Paris, Bordeaux, Toulouse, Lille mais aussi Castres, Périgueux, Die… dans les grandes villes comme dans les petites communes, les tiers-lieu se multiplient, preuve d’une envie grandissante de la part des habitants de se réapproprier leur territoire et recréer des espaces de lien rappelant des places de village. Et Rodez ne fait pas exception à la règle puisque l’association Station A, qui existe depuis seulement deux ans, a rassemblé plus de 300 adhérents autour de ce projet de lieu commun, sur le piton.

Mais c’est quoi, un tiers-lieu ?

L’idée, comme souvent, vient des États-Unis et date du début des années 1990. Le nom est une traduction de Third Place, des espaces de rencontres sociales situés entre la maison et le travail et qui seraient en déclin depuis l’étalement des communes en banlieues, mais aussi l’utilisation de la voiture et l’avènement des réseaux sociaux. 

L’idée d’un tiers-lieu est de reconstruire ces espaces d’interactions sociales en regroupant des activités multiples : café associatif, jardin partagé, salle de spectacle, crèche, co-working, location de salle, bibliothèque… Chaque tiers-lieu est unique et propose des services et des rencontres adaptées aux particularités locales. À Paris, les Grands Voisins proposent des espaces d’accueil et d’accompagnement administratif pour les migrants alors qu’à Castres, le Vingt-Deux se concentre sur la location de salles et d’espaces de co-working. L’idée est de créer un espace qui réponde aux besoins locaux.

Qui est derrière Station A ?

Alan Hay et Hugues Tournier. lors de l’assemblée générale de Station A le 15 septembre 2019. ©Balint Porneczi

Si le projet est collectif depuis le début, il a bien été initié par un homme : Alan Hay, 35 ans, ruthénois de naissance, a fait son lycée à Foch avant de partir pour des études secondaires et un master à Toulouse. Après avoir tenu le Comptoir du Rugby de Baraqueville pendant plusieurs années, il se lance aujourd’hui dans ce projet de créer un lieu de rassemblement.

« Le musée Soulages, le Club, ça fait un bien fou à notre tranche d’âge, les 30-40 ans. Ça a bien dynamisé la ville, il ne manque que des structures pour donner envie de s’y fixer. »

Alan Hay, co-fondateur

Aujourd’hui l’association compte plus de 300 adhérents dont une 50aine d’actifs. Elle est construite autour de sept pôles (voir notre article 19 décembre) et s’efforce d’inclure d’autres associations dans les événements mis en place, comme Partir en Livre cet été qui a été mis en place avec l’association Lire et Faire Lire, la médiathèque de Rodez et la Maison du Livre, ou encore en décembre, les ateliers de création de lampions et défilé nocturne qui ont été faits conjointement avec l’association du Quartier des Embergues.

Quels projets pour les Haras ?

L’installation des locataires. « Nous aurons les clés en début février et nous pourrons commencer le projet éphémère. » C’est-à-dire ? Pendant qu’une étude d’architecture sera mise en place jusqu’en juin pour déterminer les besoins, les travaux et estimer les coûts, les Haras pourront déjà être utilisés par des locataires potentiels. Puis débutera une phase de travaux pour répondre aux besoins exprimés par les partenaires. Le chantier se construira petit à petit pour continuer à exploiter le lieu.

« Depuis deux ans, on a déjà plusieurs dizaines de personnes qui se sont manifestés pour occuper une partie du lieu. Nous allons maintenant renouer contact et nous rencontrer pour lister exactement leurs besoins et leurs propositions. »

Alan Hay,

La recherche d’investisseurs. Qui dit projet, dit financements. « Le but est de créer une structure d’investisseurs qui veulent faire vivre de territoire. Des ‘territoires angels’ au lieux de ‘business angels’, qui ne viennent pas que pour la rentabilité mais aussi pour donner du dynamisme à une ville. »

La mise en place d’événements. Avec les locataires, c’est tout le lieu qui doit se mettre en place (café associatif, jardin…) mais aussi le calendrier des événements à venir. Les différents pôles planchent actuellement sur des événements qui peuvent déjà être organisés dans les lieux actuels, et les idées ne manquent pas !

L’association compte déjà 300 adhérents. ©Balint Porneczi

Pour les intéressés :

  • vous souhaitez vous investir dans le projet, être bénévole ou vous avez une idée d’animation : rapprochez-vous de chaque pôle pour savoir lequel serait plus à même de vous intéresser.
  • vous souhaitez être locataires et en savoir plus sur les espaces disponibles : contact@station-a.fr
  • vous êtes investisseur intéressé par le projet de Station A : contact@station-a.fr

Dans tous les cas, chaque premier vendredi du mois, Station A organise les Gros Vendredis où chaque pôle donne des nouvelles des événements à venir et de l’avancée du projet dans les locaux du café associatif La Sousta au 36 rue de Bonald, ouvert à tous. Prochain Gros Vendredi : ce vendredi 10 janvier à partir de 18h. L’occasion de prendre des nouvelles, de rencontrer les bénévoles, ou de renouveler son adhésion pour 2020. Ouvert à tous, adhérents ou non.

Prochain événement : Deuxième série de conférence sur le Brain Gym ou comment muscler son cerveau, le jeudi 30 janvier à partir de 18h30 à la Sousta.

Pour adhérer ou réadhérer pour 2020, rendez-vous à la Sousta ou directement en ligne sur le site Hello Asso.