L’hôpital de Rodez intègre les thérapies sportives pour combattre le cancer

Le directeur de l’hôpital, Vincent Prévoteau et la présidente de la CAMI, Chantal Hurtes ont signé la convention

Le Centre Hospitalier de Rodez a été le premier centre à s’ouvrir à la Cami en France il y a 10 ans. La Cami est une association qui propose des programmes de thérapie sportive pour les malades atteints de cancers.

« Le sport diminue le risque d’un cancer de 30%, et celui d’une récidive de 45% »

Une nouvelle convention vient d’être signée entre les deux partis afin de proposer, ensemble, une  nouvelle offre de soins de support à tous les patients pris en charge pour une pathologie cancéreuse.

Sport et cancer

« L’hôpital de Rodez est le premier établissement de sa catégorie, en France, a développer ce dispositif, habituellement déployé sur les CHU et les Oncopôles » précise Chantal Hurtes, présidente de la CAMI. Le directeur du CHR, Vincent Prévoteau en avance les raisons :

« C’est un partenariat pour l’organisation de soins support. L’établissement de Rodez prend en charge les pathologies cancéreuses, les nombreuses autorisations en chirurgie, chimiothérapie, médecine nucléaire, radiothérapie. Il est important qu’on ait une prise en charge globale et donc un partenariat avec la Cami qui a démarré il y a deux mois maintenant pour mettre en place le sport adapté indispensable à la thérapie et au confort des patients »

 

Le Centre Hospitalier de Rodez et la Cami Sport-Cancer proposent désormais à raison de deux demi-journées, les mardis et jeudis, des séances de la méthode « médiété » : Christian Cabantous, éducateur médico-sportif en cancérologie et Claire Tison (psychothérapeute),  promeuvent ainsi l’activité physique auprès de celles et ceux qui, souvent, croient ne plus en avoir la force.

La Méthode Médiété : une gymnastique adaptée

L’idée directrice est simple : faire de la pratique sportive un indispensable du programme de soins :  « Un allié indispensable dans la lutte contre le cancer, une composante incontournable de la prise en charge des patients » résume Christian Cabantous. Un discours repris par Guillermo Reyes Ortega, oncologue, qui conseille régulièrement à ses patients qui souffrent d’un cancer de pratiquer une activité physique.

« Faire du sport quand on souffre d’un cancer n’a rien d’évident. La science sur les cancers évolue mais il y a un cas où il n’y a aucun traitement magique : c’est la fatigue. Le seul traitement magique, c’est l’exercice physique qui permet également la meilleure réinsertion »

(Guillermo Reyes Ortéga, oncologue)

Aider les personnes à retrouver une condition satisfaisante et une confiance en soi, tel est l’objectif de l’offre proposée au sein de l’hôpital avec le partenariat de la Cami et de ses professionnels de la gymnastique adaptée aux pathologies des patients.

Témoignage

André suit depuis un mois le programme thérapeutique de la CAMI

André suit depuis un mois et demi ce programme thérapeutique et ressent déjà les bienfaits de la gymnastique adaptée.

 

« J’ai connu la Cami grâce au docteur Mosser. Je suivais des séances de chimio et à la fin, j’ai passé des tests médicaux et j’ai intégré le programme de Claire Tison. Cela m’a apporté de la souplesse, du souffle et cela me permet d’éliminer la fatigue. Je faisais du sport avant mon pépin, aussi, je n’ai pas hésité quant on m’a proposé cette thérapie. Au début la chimio me fatiguait beaucoup, je restais couché deux jours après chaque séance. Par le sport adapté à ma pathologie, je retrouve de la confiance et mes sensations dans les mouvements. Pour preuve : en plus du sport le mardi et jeudi ici, je marche tous les jours une heure grâce aux soins donnés par la Cami »

Une pratique peu répandue en France

Précurseur en la matière, le Centre Hospitalier de Rodez a vite compris l’intérêt d’une telle offre au sein de l’hôpital. « L’activité sportive aide à lutter contre la maladie et contre les effets secondaires des traitements » affirme le docteur Reyes Ortega.

« Aujourd’hui, à Rodez, sept patients sont en cours de traitement : quatre femmes et trois hommes entre 46 ans et 72 ans. Les docteurs calent chaque fois que cela est possible les rendez-vous avec la possibilité d’enchaîner les cours de gymnastique »

 

Claire Tison suit individuellement les patients sur ces séances de gymnastique adaptée mais précise qu’elle n’a pas accès aux dossiers médicaux du patient : « par contre les médecins oncologues consultent les tests que nous prodiguons 15aux patients afin de voir leur évolution ».

Un jeune partenariat qui a pour objectif d’avoir deux groupes de douze patients « puisque c’est raisonnablement le nombre de personnes que l’on peut accueillir ici » complète Claire Tison.