte en fourrages mais aussi la perte de Chiffre d’Affaires pour l’exploitation, les données météorologiques et le délai de retour (c’est-à-dire que la situation actuelle doit être pire que celles des 10 dernières années. Et c’est justement sur ces deux derniers critères que le bât blesse selon le syndicat agricole…

« Avec la récurrence des sécheresses, il est difficile voire impossible d’atteindre ce délai. C’est le cas sur la commune de Séverac d’Aveyron, où nous sommes rendus ce mardi matin et qui a déjà été reconnue en calamités en 2017 et en 2018, et qui redemande cette année »

(Joël Limouzin, FNSEA)

« Qui plus est, on voit que les quatre systèmes météo utilisés par l’administration se contredisent entre eux » renchérit le président de la FDSEA de l’Aveyron, Laurent Saint-Affre, qui souhaiterait que le Ministère de l’Agriculture utilise ces modèles informatiques « avec prudence » et en privilégiant les expertises réalisées sur le terrain dans le département.

« On n’en peut plus ! Il faut trouver un système fiable et incontestable pour ne pas mettre en difficulté les enquêtes réalisées sur le terrain, avec de simples cartes météos ! »

Le Ministère de l’Agriculture se serait engagé à travailler sur la question et donner de nouvelles orientations au cours du premier trimestre de cette année.

En attendant, la FNSEA entend travailler sur la question de la gestion des risques, afin de mieux préparer les exploitations à ce type d’aléas et anticiper le changement climatique. C’est le sens de la visite du vice-président national du syndicat agricole, Joël Limouzin, ce mardi 21 janvier en Aveyron : « il faut travailler sur le stockage de l’eau, développer de nouvelles espèces fourragères plus résistantes, généraliser les systèmes d’assurances (même si les agriculteurs sont réticents), faire évoluer la recherche… on n’a plus le choix ! ».