Rodez. La quatrième liste « Rassemblement pour Rodez » dévoile son projet

Il l'avait annoncé il y a quelques mois mais depuis, c'était le silence radio. À tel point que les Ruthénois avaient un peu oublié la présence de Jean-Philippe Murat l'andi-entrepreuneur dans la course aux municipales du piton. Mais il était bien là ce vendredi 11 janvier, pour présenter programme et colistiers du « Rassemblement pour Rodez », la liste « centre-gauche, centre-droit » de Rodez.

Jean-Philippe Murat et ses colistiers et colistières pour le Rassemblement pour Rodez. ©ADN12

Si Jean-Philippe Murat, l’handi-entrepreuneur, a commencé par expliquer sa présence en dénonçant un maire sortant qui avait promis de « ne pas faire plus de deux mandats », il a rapidement repris de la hauteur en parlant d’un projet qui doit se construire jusqu’en 2030 : « Il y a un manque de vision qu’on retrouve sur cette campagne face aux mutations économiques, autour du travail, de l’avènement du numérique en agroalimentaire qui va changer beaucoup de choses. » Le programme s’articule donc autour de 7 priorités « à traiter en urgence » et de 24 mesures qui seront annoncées dans les prochaines semaines.

Sept priorités

  • Circulation et stationnement : « À Rodez et sur le Grand Ruthénois, les citoyens sont confrontés à des problèmes de déplacement dans leur vie de professionnels, de consommateurs ou de famille » déplore Christophe Noyer. Les alternatives du Rassemblement pour Rodez : développer les parkings relais, repenser les moyens de transport et encourager les circulations douces, notamment via des travaux pour faciliter le trajet des piétons, des poussettes et des fauteuils roulants sur le tour de ville et dans l’axe Bourran – centre-ville.

« Nous ne sommes pas sûrs que la commune doit prendre en charge les parkings. »

  • Le centre-ville : « c’est le thème de campagne de beaucoup de candidats » constate Christophe Noyer qui, pourtant, ne déroge pas à la règle en proposant d’améliorer le centre ville pour qu’il se développe et « ne pas se contenter de le maintenir ». La question de la propreté et de la gestion des ordures ménagères a également été évoquée sans pour autant faire de propositions concrètes.

« Il y a beaucoup de saletés en centre-ville, tout le monde le constate. »

  • Le pouvoir d’achat : pour les familles aux revenus les plus modestes, Jean-Philippe Murat propose un système de prise en charge des licences sportives par graduation « pour amener les enfants vers les clubs » et des bons d’achat pour les enfants de maternelle et de primaire à chaque rentrée. Idem pour la culture où la municipalité prendrait en charge un certain nombre de spectacles et de projets culturels. Là encore, le candidat ne s’avance pas plus sur les chiffres ni les moyens de financement, mis à part l’évocation d’éventuels « transferts de charge » d’un budget à l’autre.

« Il faut un système d’aide graduée, voire de gratuité totale, pour les familles aux plus bas revenus. »

  • L’attractivité : les candidats insistent sur l’importance des très petites et moyennes entreprises pour l’attractivité de Rodez. « Nous tenons à les aider à se maintenir et surtout à se développer. C’est grâce à elles que Rodez bénéficie d’un chômage aussi bas, il faut les considérer comme les partenaires de la ville » insiste Jean-Philippe Majorel, lui-même entrepreneur. « Il faut aussi plus d’attractivité culturelle pour faire plus ville et moins village ».

« Il faut aider les gens qui veulent rester à Rodez. »

  • Une ville plus solidaire : « Nous voulons mettre en place un bouclier social pour les personnes démunies sur tous les services publics de l’agglo : la petite enfance, les aînés, les transports…» Autre grande annonce : la mise en place d’une Maison des Aînés à Combarel, à la place de l’ancien hôpital. « Nous avions la salle Foch avant qui a été supprimée : ce serait un lieu de vie où des personnes âgées pourraient se retrouver entre elles pour des activités, des jeux, mais aussi pour être accompagnées dans leurs démarches administratives qui se font de plus en plus en ligne. Devant des ordinateurs, beaucoup de personnes âgées se retrouvent démunies et pour faire des demandes en EHPAD, pour sa retraite… tout est numérique.»

« Il faut revenir en arrière mais du bon côté de la chose, en ramenant un peu de jeunesse pour échanger avec les aînés. »

  • Une démocratie de proximité : le sujet revient souvent dans cette campagne et les candidats ont eux aussi mis l’accent sur la « co-construction » via la mise en place de conseils interactifs de quartier. Un budget spécifique sera donné à ces conseils de quartier qui décideront eux-même de la manière de l’utiliser. A aussi été évoqué un droit de votation d’initiative citoyenne sur tout grand sujet concernant la ville et l’agglomération sur ces dix prochaines années, sans pour autant « tomber dans le referendum à tout va » précise Jean-Philippe Murat.

« Il faut laisser les habitants choisir la vie au quotidien dans leurs quartiers. »

  • Les échanges institutionnels : dernière priorité, renforcer les échanges avec la Région et l’État pour déployer et accélérer les projets en cours et ceux à venir. Lesquels par exemple ? Réponse dans les prochaines conférences de presse…

« Il faut remettre Carole Delga autour de la table pour ces projets. »

Les colistiers

Si la liste n’est pas encore bouclée, Jean-Philippe Murat compte sur le « travail de pédagogie dans les quartiers pour expliquer le projet » pour rassembler du monde. Parmi les colistiers présentés, aucun encarté à signaler et un seul à avoir déjà fait de la politique (autre que Jean-Philippe Murat).

Jean-Louis Borloo comme inspiration

Plusieurs rencontres dans les quartiers sont prévues toutes les semaines pour parler du projet de la liste et échanger avec les habitants. « Nous voulons nous inspirer de ce qu’a fait Jean-Louis Borloo à Valencienne en 1989 qui a permis une véritable construction des forces vives des quartiers ».

« Les gens ne croient plus en rien, il faut rebâtir leur confiance et leur montrer qu’on peut croire à l’échelon communal et extra-communal. »

Et quand le sujet du Parc des Expositions est évoqué, sans le rejeter entièrement, Jean-Philippe Murat souhaite simplement « reprendre le projet et comprendre comment on en est arrivé là ». Les raisons de sa méfiance : son prix « trop cher », sa superficie « surdimensionnée » et sa « cohérence avec les besoins locaux ».

Prudent sur ses annonces et sans dénigrer ce qui a pu se faire lors des derniers mandats municipaux, le Rassemblement pour Rodez peut représenter un adversaire intéressant pour les autres listes dans cette course aux municipales.