Municipales. Des actions concrètes pour l’écologie à Rodez ?

Françoise Desmas, Serge Her, Elisabeth Daumenjon, William Fraysse, José Vasquez, Frédéric Haméon, Alain Rauna, Florence Varsi et Léon Thebault font partie des écologistes qui souhaitent peser dans la vie municipale contre le réchauffement climatique. @ADN12

L’Australie brûle et l’écologie devient un peu plus encore une préoccupation majeure du monde politique.« Il y a urgence à agir » : c’est ce que pense aussi un groupe d’écologistes ruthénois, qui espère peser sur les élections municipales du mois de mars avec des propositions concrètes. Ils ne sont pas assez nombreux pour constituer une liste candidate mais aimeraient rejoindre celle de l’un des prétendants à la mairie de Rodez, si celui-ci intègre leur projet pour l’environnement. Les négociations seraient selon eux, bien avancées avec le maire sortant, Christian Teyssèdre…

Faire baisser les émissions de gaz à effet de serre

Si ce collectif comporte des encartés d’Europe-Ecologie-Les Verts (William Fraysse, Alain Rauna, Frédéric Haméon, ou la sortante Marie-Claude Carlin), la plupart a surtout des engagements associatifs sur des problématiques liées au réchauffement climatique, au sein de Greenpeace, Canopée ou encore les Cyclo-Motivés.

« On a 10 ans pour agir, il y a urgence ! »

« Notre groupe s’est créé assez naturellement au printemps dernier autour de l’idée de combattre l’urgence climatique, et avec la perspective d’avoir une action sur la politique… » résume William Fraysse, qui dit sentir une véritable prise de conscience collective des citoyens sur la question. « On a déjà atteint des points de non-retour » prévient Frédéric Haméon, « on ne peut plus continuer à regarder les températures monter sans bouger. Quand la patate est cramée, il est trop tard ! ». Pour ces écologistes, le changement doit commencer au plus petit échelon, celui des municipalités…

« Le militantisme ne suffit plus, il faut passer à l’action. L’échelon municipal offre des marges de manœuvre pour des actions concrètes et pragmatiques. Le but est de réduire les émissions de gaz à effet de serre via trois leviers : les transports, le bâtiment et l’alimentation »

(José Vasquez, membre fondateur de Canopée)

Ensemble, ils ont établi un programme détaillé des actions à mener.

Gratuité des transports publics

La priorité pour eux est d’agir sur les transports, « premiers émetteurs de gaz à effet de serre ». Ils proposent notamment la gratuité des transports en commun pour intensifier leur utilisation, et la création de parkings-relais aux entrées de Rodez, relayés par des infrastructures de mobilité douce pour rejoindre le centre-ville.

« Le but est de réduire le nombre de véhicules en ville et de faire une place au vélo. Ça implique de revoir entièrement le plan de circulation, et d’arrêter d’agir au coup par coup »

(Alain Rauna, ancien secrétaire de la Confédération Paysanne)

Parmi les autres propositions : le développement du covoiturage, qui serait valorisé et encouragé via une application web dédiée.

Isolation et éclairage public

Pour ces écologistes, la municipalité doit être exemplaire en termes de construction et de réhabilitation des bâtiments, et doit mettre en place des incitations fortes pour les habitants. « Il faut anticiper le réchauffement et adapter les constructions. Les édifices publics doivent représenter un signal fort pour les particuliers : l’isolation par l’extérieur est incontournable et sous-utilisée malheureusement aujourd’hui… » regrettent-ils, en mettant en avant les avantages économiques à en retirer : « il y a un retour sur investissement évident via les économies d’énergies, mais aussi en termes de création d’emplois ». 

Autre cheval de bataille : la réduction de la pollution lumineuse en ville. Ils prônent notamment le remplacement des lampadaires par des technologies à LED, le respect de l’extinction des enseignes commerciales la nuit et surtout l’extinction de l’éclairage public dans les rues de Rodez, « selon des horaires qui seront à définir avec les habitants ».

Du maraîchage municipal

« C’est quand même fou de vivre dans un département rural comme le nôtre et de ne pas parvenir à l’autosuffisance alimentaire ! » rage Frédéric Haméon, qui aimerait voir, d’ici 6 ans, « la cuisine centrale utiliser 70 % de produits locaux et bio ». Quitte à créer un maraîchage en interne « de 10 à 15 hectares » si les acteurs existants ne sont pas capables d’approvisionner quantitativement la cuisine centrale…

Une dernière proposition que le maire sortant avait lui aussi évoqué dans son programme…

Vers une alliance avec Christian Teyssèdre ?

Ces propositions, le groupe de militants écologistes est justement allé les présenter aux candidats Mathieu Lebrun (Rodez Citoyen) et Christian Teyssèdre. « Pas au candidat de droite, Serge Julien, car nous estimons que le libéralisme et le capitalisme ne sont pas compatibles avec notre projet » précise William Fraysse, qui parle par ailleurs de « discussions infructueuses avec Rodez Citoyen ».

« Oui à la coalition, non aux concessions »

C’est donc le maire sortant qui serait le plus à l’écoute de leurs propositions selon lui :

« Nous espérons une signature rapide, mais nous avons nos exigences : toutes nos actions doivent être intégrées à son programme et nous souhaitons des positions d’éligibilité sur sa liste, pour créer un vrai groupe écologiste au sein du conseil. Nous voulons du concret pour ne pas être la feuille verte sur le bord de l’assiette, la caution d’une salade politique… »

(William Fraysse)

La balle est désormais dans le camp de Christian Teyssèdre, mais William Fraysse prévient : « si les actions ne sont pas là, nous ne donnerons pas suite »…

Un début d’alliance qui a en tout cas fait réagir les candidats de Rodez Citoyen, qui affirment n’avoir pas été contactés par les militants écologistes :

« Nous sommes toutefois ouverts à les rencontrer s’ils veulent discuter des enjeux écologiques locaux, d’autant que très nombreux sont les écologistes engagés avec Rodez Citoyen et que les thèmes avancés intègrent le projet global que nous porterons aux élections municipales pour les Ruthénoises et Ruthénois et notre bassin de vie »

(Éléonore Echène, Rodez Citoyen)

A l’heure où tous les candidats ont décidé de verdir leurs programmes, espérons que le grand et unique gagnant de toutes ces discussions demeurent bien l’environnement…