Rodez. Le 7ème Festival des Solidarités sur le thème des Mineurs Non Accompagnés

Après une grosse journée d'ateliers à la salle des fêtes de Rodez en 2018, FestiSol revient pour une projection débat le mardi 26 novembre à la Doline de Sébazac autour du thème des Mineurs Non Accompagnés.

Les représentantes des associations locales Man, Artisans du monde, la Ligue des Droits de l'Homme, Terre Solidaire et le Secours Catholique se sont retrouvées pour présenter le programme de cette année. ©ADN12

Le mouvement national du Festival des Solidarités « qui promeut et célèbre une solidarité ouverte au monde et aux autres » a lieu cette année du 15 novembre au 1er décembre partout en France et son thème 2019 est l’enfance. Quant au collectif aveyronnais, il a choisi d’échanger autour des Mineurs Non Accompagnés : sujet bien connu des locaux qui, depuis 2018, ont accueilli dans leurs villes plusieurs centaines de jeunes migrants en besoin d’accompagnement. Cette année donc, si le Festisol de Rodez est moins chargé en activités qu’en 2018, il ne l’est pas moins en contenu.

Les mineurs non accompagnés, un vrai sujet local

« Le nombre exact de mineurs arrivés en Aveyron est difficile à avoir : certains viennent et repartent, d’autres, après évaluation, ne sont pas déclarés mineurs… »  déclarent les représentantes d’associations locales. Le département, lui, annonce qu’en 2018, 860 mineurs non accompagnés ont été pris en charge par les services départementaux avant évaluation qui décidera s’il s’agit ou non d’un mineur, et qui statuera sur sa prise en charge par le département. « L’évaluation consiste surtout en un entretien, souvent avec des agents non formés et des traductions approximatives en fonction de la langue plus ou moins répandue parlée par le mineur » rappelle Marie-Sol Vidente, la représentante de la Ligue des Droits de l’Homme de Rodez. Pour exemple : le Mali compte 78 langues différentes : si un mineur vient d’une région précise, il parlera surtout son dialecte et un peu le bambara, une des langues officielles du pays, mais son entretien risque d’être incomplet ou peu précis. Et les tests osseux, très critiqués pour leur manque de fiabilité et surtout très chers, ont été abandonnés en Aveyron.

« Si le jeune est bien déclaré mineur, il est pris en charge par les foyers d’Aide Sociale à l’Enfance » (ces derniers étaient en grève il y a quelques jours pour dénoncer les conditions de travail et le manque de formation pour ce type de cas). S’il est déclaré majeur, il est interdit de territoire et le jeune a deux mois pour faire appel devant un juge pour enfants.

« Mais pendant ces deux mois, même s’il fait appel, le jeune est dans un entre-deux administratif et il est à la rue car les structures officielles n’ont pas le droit de le prendre. C’est là que les associations prennent le relais pour l’accompagnement et l’hébergement. »

 

Même si un réseau de solidarités existe, les associations manquent de moyens et de main-d’oeuvre pour aider ces jeunes dans le besoin. D’après le collectif aveyronnais du festival des Solidarités, il y a en permanence une vingtaine de jeunes qui sont ainsi entre deux eaux et sans dispositifs légaux, dépendants de la générosité des associations pour dormir et manger au chaud.

Et les représentantes des associations locales confirment que « la plupart de ces jeunes viennent pour faire des études et ont pour projet de repartir construire quelque chose dans leur pays. Ici, ceux qui n’ont pas un niveau de français suffisant suivent des cours de Français Langue Étrangère. Ceux qui parlent bien français sont scolarisés, à Monteil il y en a un certain nombre dans des filières professionnelles. Et ils sont très bien reçus par les profs parce que ce sont des élèves intéressés et polis, les profs n’ont pas l’habitude ! »

« les profs sont ravis et ils nous disent :  » Des élèves comme ça, on en veut tous les jours ! » »

Une projection-débat pour éveiller les consciences

Le mardi 26 novembre, le documentaire J’ai marché jusqu’à vous, réalisé par Rachid Oujdi en 2016, sera projeté à la Doline. Ce film de 52 minutes recoupe les témoignages de plusieurs mineurs isolés étrangers qui reviennent sur le parcours éprouvant qui les a amenés jusqu’en France.

Conférence-débat le mardi 26 novembre à 20h30 à la Doline de Sébazac. Entrée libre et gratuite.

Pour celles et ceux qui voudraient aider, ils peuvent se rapprocher des associations suivantes : Man (Mouvement pour une Alternative non-Violente), Artisans du monde, la Ligue des Droits de l’Homme, CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique, Jamais sans Toit (05 65 77 99 03 ou 05 65 46 45 22) ou encore Mineurs Non AccompagnésMineurs Non Accompagnés (06 83 57 26 70).