L’usine de Brousse-le-Château, vieille de 40 ans, va être entièrement renouvelée. Ici, les bassins installés en contrebas. © ADN12

Vendredi 15 novembre, dans les locaux du Syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (Siaep) des Rives du Tarn, à Réquista, le calme est revenu. Les nouveaux élus sont au travail « et cela depuis [leur] élection en mai » et ils comptent bien le faire savoir pour contrer « les gens qui veulent continuer à nuire au syndicat et à son image ».

Une semaine plus tôt, jeudi 7 novembre au matin, il a été constaté le vol et la dégradation des documents relatifs aux offres visant à renouveler le délégataire de service public devant apporter de l’eau aux 6.000 abonnés, soit 11.400 usagers répartis sur 26 communes du Sud-Aveyron (lire ici).

« Cela a conduit à la déclaration sans suite de la procédure du choix du délégataire et au dépôt d’une plainte en gendarmerie », rappelle Jean-Jacques Sellam, président du syndicat des Rives du Tarn. « Ce vol et ces dégradations ont eu lieu sans effraction apparente, ce qui laisse à penser que les responsables sont dans l’entourage proche du syndicat et dispose de toutes les clés. Cet événement est clairement une opposition au bon fonctionnement et à la politique actuelle du syndicat. »

Suite au « grave problème de gouvernance » de leurs prédécesseurs et aux « déchirures au sein de cette équipe » – qui ont conduit à la démission du président Bel et à l’élection d’un nouveau bureau en mai – ils réaffirment que l’ambition de la nouvelle équipe est « toujours de restaurer une gouvernance sérieuse et efficace et d’assurer l’indépendance du syndicat ».

Les vice-présidents des Rives du Tarn Michel Causse et André Rouquette et le président Jean-Jacques Sellam. Ici, avec Stéphanie Fournier du cabinet TPFI. © ADN12

« Un réseau en bon état et une excellente qualité de l’eau »

Conscients des remous générés autour de « l’événement » du début du mois, le président et ses deux vice-présidents Michel Causse et André Rouquette se lancent alors dans un « exercice de transparence à destination de tous [leurs] usagers ». Et d’affirmer : « Nos fondamentaux sont très solides, tant sur les aspects techniques que financiers. »

Par « aspects techniques », ils entendent l’usine de production d’eau potable de Brousse-le-Château qui va être entièrement renouvelée (lire ci-dessous) et « le réseau d’adduction d’eau de 1.000 km d’une valeur de 10 millions d’euros qui est récent » : « Pour la moitié, 5 M d’€, il a été réalisé l’année précédente. »

« La bonne qualité de ce réseau peut être constatée à la lecture des chiffres de rendement, 66,7 % en 2018 et 66 % en 2017 », indiquent-ils. « Tout comme l’excellente qualité de l’eau distribuée avec 100 % des analyses (bactériologiques et physico-chimiques) conformes en 2018. »

« Nous avons une réunion de suivi et de contrôle avec le délégataire (Veolia, NDLR) tous les mois », souligne André Rouquette. « Et le bureau se réunit beaucoup plus souvent », ajoute Michel Causse.

Les élus mettent aussi en avant la « bonne santé financière du syndicat, confirmée par notre trésorier, et accréditée par la confiance que vient de nous accorder le Crédit agricole en nous octroyant un prêt de 2 millions d’€ au taux de 0,73 % sur 20 ans. Et aussi par la confiance de l’Agence de l’eau qui va financer la moitié de la construction de l’usine. »

La délégation de service public ne pourra être relancée

Une fois passée la démonstration, Jean-Jacques Sellam, Michel Causse et André Rouquette martèlent que leur souci est de « sécuriser l’approvisionnement en eau des usagers et de les satisfaire par rapport au service attendu ».

Ainsi, le prix relativement élevé de l’eau* « lié aux contraintes physiques du réseau » était un des critères sur lequel ils souhaitaient appuyer à la baisse avec la nouvelle délégation de service public. Mais c’est partie remise…

« Le dernier acte de délinquance nous oblige à revoir notre politique de gestion », indique Jean-Jacques Sellam. « L’enveloppe volée, donc actuellement dans la nature, ne permet pas légalement de relancer une procédure de délégation de service public (DSP) dans les délais contraints (avant les Municipales de 2020, NDLR). Nous allons donc proposer au comité syndical de lancer un marché dit de “prestations de service global” pour une année renouvelable et de gérer le syndicat en régie à partir du 1ermars 2020 (Veolia sera reconduit par avenant jusque-là, NDLR). D’ici là, une nouvelle majorité sera sortie des urnes et il lui incombera soit de continuer à gérer le syndicat en régie, soit de relancer une nouvelle DSP. »

Et de faire un vœu : « Il est vraisemblable que le ou les coupables de cet acte aux conséquences graves seront démasqués et le climat politique apaisé du fait des futures élections municipales. »

Une nouvelle usine de production d’eau potable à Brousse-le-Château

L’usine de production d’eau potable de Brousse-le-Château, vieille de 40 ans, va être renouvelée. « C’est un outil dépassé, rien n’est réutilisable », indique Jean-Jacques Sellam. « Ainsi, la nouvelle usine sera reconstruite à côté de l’ancienne pour un coût de 5 millions d’euros (financés à 50 % par une subvention de l’Agence de l’eau Adour-Garonne). Cette construction sera une belle opération économique, un investissement important pour le sud de notre département. »

Stéphanie Fournier qui est en charge de ce dossier pour le cabinet TPFI a déroulé le planning. L’entreprise, une filiale de Suez, a déjà été retenue pour construire ce nouvel outil. Après 3 mois d’étude, enquête publique et validation du permis de construire, les travaux devraient être lancés dans le second semestre 2020. « Il faut compter 15 mois de travaux et 4 ou 5 mois de mise en service », indique Stéphanie Fournier. « La nouvelle usine devrait fonctionner pour la fin 2021 ou le début 2022. »

* au 1er janvier 2019 (hors redevances), le prix de l’eau hors taxes est de 2,68 € par m3, dont une part syndicale de 1,545 € par m3 et une part délégataire de 1,135 € par m3. Pour une consommation de 120 m3, le montant de la facture s’élève à 391,30 € TTC.