Mobilisation en Aveyron. « Les bébés ne sont pas des sardines ! »

Personnel de crèches et de structures Petite Enfance en grève ce mardi pour défendre les conditions d'accueil des bébés. @ADN12

Auxiliaires de puériculture, personnel de crèches publiques ou associatives et assistants maternels ont manifesté ce mardi 14 janvier devant la Préfecture de Rodez. Venus de tout le département, ces salariés s’inquiètent des conséquences de la loi ESSOC, qui pourrait modifier à l’avenir les réglementations d’accueil des bébés…

Une cinquantaine de professionnels et parents de bébés ont répondu à l’appel national en Aveyron. @ADN12

Qualification du personnel et surfaces d’accueil

Cette mobilisation répondait à un appel national lancé par le collectif « Pas de Bébés à la Consigne ! » et les syndicats CFDT, CGT et FSU contre le projet de réforme des modes d’accueil dans les structures de la petite enfance. En Aveyron, c’est la CFDT qui a pris l’initiative de ce rassemblement, réunissant une cinquantaine de personnes : professionnels du secteur et familles usagères de ces services de garderie. Un sujet qui concerne une centaine d’établissements en Aveyron selon Gaël Lafarge, élu du syndicat et auxiliaire de puériculture à Onet-le-Château : « certaines structures étaient totalement fermées aujourd’hui, cela montre l’ampleur de nos incertitudes ».

« Les salariés ont leur mot à dire ! »

Les discussions avec le gouvernement ont débuté au printemps dernier et l’ordonnance, qui devait passer en février, est finalement repoussée à l’été. « On va profiter de ce report pour faire entendre nos propositions » explicite Gaël Lafarge : « il y a deux choses qui nous inquiètent : la modification des taux d’encadrement par du personnel qualifié et la baisse des superficies d’accueil par enfant ». 

Gaël Lafarge est auxiliaire de puériculture à la crèche d’Onet, fermée en ce jour de grève. @ADN12

La loi prévoit aujourd’hui un ratio de 40 % de personnel qualifié pour 60 % de personnel non qualifié mais les manifestants aimeraient voir ce ratio passer à 50/50. « On craint aujourd’hui que le gouvernement, sous prétexte d’assouplir la réglementation, ne fasse que diminuer encore la part de personnel qualifié. On pense au contraire qu’il faut revaloriser ces métiers ! » clame Gaël Lafarge.

« On veut 7 m² par enfant au minimum ! »

Autre point d’inquiétude pour ces professionnels : la superficie d’accueil par enfant, qui est aujourd’hui de 7 m² en milieu rural et 5 m² en milieu urbain. « On pense qu’il faut la même surface pour tout le monde, et elle doit être de 7 m² » répond Gaël Lafarge, « on a déjà peu d’espace pour travailler correctement, on ne veut pas que ça se transforme en boîtes à sardines ! ».

« Il faut bien comprendre qu’on ne fait pas de la simple garderie. Les jeunes enfants passent 60 à 80 % de leur temps avec nous plutôt qu’avec leurs parents. On ne peut pas juste les entasser avec du personnel pas formé. On doit pouvoir les accueillir en toute sécurité, avec du temps et de l’espace pour développer leur motricité, la sociabilisation… »

(Gaël Lafarge, auxiliaire de puériculture CFDT)

Des revendications que le personnel mobilisé est allé porter aux représentants de l’Etat en Préfecture ce mardi après-midi, en espérant être entendus d’ici cet été…