Rugby. L’Aveyron enraye lentement la baisse du nombre de licenciés

Avec des résultats plutôt positifs en ce début de saison, le rugby aveyronnais s’est réuni en cette fin décembre pour dresser un autre bilan : celui du nombre de ses clubs et de ses licenciés…

Rencontre avec trois de ses chevilles ouvrières : le président du Comité Départemental, Gérard Fourquet, le référent technique, Franck Larosa et l’agent de développement, Marie Couvignou, pour le rugby féminin, le rugby à 5 et le rugby scolaire…

2 500 licenciés en Aveyron

Le président du Comité Départemental, Gérard Fourquet se dit satisfait de ce début de saison, avec une éclaircie dans la chute du nombre de licenciés…

«  Le rugby Aveyronnais suit la tendance du rugby national avec une forte baisse depuis deux ans. Dans le département, nous sommes passés de 3 000 licenciés à 2 500 pour 13 clubs… C’est dû aux résultats de l’équipe de France et aux commotions relayées largement par la presse nationale. On a freiné la chute au niveau départemental… Mieux : nous enregistrons une hausse de 2% depuis le début de saison… »

(Gérard Fouquet, président du Comité Départemental Rugby 12)

Une dégringolade des licences suite à la crise au sein du club ruthénois (-56 joueurs), à l’absence de Naucelle (-80 licences), au non engagement d’équipes féminines à Decazeville et Flagnac (qui est encore présente mais hors compétition). Les polémiques autour des commotions et les accidents répertoriés au niveau national ont également joué un rôle négatif sur les inscriptions dans les écoles de rugby… mais Gérard Fourquet se veut positif : « heureusement, les écoles de rugby ont des effectifs à la hausse et les filles viennent de plus en plus à notre sport »…

Plus de sécurité dans les nouvelles règles

Franck Larosa, référent départemental, fait le point «  Cette année on a mis en place les formations qui concernent. quatre diplômes du brevet fédéral, initiateur (6-8 ans), développement (12-14 ans), perfectionnement (16-18 ans), optimisation (seniors). Tout cela sur huit journées à La Primaube. « Tout au long de la formation, avec dix formateurs habilités par la ligue, on visite les candidats pour une évaluation en fin de saison ». 

Franck Larosa, référent technique du CD12. @ADN12

Des temps d’échanges importants pour un bon encadrement des licenciés aveyronnais, d’autant que de nouvelles règles ont été instituées cette saison.

« Les échanges avec les parents commencent à porter leurs fruits, avec un nouveau regard sur notre sport »

« Ce sont des règles plus sécuritaires, qui font du rugby un sport ludique. Nous éduquons les enfants sur une période de  »jeu à toucher » puis une deuxième période de  »jeu à ceinturer » et une troisième période  »à plaquer  »quand les joueurs sont prêts » complète Franck Larosa, le référent technique qui le dit et l’assume : redonner confiance prend du temps.

Dans quatre ans, la Coupe du Monde de Rugby se jouera en France : « Il ne faudra pas se rater en communication » plaide le président.

Des sélections pour les jeunes

Pour le Comité Départemental aveyronnais, la priorité reste donc la formation, en créant des bases solides dès les équipes de jeunes : les catégories U13, U14, U16, U19, seniors garçons, U15 filles à X, U18 filles à XV et rugby à 7 féminin ont chacune leurs équipes de sélection.

Coachées par Séguret (LSA), Veyrac (LSA), Lamprecht et Larosa, ces sélections vont ferrailler sur des tournois de zone, en rencontres inter-départementales avec le Tarn, le Lot et le Tarn et Garonne. Les premiers des différents tournois d’ Occitanie se rencontrent pour les demi finales qui se joueront le 15 mars puis la finale le 10 mai. « En plus des sélections, nous faisons une journée tournoi de rugby à 7 en garçons et filles » complète le technicien départemental.

