Réforme des retraites. Les syndicats appellent à poursuivre la mobilisation

@ADN12

Après la forte mobilisation départementale du 5 décembre, où plus de 7 000 personnes s’étaient données rendez-vous à Rodez pour manifester contre la réforme des retraites, cette deuxième journée de mobilisation aveyronnaise a connu une baisse de fréquentation mais les revendications, elles, restent intactes… Une troisième mobilisation est prévue dès jeudi dans les cinq villes du département.

« Un combat qui concerne tout le monde »

Les syndicats annoncent les chiffres suivants : 15 % de grévistes dans le premier degré en Aveyron, 800 personnes au rassemblement de Rodez, 350 à Saint-Affrique, 1 000 à Decazeville, 300 à Millau et 400 à Villefranche-de-Rouergue. La Police rabaisse les estimations à 350 pour Rodez et 200 à Decazeville… Une certitude : les cinq rassemblements aveyronnais organisés ce mardi 10 décembre contre la réforme des retraites ont suivi la tendance nationale en étant à la baisse par rapport à la première journée du 5 décembre. Pas de quoi pour autant décourager les manifestants, qui entendent « faire monter la mobilisation, contre une réforme injuste qui promet une baisse des pensions pour tous, aussi bien dans le public que dans le privé ! ».

Emmanuel Dumas a pris la parole pour Force Ouvrière. @ADN12

Alors que le Premier Ministre Edouard Philippe annoncera ce mercredi le détail de sa réforme, les syndicats CGT, Force Ouvrière, FSU et Solidaires veulent afficher leur unité et leur fermeté pour faire retirer le projet :

« On va certainement nous annoncer des aménagements de ci de là… voire un report de la réforme… le gouvernement trouvera des alliés, mais ne nous leurrons pas : il faut tenir pour ouvrir de réelles négociations ! »

(Emmanuel Dumas, Force Ouvrière)

Si certains avaient décidé d’attendre les annonces de ce mercredi, la grande majorité des manifestants ne se fait donc pas d’illusion sur une éventuelle marche arrière du gouvernement : « il va essayer d’éteindre la contestation branche par branche, mais sur le principe général, il est évident qu’il ne renoncera pas » peste Frédéric Konefal, de la CGT-Cheminots, « c’est pourquoi nous devons montrer dès aujourd’hui la fermeté de notre mouvement ».

Rodez, gare morte

Comme souvent dans ce type de conflit social, ce sont les cheminots qui ont montré la voie. Depuis le 5 décembre, ils sont en grève reconductible. A Rodez, la gare est « morte » :

« 75 % du personnel cheminot est en grève. C’est une mobilisation forte et on sent qu’on est suivi par la population. On ne se bat pas pour notre statut particulier mais pour tout le monde, contre la misère des retraités ! »

(Florent Granié, CGT-Cheminots)

Le rassemblement organisé ce mardi devant la gare de Rodez n’est pas anodin : « cela fait 2 ans jour pour jour que plus aucun train ne circule entre Millau et Rodez » regrette Florent Granié, qui évoque les autres combats des cheminots : la suppression des guichets de vente à Naucelle, Viviez ou Saint-Christophe, les suppressions d’emplois, « la baisse de sécurité pour les usagers et les cheminots », l’éclatement de la SNCF au premier janvier, le « tout routier »… autant de raisons de penser que la mobilisation ne s’éteindra pas si rapidement…

Florent Granié et Frédéric Konefal estiment que la motivation des cheminots n’est pas prête de retomber. @ADN12

Nouvel appel à manifester ce jeudi

Les syndicats se réuniront ce mercredi à la grange de Floyrac pour décider de la forme que prendront les prochaines mobilisations mais une chose est certaine : il y aura bien une nouvelle journée de mobilisation ce jeudi 12 décembre, au lendemain des annonces d’Edouard Philippe.

Antoine Cantais, FSU-Snuipp

« Cette réforme met à mal notre système de solidarité en privilégiant l’individualisation et en ouvrant la voie royale à la capitalisation. On veut plafonner les dépenses de retraites à 14% du PIB, pourquoi ne pas faire la même chose avec les dividendes des actionnaires, qui ne font que croître ? On nous promet un alignement vers le bas, il faut faire monter la mobilisation ! »

Robert Phavorin, Solidaires

 

« Ce projet est une nouvelle injustice pour tous et toutes. Il ne faut pas attiser les divisions et poursuivre la mobilisation. Imposons un autre avenir ! »

 

 

Didier Pons, CGT

« Aujourd’hui les revenus financiers ne participent pas à la protection sociale. Pourtant on pourrait dégager 31 milliards d’euros si on voulait les faire participer ! Le niveau historique de cette mobilisation traduit cette volonté d’une réforme plus juste du système. C’est un mouvement représentatif des travailleurs dans leur majorité, pas un mouvement corporatiste ! »

Francis Sabrié, Confédération Paysanne

« Les retraites agricoles sont sans doute les plus basses de toutes, puisqu’elles sont en moyenne inférieures à 800 euros, certaines à peine à 500… La réforme prévoit un minimum de 1 000 euros, c’est bien mais on voudrait qu’il concerne aussi les retraités actuels, pas seulement ceux qui arrivent… Nous sommes solidaires des syndicats de salariés, car l’amélioration de nos pensions ne peut se faire au détriment des systèmes existants ! »