Retirada : l’exil des républicains espagnols exposé à Rodez

475000 Espagnols jetés sur les routes vers la frontière Française. (Photo Paul Senn)

Une exposition de photos intitulée « Des espagnols dans les camps » se tient actuellement à la Maison de la Région de Rodez, rue Béteille, et y sera visible jusqu’au 24 janvier. Une exposition qui voyage à travers l’Occitanie dans les 13 départements concernés par l’exode espagnol, grâce à l’initiative de la collectivité et du mémorial du camp de Rivesaltes.

Dans le cadre de la commémoration du 80e anniversaire de la « Retirada » (la retraite, en espagnol), l’exposition met l’accent sur le sort des réfugiés civils espagnols et retrace ainsi un épisode majeur de l’histoire du XXe siècle à l’issue de la guerre civile de 1936-1939.

475 000 espagnols exilés, civils et militaires

La fin de la guerre civile espagnole a précipité sur les routes de l’exil des centaines de milliers de civils et de militaires. À partir de 1939, plus de 475 000 républicains franchissent la frontière franco-espagnole suite à la chute de la Seconde République et à la victoire du général Franco. C’est ce que l’on va appeler la Retirada, la « retraite », l’exode…

Agnès Sajaloli, Directrice du Mémorial du Camp de Rivesaltes précise que les témoignages qu’elle lit ont été retranscrits : « le mémorial de Rivesaltes a fait un travail de recherches pour mettre en adéquation les photos d’un reporter de guerre, Paul Senn, avec les témoignages recueillis afin de les proposer au public ».

Agnès Sajaloli, directrice du mémorial de Rivesaltes. @ADN12

Les photos de Paul Senn sont issues du Fonds photographique du Musée des Beaux Arts de Berne. De 1936 à 1939, Paul Senn, photoreporter suisse, a couvert la guerre d’Espagne et ses suites de 1938 à 1942, sur les routes de l’exil et dans les camps, l’avancée progressive et la victoire des troupes franquistes lors de la guerre d’Espagne…

« Notre histoire dans le temps est intimement liée à celle des Espagnols. Des descendants des républicains espagnols qui ont combattu Franco en sont encore une mémoire vivante. Depuis deux ans on a passé commande à un historien pour faire le recensement des déplacements forcés des populations des Espagnols une fois la frontière franchie. Certains ont fait huit camps sur la période d’internement »

(Agnès Sajaloli, directrice du mémorial de Rivesaltes)

Des témoignages précieux

Un réseau a été mis en place, baptisé  « Terre de mémoire ». Il a permis de mutualiser les moyens et les témoignages et de réaliser cette exposition itinérante. « Il y a eu des rencontres avec des associations mémorielles avec qui on a partagé beaucoup de choses notamment les témoignages. La mutualisation a permis d’avoir pour chaque portrait, la parole d’un témoin… ».

Descendants de ces réfugiés espagnols ou pas, l’exposition émeut le public. @ADN12

Cette Retirada s’est déroulée dans de terribles conditions de froid et de dénuement, et s’est poursuivie par une souffrance peut-être pire encore pour ces combattants de la liberté : celle d’être considérés comme indésirables par la France, qui les internera dans des camps où ils subiront la faim, la maladie et l’humiliation.

Le Mémorial du Camp de Rivesaltes a souhaité partager cette douloureuse histoire avec les camps de Agde, Argelès-sur-Mer, Bram, Brens, Lannemezan, Le Barcarès, Le Récébédou, Le Vernet d’Ariège, Noé, Rieucros, Rivesaltes, Saint-Cyprien, Septfonds et Gurs, en proposant une exposition intitulée « Des Espagnols dans les camps ».

Extrait de lecture d’un témoignage :