Des filles regardées de très près

Marie Couvignou, agent de développement du Comité Départemental de rugby. DR

Pour les sélections filles, c’est Marie Couvignou, agent de développement qui fait le point : sept filles d’Espalion, Lévezou, Millau, Rodez et Saint Affrique se réunissent à chaque période de vacances pour jouer des tournois contre les autres centres. « Cela permet aux évaluateurs de déterminer les filles qui pourront entrer en académie fédérale soit à Montpellier, Castres ou Toulouse ».

Côté sélections départementales, Marie Couvignon note que cela concerne les U15 en jeu à X et les U18 en jeu à XV et à VII. « Ces deux catégories disputent des tournois à Albi et Toulouse. Il y a aussi un axe de développement en U12, un nouveau projet qui va voir le jour »…

« En conclusion, je dirais qu’il y a une excellente entente entre les clubs aveyronnais. Cela veut dire que le rugby en Aveyron a évolué, on n’est plus à la guerre des clochers. Notre effort se porte également sur les établissements scolaires : il y a beaucoup de collèges, écoles et lycées, les clubs aveyronnais à mon avis ne sont pas assez présents de ce côté là. Dans l’avenir il faudra se rapprocher encore plus »

(Gérard Fourquet, président du CD 12)

Le regard du président sur les clubs aveyronnais

Saint Affrique, club d’Honneur, actuellement champion d’automne. « C’est une ville sportive. Le président Patrick Galtier souhaite une accession en Fédérale 3. Je pense que Saint Affrique y a sa place en tant que ville moyenne du département »

Le Rougier, « c’est un club complémentaire de Saint Affrique, un petit village un peu excentré. Les enfants du club sont à l’école de rugby de Saint Affrique. Le club est en championnat territorial, série 2 »

Millau, « a rajeuni ses seniors, qui sont en milieu de tableau de Fédérale 2. C’est le niveau adéquat pour la ville actuellement, il n’y a pas de menace de relégation. Une qualification est prenable »

Séverac, 1ère série, « l’effectif a baissé du fait que les cadets et juniors jouent à Millau. Sinon en championnat senior, ils font leur chemin. Séverac est partisan de regroupement entre clubs, moi je préfère que les gros clubs les aident sur place. Créons des antennes qui permettront aux petits clubs de garder leurs jeunes »

HVAR, (Laissac), troisième série, « a une école de rugby intéressante, et s’est associé à Rodez sur les plus grandes catégories »

Espalion, « club de Promotion Honneur, qui fait un bon championnat, avec une bonne école de rugby. En plus, il participe à développer tout un territoire autour de lui »

Rodez, « au même niveau qu’Espalion, les deux devraient se qualifier. Le match retour entre eux, le 9 février, à Paul Lignon sera la grande fête du rugby aveyronnais, elle se prépare déjà… »

LSA, (Lévezou), Fédérale 2, « a plus de mal cette saison. Pour plein de raisons… mais a sa place ou en Fédérale 2 pour le maintien, ou en Fédérale 3 pour jouer le haut de tableau. Un club avec une âme très locale ! »

Flagnac, « existe en tant que club, en mettant en place des actions mais sportivement il ne participe à aucun championnat. Cependant, les filles s’entraînent sur leur terrain »

Viviez, club de 2e série, « un club historique, en complément de Fédérale …»

Decazeville, « après deux saisons de repêchage, le club a réussi à rebâtir en Fédérale 3. Cela marche bien, ils ont un gros travail à faire avec l’école de rugby, ils travaillent d’ailleurs avec Villefranche sur le pôle jeunes »

Capdenac, « 1ère série, fait une grosse saison en senior. Ils ont leurs jeunes à Figeac, mais ils ont intérêt à les ramener chez eux s’ils veulent pérenniser »

Villefranche XV, « en 1ère série, en difficulté cette saison. Ils ont beaucoup de cadets grâce à Decazeville. Ils sont en réflexion sur les antennes à créer à Lafouillade, Villeneuve… »