Aveyron. Médecins, infirmiers, aides-soignants… vaccinez-vous contre la grippe !

Toutes les délégations départementales s'étaient donné rendez-vous mercredi 13 novembre pour une réunion en visio-conférence pour insister sur l'importance de la vaccination contre la grippe des professionnels de santé.

Plusieurs professionnels de santé se sont rassemblés à l'ARS de Rodez pour discuter vaccination en visio-conférence avec les ARS d'Occitanie. ©ADN12

« Nous voulons aller plus loin que faire de la protection : nous devons en faire une mobilisation, un temps fort régional ». Depuis Montpellier, les mots de la Direction Régionale ont résonné dans toutes les Agences Régionales de Santé d’Occitanie. Parce que si les professionnels de santé encouragent les patients fragiles à se faire vacciner contre la grippe, ils sont peu nombreux à le faire eux-mêmes. Et oui ! Seulement 30% des professionnels du domaine sont vaccinés en Occitanie :

  • Dans les établissements de santé : 27% en Occitanie contre 35,4% en France métropolitaine
  • Dans les EHPAD : 26% en Occitanie contre 32,1% en France métropolitaine

La vaccination contre la grippe, l’affaire de tous

Parce que la vaccination ne concerne pas que les personnes fragiles (seniors, femmes enceintes, personnes malades) mais aussi les professionnels amenés à s’occuper d’eux, une charte pour la vaccination des professionnels en Occitanie a été signée en Aveyron par huit professionnels de santé qui s’engagent à se faire vacciner et à faire circuler la bonne parole. Cette campagne de sensibilisation à la vaccination cherche à toucher tout le monde, professionnels ou grand public puisque ce dernier n’est pas forcément au courant de la manière dont se transmet le virus de la grippe.

« Certains se disent que ça ne sert à rien, d’autres qu’il y a des effets secondaires gênants… mais il ne faut pas oublier que même sans être soi-même malade, on peut très bien porter le virus et le transmettre autour de soi ! »

Michel Bonnemaire, président de l’ordre des infirmiers Aveyron

Car les personnes les plus touchées par ce virus restent les patients. En 2018, l’épidémie de grippe a commencé en Occitanie et a mis trois semaines à se propager dans toute la métropole pour une durée totale de huit semaines. Pendant cette période, 1,8 million de personnes ont consulté un médecin pour un syndrome grippal, plus de 1 890 cas de grippe grave ont été admis en réanimation et 8 100 décès attribuables à la grippe ont été comptabilisés. Pour rappel, le vaccin est gratuit pour les personnes fragiles :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus, ou atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes obèses ;
  • l’entourage des nourrissons à risque de grippe grave et des personnes immuno déprimées, dans l’objectif de protéger les personnes fragiles de leur entourage.

Pour éviter que la grippe ne fasse plus de victimes en 2019, la Ministre de la Santé Agnès Buzin a évoqué la possibilité de rendre la vaccination obligatoire chez les professionnels si les chiffres n’augmentent pas. Mais Benjamin Arnal, adjoint délégué de l’ARS Aveyron, estime que « il vaudrait mieux éviter d’en arriver là pour ne pas déclencher une campagne d’opposition à la vaccination, d’autant que sur un acte annuel, vérifier que tous les médecins ont bien été vaccinés demanderait une énergie trop grande. »

Présents pour signer la Charte : Didier Perrot (directeur de l’hôpital Sainte Marie), Pierre Gigarel (directeur général de l’UDSMA), Michel Bonnemaire (président de l’ordre des infirmiers Aveyron), Christian Millon (conseiller départemental des masseurs-kinésithérapeutes), Mickaël Loriette (du centre de vaccination de l’hôpital de Rodez), Marie-Joelle Doucet (de la fondation Opteo), Jean-Marie Piala (médecin généraliste et représentant URPS), Benjamin Arnal (adjoint délégué de l’ARS Aveyron).©ADN12

L’ARS souhaite aussi faire passer le message aux infirmiers qui se déplacent partout dans le département, mais aussi aux pharmaciens et aux aides-soignants dans les EPHAD. Car une certaine hiérarchie de la vaccination a été constatée dans les milieux hospitaliers : « un médecin sera plus souvent vacciné qu’une infirmière, elle-même plus qu’un aide-soignant » reporte Pierre Gigarel, directeur général de l’UDSMA.

Les médecins aussi ont besoin de pédagogie

La solution : la pédagogie, via la communication officielle mais aussi en s’appuyant sur des référents vaccination pour répondre aux questions au sein de chaque établissement de santé. « On constate que lorsqu’on place un référent vaccination dans chaque établissement de santé qui est là pour échanger, répondre aux questions, on arrive à 50% de vaccinations, contre 30% sans référent. Les gens ont simplement besoin de pédagogie » constate Benjamin Arnal.

1000 badges ont déjà été distribués par l’ARS en 2018. ©ADN12

Et quoi de mieux pour faire passer le message qu’un petit coup de pouce visuel ? L’idée est née des Maisons de Santé de Decazeville et de Millau : un petit badge coloré pour témoigner que son porteur a bien été vacciné. « On a trouvé que c’était une excellente idée et on l’a reprise, raconte Hélène Ancessi, de la prévention santé de l’ARS. Ça suscite le débat et la discussion, ça engage le dialogue autour de l’importance de la vaccination solidaire. » 400 badges seront distribués dans le département et 15 000 en Occitanie.

Plus efficace qu’un masque ou que de se laver les mains, la vaccination reste la protection à privilégier pour se protéger de la grippe, mais aussi pour empêcher que le virus ne se répande comme c’est le cas pour la rougeole qui a profité de la campagne « antivax » d’opposition à la vaccination pour se répandre dans 64 départements en France.