Emmaüs : Le site de Bel Air a fêté dignement les 70 ans de la communauté

Samedi 16 novembre de 9h à 17h30, bénévoles et compagnons Emmaüs ont accueilli les visiteurs dans la salle de vente pour fêter les 30 ans du mouvement de lutte contre la misère. Un bel anniversaire pour cette communauté qui accueille des hommes et des femmes sans ressources ou en grande difficulté.

Patrick Gomez, Véronique Magnau et Marie-Thérèse Séguy sont les chevilles ouvrières du site de Bel Air. ©ADN12

Pour les 70 ans de la communauté, la présidente locale Marie-Thérèse Séguy est revenue brièvement sur l’aventure Emmaüs depuis son origine en 1949 et la rencontre entre l’abbé Pierre et Georges Legay, qui fera de ce dernier le premier compagnon d’Emmaüs. À Rodez, l’association naît en 1973, d’abord sous la forme d’un comité regroupant des bénévoles pour faire des collectes et des actions de solidarité. « La communauté en tant que telle a été créée en 1990 avec l’accueil de quatre compagnons et de deux responsables, voici près de 30 ans. Aujourd’hui, ici, ce sont 30 compagnons répartis sur les communes de Rodez et Villefranche de Rouergue » résume Marie-Thérèse Séguy.

Un moment convivial réussi

Ce samedi 16 novembre, bénévoles et compagnons du Emmaüs Rodez avaient ouvert l’espace de vente pour prendre un verre, déguster un morceau de gâteau, feuilleter une revue ou un livre… tout en cherchant l’objet convoité au hasard de la visite. C’est le cas de Yvette qui vient chaque mois d’Espalion pour chiner : « pour le plaisir et parfois je repars avec un coup de foudre pour un livre, un petit meuble… J’aime bien aussi échanger avec les compagnons, c’est enrichissant ». Des compagnons qui, toute la journée, sont allés au devant des visiteurs pour échanger, partager leur histoire et leur parcours.

Au détour d’une allée, on pouvait croiser quelques personnalités politiques locales. ©ADN12

Le gestionnaire Patrick Gomez, épaulé par Véronique Magnau depuis un an, tous les deux responsables de la Communauté aveyronnaise, ont mis pour l’occasion les petits plats dans les grands pour fêter dignement le 70e anniversaire de l’association. Les élus de Rodez et de Salles-la-Source étaient aussi au rendez-vous. « Nous travaillons sans aucune aide, sans aucune subvention. Nous y tenons car cela nous laisse toute liberté d’agir selon nos visions de fonctionnement » rappelle Patrick Gomez.

« Ici c’est un lieu d’accueil, un lieu de travail et un lieu de solidarité. En fait, un lieu de vie où l’objectif est la lutte contre l’exclusion. »

Patrick Gomez

Viens m’aider à aider

Depuis 2010, les compagnons ont un contrat moral d’Organisme d’Accueil Communautaire et d’Activité Solidaire (OACAS), une entité juridique nouvelle qui vise à favoriser l’insertion sociale et professionnelle des personnes qu’ils accueillent. De moins en moins itinérants, les compagnons « cherchent plus de chaleur humaine, une vie sociale. L’imprévu est moins dans leur parcours de vie » analyse Patrick Gomez qui assure que les compagnons Emmaüs veulent sortir de l’assistanat, travaillent et vivent à Rodez et ou à Villefranche-de-Rouergue, certains depuis quelques semaines, d’autres, des années.

« Les compagnons ont un sentiment d’autonomie par leur travail et par l’aide qu’ils apportent aux autres qui n’ont pas eu leur chance de se reconstruire. »

Patrick Gomez

Il se pose toutefois la difficulté d’hébergement, d’autant que cet accueil « nous amène actuellement à recevoir beaucoup d’étrangers et souvent sans papiers. Cela nous pose problème avec les pouvoirs publiques » explique Marie-Thérèse Séguy.

Porte ouverte des ateliers Emmaüs

Pour cet anniversaire, les ateliers ont été ouverts au public. C’est Pierre, le responsable des ateliers qui a servi de guide aux visiteurs : « Les donateurs nous amènent leurs objets ici, c’est une des deux phases de collecte. Pour la seconde, sur appel téléphonique, nous nous déplaçons pour collecter les objets, et une fois à l’entrepôt, les compagnons font le tri de ce qui est bon, réparable ou inutilisable ».

Atelier de classement des ouvrages, livres et documents. ©ADN12

Une fois dans les ateliers, le tri se fait plus pointu. « Les prêts à la vente sont transférés directement sur le site de Bel Air, le reste est à valoriser en atelier, menuiserie, friperie, bouquinerie… et l’inutilisable est jeté ». Véronique Magnau ajoute que Emmaüs est précurseur en terme de recyclage et que tout mérite d’être traité pour redonner une deuxième vie à certains objets de la collecte. «  C’est là notre principale ressource. C’est avec cela que l’ont paie et héberge nos compagnons »

Pour plus d’informations ou pour aider, le courriel : emmaus.rodez@wanadoo.fr