Viviez. Jinjiang SAM placé en redressement judiciaire

Le couperet est tombé cet après-midi : l'entreprise Jinjiang SAM de Viviez a été placée en redressement judiciaire ce mardi 10 décembre par le tribunal de commerce de Toulouse.

Viviez- Union locale de la CGT du Bassin decazevillois en septembre dernier

La SAM va de déconvenues en déconvenues. Alors que l’entreprise avait été reprise en décembre 2017 par le groupe chinois Jinjiang, le premier employeur du bassin avait vu son chiffre de commandes baisser, obligeant l’usine à tourner au ralenti et amenant la direction à annoncer un plan social en septembre dernier. Cette annonce est tombée comme une bombe sur les 380 employés de l’usine qui avaient immédiatement déclenché une grève et un blocage de plusieurs jours. C’est l’arrivée de Bruno Lemaire, avant la visite d’Emmanuel Macron à Rodez, qui avait calmé le jeu. Ce dernier avait appelé à un « nouveau départ industriel » de l’entreprise du Bassin de Decazeville et un accord entre Renault, principal client de l’usine aveyronnaise, et la direction avait pu être trouvé, annulant le plan social. À quel moment la situation a-t-elle encore dérapé ?

Quel avenir pour la SAM ?

Une première audience avait eu lieu au Tribunal de Commerce de Toulouse le 29 novembre dernier, puis le 6 décembre, pour décider de la mise en redressement ou non de l’entreprise et à quel degré. Le délibéré du tribunal a été rendu ce mardi 10 décembre, annonçant le placement en redressement judiciaire, sous l’autorité de deux administrateurs judiciaires, Maitre Fourquié de Toulouse et Maitre Blanc de Montpellier.

La présidente de la Région, Carole Delga, a immédiatement réagi en rejetant la faute sur le repreneur chinois qui, d’après elle « n’a pas tenu ses engagements ! […] Il appartient à l’Etat, comme le stipule la Loi Florange, de contraindre l’entreprise SAM Jinjiang à rechercher un repreneur sérieux et solide, porteur d’un projet d’avenir pour le site et ses salariés. » Elle promet que la région accompagnera l’entreprise dès qu’une solution aura été trouvée :

« Une fois la phase de relance de l’entreprise engagée, nous mobiliserons nos dispositifs d’intervention pour accompagner les efforts nécessaires à la modernisation, à de nouvelles qualifications et à la diversification du site »

Carole Delgas

Mais un repreneur pourra-t-il être trouvé ?

« La SAM est le poumon du bassin »

Laurence Cahors lors du rassemblement contre la réforme des retraites à Decazeville. ©ADN12

Lors du rassemblement à Decazeville contre la réforme des retraites de ce mardi 10 décembre, Laurence Cahors, la secrétaire de l’Union Locale CGT, a glissé dans son discours quelques commentaires sur la situation en annonçant un « redressement judiciaire de deuxième catégorie » qui ne satisfait évidemment pas les syndicats, bien que ces derniers n’aient pas souhaité s’exprimer officiellement : une assemblée générale est prévue demain mercredi 10 décembre dans l’après-midi.