Druelle. Un faucheur volontaire au tribunal pour avoir refusé de se laisser ficher

Un faucheur volontaire a comparu à la barre du tribunal de Rodez ce mercredi 4 décembre au matin pour refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques intégrés dans un fichier de police. Il était accompagné d'une trentaines de personnes du mouvement, « venus en comité de soutien » devant le tribunal, avec tente et café chaud.

Une trentaine de personnes était rassemblée devant le tribunal de Rodez en soutien au faucheur volontaire. ©ADN12

L’affaire remonte au 13 août 2018, lorsque 58 membres du mouvement des Faucheurs Volontaires ont détruit deux hectares de tournesol dans un champ de Druelle.

Ce mouvement national qui existe depuis 2003 lutte contre la culture de plantes OGM. À Druelle ce jour-là, les militants affirment que les plantes « étaient issues de la mutagenèse, une forme d’OGM interdite par la Cour de Justice européenne depuis 2008. Ces tournesols étaient devenus illégaux, on les a donc arrachés. » Pour le prévenu, « l’écho était plus important que de faucher, c’était pour alerter sur le fait qu’il y a encore des OGM en France. »

Le refus d’être fiché

Sur les 58 faucheurs présents en 2018, 50 ont été auditionnés par la police, dont sept Aveyronnais. Parmi eux, six ont refusé de laisser la police prendre leurs empreintes digitales, génétiques et leur photo. Pour le moment, un seul prévenu a été appelé à comparaître devant un tribunal pour ce refus.

« On l’a fait en plein jour et sans violence, je ne vois pas pourquoi je donnerais ma photo et mes empreintes. »

 

Une décision d’autant plus révoltante pour le prévenu que les membres du comité avaient fait parvenir une lettre aux autorités, reconnaissant avec cinq autres personnes les faits d’arrachage. « Notre mouvement, c’est la désobéissance civile sans violence. On a tout fait à visage découvert », rappelle le prévenu à la barre.

« On est des lanceurs d’alerte. »

Le « comité de soutien » n’a pu laisser entrer que cinq personnes pour assister à l’audience. ©ADN12

Un débat qui dépasse l’Aveyron

En plus du débat sur les OGM, l’avocat de la défense a mis en avant le fait que plusieurs millions de citoyens possèdent une fiche de police car le fichage est un acte automatique qui a lieu quels que soient les faits, « même pour les actions citoyennes ».

Une jurisprudence existe en la matière avec plusieurs tribunaux comme celui de Caen ou de Foix, qui s’étaient prononcés pour une relaxe, estimant qu’un fichage génétique pour ce type d’actions était « inadéquat et disproportionné » (Cour d’appel de Montpellier, 2008)

Rendez-vous le 8 janvier pour entendre le jugement du tribunal de Rodez.