Aubin. 200 personnes pour dire non à l’usine de traitement des déchets

Des citoyens inquiets face au projet SOLENA. Manifestation le samedi 16 novembre 2019 ©adn12

Le rassemblement organisé par l’Association pour la Défense de l’Environnement du Bassin et de ses Alentours (ADEBA) contre le projet SOLENA (construction d’une usine de traitement des déchets et mise en place de sites de stockage) a été bien suivi ce samedi 16 novembre, place Jean Jaurès à Aubin. Environ 200 citoyens, malgré une météo défavorable se sont réunis pour marquer leur opposition à « la dégradation de l’environnement du Bassin ».

Des prises de parole nombreuses

Françoise Barberger et Laurence Michèle, membres du bureau d’ADEBA ont lancé les prises de parole en rappelant les principaux arguments expliquant leur opposition au projet SOLENA : notamment le choix des sites d’implantation (Viviez et Aubin) qui sont éloignés des principaux lieux de production des déchets aveyronnais, et la présence sur la commune d’une usine SEVESO en passe d’être reclassée seuil haut.

Présentation des différentes actions du jour par Françoise Barberger (à gauche) et Laurence Michèle, membres du bureau d’ADEBA. ©ADN12

Parmi les associations ayant apporté leur soutien à ADEBA ce samedi, nous pouvons citer les gilets jaunes du Bassin, le collectif « Climat 12 » ou encore le comité du Causse Comtal.

Justement, Daniel Mazel, président du comité du Causse Comtal, a tenu à préciser que son association avait attendu l’enquête publique de la préfecture pour se positionner contre le projet SOLENA. Pour lui, l’usine que veut construire SOLENA « est surdimensionnée par rapport au volume des déchets aveyronnais » et ce projet « propose une trop faible valorisation des déchets, avec un taux prévisionnel de mise en décharge élevé (autour de 50 %), ce qui est, en comparaison avec d’autres sites, insuffisant », concluant son intervention par une injonction à respecter le cadre de vie des habitants de ce territoire :

« les habitants du Bassin ont aussi droit à un environnement de qualité pour vivre »

Suite aux prises de parole, une chaîne humaine s’est déployée autour de la mairie d’Aubin afin de « demander aux élus de respecter la démocratie ».

Chaîne humaine autour de la mairie d’Aubin. ©ADN12

Les élus locaux en ligne de mire

Les actions avaient d’ailleurs commencé dès le vendredi 15 novembre en soirée, avec l’installation par un collectif d’anonymes d’une œuvre artistique composée d’une centaine de cuvettes de toilettes sur la commune de Viviez :

« Après le Street Art à Decazeville, c’est du recycl’art qui a envahi Viviez ce soir. Une installation artistique pour dire NON au « TUPU SOLENA » a vu le jour à proximité d’Intermarché. Une action pour sensibiliser sur les odeurs qui se dégageraient sur Viviez et au-delà si par malheur le projet voyait le jour »

 

Installation artistique pour dire NON au TUPU SOLENA. ©ADN12

Au cours de la manifestation de ce samedi, le collectif TIPI POWER a érigé le totem de la honte. Ce totem est « le symbole de notre action en direction des élus. A l’instar des tribus d’indiens, l’ADEBA est entré en guerre pour défendre son territoire contre l’ennemi envahisseur, SECHE-SOLENA. Le tipi de l’ADEBA vaincra le tupu de SOLENA ».

« Dénoncer l’attitude des élus »

L’objectif étant de « dénoncer l’attitude des élus locaux qui n’annoncent pas le projet et refusent le dialogue ». Progressivement, le totem de la honte se couvre de slogans déposés par des anonymes : « reprenons la démocratie, c’est nous le peuple », « non au tupu, oui, aux solutions intelligentes », « Nos enfants nous accuseront, non au tupu »…

Le totem de la honte. ©ADN12

L’enquête publique de la préfecture prend fin ce mardi 19 novembre mais les différents conseils municipaux des communes du Bassin peuvent donner leurs avis jusqu’au 3 décembre… les actions de mobilisation des citoyens devraient donc se poursuivre…