Laissac. Huit ans de succès pour la ZAC de Sébastien Boscus

Sébastien Boscus a créé il y a huit ans la ZAC de Laissac, soit la « Zone d’Activités Créatives », sur le principe suivant : « L'art permet de faire la société ». Rencontre...

Quand Sébastien Boscus explique les origines de son concept de ZAC, il est intarissable : « Ce que j’aime dans la création artistique, c’est sa valeur politique au sens le plus noble, c’est-à-dire sa capacité à exprimer un rapport au monde, mais aussi en engager un. Vivre ensemble, c’est également partager une vision, trouver une expression commune, le moyen de parler ensemble. En ce sens, l’Art permet de faire société. Pour que cela fonctionne, il faut que la proposition soit ludique, démocratique, facile d’accès : présenter l’Art comme un moyen d’expression comme un autre ».

Le succès de l’enfant du pays

D’une famille originaire de Palmas, Sébastien a pourtant grandi à Aurillac. « À 18 ans, j’ai intégré l’école Duperré à Paris (Ecole Supérieure d’Arts Appliqués). Plasticien de l’environnement architectural, j’ai ensuite obtenu à la Sorbonne une licence d’Art Plastique. Depuis que je suis revenu à Laissac, j’ai également obtenu un master Arts Plastiques Pratique Contemporaine à Montpellier. J’ai toujours continué mes études et je continuerai toujours à me former ! ».

Pendant ses vingt années passées à Paris, Sébastien a été tour-à-tour décorateur de cinéma, décorateur floral, professeur des arts visuels et d’Histoire de l’art. Enfin en 2011, lassé de la capitale, il a voulu retrouver la vie de village. « Laissac a été le naturel retour aux sources. Il y a huit ans, le village était très différent d’aujourd’hui mais je suis arrivé là avec mon idée et très vite, on m’a suivi. Non seulement par des personnes pratiquant déjà la peinture et le dessin, mais aussi par des personnes qui avaient une envie de découverte. ».

« Faire venir les gens par curiosité, par envie, et qu’ils trouvent leur compte dans un loisir qui ne soit pas un loisir de consommation, c’est ce dont je suis particulièrement fier »

Concrètement, comment marche la ZAC ?

Pour Sébastien, « La ZAC devait être une recherche personnelle pour chacun, avec ses propres objectifs, ses propres limites et envies. Ce qui m’importait était l’ouverture à tous les publics, toutes les catégories socio-professionnelles. Un côté libre d’utilisation, d’accès et un système de ticket sans date de péremption. De plus, le matériel est entièrement fourni par la ZAC. »

Quelques exemples de travaux des Zactistes locaux. ©ADN12

Pour parvenir à cet objectif, Sébastien Boscus propose une formule souple, accessible au plus grand nombre avec de la peinture, du dessin, des loisirs créatifs, de l’art floral, du scrapbooking, de la vidéo, du land art… avec des ateliers en intérieur comme à l’extérieur et la possibilité de se déplacer dans les écoles, les centres médico-sociaux ou les entreprises.

Pour Sébastien, l’art doit être « contextuel et relationnel ». ©ADN12

Un beau succès dès son ouverture avec, dès la première année, une centaine d’inscrits aux ateliers. Aujourd’hui, par semaine, on peut compter 60 à 70 « Zactistes » réguliers, avec un programme qui change tous les deux mois : « Je choisis une idée que je décline sur l’ensemble des ateliers. Par exemple, ce mois-ci, j’ai opté pour le rapport homme/animal. De plus, j’essaye de coller au calendrier. Pour la période de Noël, j’instaure des ateliers de décoration en famille, calendrier de l’Avent… En deux jours, pour cette année, mes ateliers affichent déjà complets… ». Et au mois de juin vient le moment d’exposer les travaux des Zactistes. C’est le rendez-vous annuel du village qui, le soir du vernissage en juin dernier, a vu défiler 120 personnes.

« La vitrine est très fréquentée. J’y place souvent des travaux en cours, ce qui permet aux passants de suivre l’évolution des  » Zactistes  » »

Les enfants zactistes

Des activités pédagogiques sont proposées toute l’année. ©ADN12

Depuis 2011, la ZAC s’est spécialisée dans le développement de projets pédagogiques élaborés avec les enseignants, ponctuellement ou sur toute l’année. Arts plastiques ou numériques, films ou peintures murales, la démarche s’adapte à chaque cycle et se finit toujours par une mise en avant des œuvres via une exposition ou un blog. Également illustrateur jeunesse, Sébastien a deux ouvrages à son compteur : La petite dame grise en collaboration avec Crystel Gaubert et L’orchestre de la favela avec France Quatromme, tous deux édités aux éditions Chant d’Orties. Et un troisième est en préparation avec, pour personnage principal… un jardin !

Avec autant d’activités hors les murs, Sébastien reconnaît que sa démarche n’est pas très conventionnelle : « J’aime travailler l’art sous deux formes : contextuelle et relationnelle. Des formes d’art interagissant sur le contexte et l’environnement, pour aboutir à un travail participatif où on va impliquer le spectateur dans une action commune ».

Tarifs :

  • Arts plastiques : 4 vignettes 44 €/8 vignettes 78€
  • Arts manuels : 4 vignettes 48 €/ 8 vignettes 88€
  • Jeune public : 4 vignettes 38€/8 vignettes 68€

Pour plus d’informations, rendez-vous à la Z.A.C Place de la Poste à Laissac, tél : 05 65 42 39 61, contact@zac-laissac.fr ou sur internet avec le site de la ZAC ou la page Facebook.