Saint-Affrique. Un mélange d’alcool et de psychotropes explosif

@ADN12

Les faits jugés ce lundi 2 décembre au tribunal correctionnel de Rodez remontent à vendredi soir. Une histoire presque banale de dispute conjugale entre deux compagnons. Sauf que l’un des deux prend peur et appelle le couple d’amis chez qui ils se trouvent à la rescousse. L’homme qui s’interpose est violemment pris à parti : coups de poing, griffures et plusieurs morsures au bras et aux pectoraux, qui lui vaudront six jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail).

Les gendarmes de Saint-Rome du Tarn finiront par interpeller le mis en cause à bord du véhicule avec lequel il avait pris la fuite, et le placer en garde-à-vue.

« Psychotropes à doses hallucinantes »

L’homme aurait, ce soir du 29 novembre, consommé « trois bouteilles de blanc et une de rosé ». De l’alcool à haute dose qui n’a pas fait bon ménage avec un traitement assez lourd pour des problèmes de bipolarité…comme le reconnaît lui-même l’accusé : « je regrette tout ce qu’il s’est passé, je vais continuer mes soins et je promets de ne plus boire. Ça ne fait pas partie de moi » lance-t-il en pleurs au tribunal.

Son avocate, Maitre Christelle Cordeiro, dresse le portrait d’un homme « en souffrance, plus que dangereux » :

« On l’a diagnostiqué bipolaire après un burn-out professionnel il y a quatre ans, alors qu’il gérait plusieurs restaurants dans le sud de la France. Je m’interroge aujourd’hui car c’est au moment où on lui modifie son traitement que les violences arrivent… depuis septembre, ce sont des psychotropes à doses hallucinantes ! »

 

Problème selon elle : l’absence d’expertise psychiatrique, alors que l’accusé avait été placé sous contrôle judiciaire début octobre dans une affaire de violences conjugales (faits qui seront jugés ce mois-ci). Contrôle qui lui interdisait notamment d’entrer en contact avec son compagnon, et qu’il n’a donc pas respecté.

Un homme à la dérive

« C’est une dérive personnelle, professionnelle et sentimentale qui se cristallise ici » en convient le procureur de la République, Chérif Chabbi, qui estime lui aussi que l’accusé « n’est pas quelqu’un de violent, mais en souffrance psychologique, psychiatrique et physique, et qui n’a plus la maîtrise de lui-même ». Il requiert 13 mois de prison, tout en précisant que le milieu hospitalier aurait été plus souhaitable que la prison. Il ne demande d’ailleurs pas de mandat de dépôt. « C’est le profil-type de la personne qui a besoin d’un suivi socio-judiciaire » complète son avocate dans sa plaidoirie.

Une possibilité d’aménagement de peine que choisissent finalement aussi les juges du tribunal en prononçant leur verdict : 8 mois de prison, dont 4 avec sursis et une mise à l’épreuve de deux ans, durant lesquels il devra poursuivre les soins et travailler.

Quant au dédommagement de la victime, un homme « choqué », qui a du quitté son domicile en raison des dégradations commises par l’accusé, il s’élève à 2 500 euros au titre du préjudice matériel et à 800 au titre du préjudice moral.