Rodez. Des pièces du Louvre au musée Soulages jusqu’en avril

Du samedi 18 janvier jusqu'au 12 avril (et peut-être au-delà...) au musée Soulages, l'exposition « Pierre Soulages, le Louvre, etc... » présente une dizaine d’œuvres venues du Louvre et du musée Fabre de Montpellier. Leur point commun ? Ce sont toutes des œuvres ou des artistes qui, d'une manière ou d'une autre, ont marqué le peintre des Outrenoirs...

La statue acéphale de Gudea de Mésopotamie, gardienne des œuvres de Pierre Soulages. ©ADN12

« Nous cherchions nous aussi à rendre hommage à notre manière au centenaire de Pierre Soulages » commence Christophe Hazemann, le directeur adjoint du musée Soulages, au moment de la visite guidée de la nouvelle exposition. Et l’hommage est de taille : des pièces mésopotamiennes âgées de plus de 4 000 ans, un Courbet, deux Goya, un Rembrandt et même une peinture de Victor Hugo… tous dispersés, « perlés » naturellement parmi les œuvres de l’exposition permanente du musée, avec l’impression qu’elles en ont toujours fait partie.

« Ce sont toutes des œuvres qui ont nourri, d’une façon ou d’une autre, l’imaginaire de Pierre Soulages. »

Variété d’œuvres, variété d’époques

Si Pierre Soulages a bien validé le choix des œuvres, c’est l’équipe du musée qui a fait le travail de sélection après un long temps de documentation. « Nous nous sommes appuyés sur un livre d’entretiens intitulé Les Dialogues du Louvre dans lequel Pierre Soulages visite le Louvre et parle des œuvres qui lui tiennent à cœur. » Ce sont aussi diverses interviews et écrits de, sur, et par le peintre qui ont pu guider l’équipe dans leurs choix.

Le bord de mer à Palavas de Gustave Courbet, à venir admirer de près au musée. ©ADN12

L’exposition « Pierre Soulages, le Louvre, etc… » permet donc aux visiteurs d’admirer un paysage de Gustave Courbet, Bord de mer à Palavas, prêté par le musée Fabre de Montpellier. Si Courbet a toujours été un peintre extrêmement important pour Soulages, ce tableau d’horizon, presque abstrait, représentent une plage de Palavas, pas très loin de Sète, ville de villégiature très appréciée de Pierre Soulages. Et la boucle est bouclée.

Faust de Rembrandt ©ADN12

Autre petit bijou rare : une aquateinte (gravure) de Rembrandt, prêtée par le Petit Palais. Car les gravures de ce peintre du XVIIe siècle ont autant marqué les esprits que ses peintures, chez Pierre Soulage comme chez beaucoup d’autres. Placé habilement dans la section des lithographies, cette œuvre discrète nous fait prendre conscience du chemin parcouru entre ce qu’était la gravure à l’époque de Rembrandt, et comme Pierre Soulages a pu la repenser pour en faire les œuvres qu’on lui connaît aujourd’hui.

« Toutes ces œuvres sont des points de départ qui ont nourri quelque chose d’intérieur chez Soulages. »

Si chaque œuvre est en soi un clou du spectacle à part entière, il faut bien avouer que la statue acéphale de Gudea, toute de pierre noire et d’inscriptions cunéiformes gravées qui captent la lumière, est un écho antique et monolithique aux Outrenoirs. Vieille de plus de 4 000 ans, elle « n’est sortie que très rarement du Louvre » précise Christophe Hazemann. Et avec ses 800 kg, on le comprend aisément !

« Pierre Soulages, le Louvre, etc… » du 18 janvier au 12 avril, dans l’exposition permanente. Toutes les informations sur le site internet du musée.