Rodez. 19 ans et déjà coupable de violences conjugales

Ce mercredi 13 novembre, le tribunal de Rodez a condamné un jeune homme de 19 ans pour des violences habituelles sur sa compagne. Sa victime avait été trouvée par la Police dans une mare de sang le 4 novembre dernier dans leur appartement ruthénois...

@ADN12

Au tribunal de Rodez ce mercredi 13 novembre, Fany Moles, procureur de la République, brandit une photo de la victime. On la voit le visage marqué, la bouche en sang, avec une dent en moins. « J’aimerai rappeler qu’on dénombre déjà plus de 130 femmes décédées sous les coups de leurs maris en France depuis le début de l’année… ». Un nouveau cas de violences conjugales, avec la particularité que leur auteur affiche à peine ses 19 ans…

« Elle n’avait qu’à pas m’énerver »

Le jeune homme est jugé sous procédure de comparution immédiate, les derniers faits qu’on lui reproche s’étant déroulés le 4 novembre dernier dans un appartement de Rodez. Ce jour-là, c’est une voisine du jeune couple qui prévient les secours : une dispute a eu lieu dans l’appartement d’à-côté.

« Une mare de sang »

A leur arrivée, les policiers découvrent la jeune femme allongée au sol, dans une flaque de sang. Après une période de mutisme, ils finiront par obtenir ses explications : elle a été frappée par son compagnon, et a notamment reçu un coup de poing au visage qui lui a fait perdre une dent. Elle explique aussi que ce n’est pas la première fois, qu’elle a été frappée à d’autres reprises, reçu des gifles, des menaces verbales…

Quelques jours avant cette scène, un ami de la victime aurait été témoin de coups portés par l’accusé à son amie. Tentant de s’interposer, il s’est vu menacé avec un couteau en céramique…

A la barre, l’accusé est nerveux, ne cessant de danser d’un pied sur l’autre :

« J’ai des problèmes avec mes nerfs. Je regrette ce que j’ai fait mais ça n’était pas vraiment moi qui la frappais. Je n’arrive pas à me contrôler. Depuis tout petit je prends des médicaments pour me calmer mais je les ai arrêtés car ça me shootait. Je les ai remplacés par du cannabis. J’en fume 20 joints par jour »

 

Le procureur : « Je suis choquée »

« Etes-vous prêt à évoluer et prendre un traitement, ou préférez-vous péter les plombs et taper sur tout ce qui bouge ? » le provoque la Présidente du Tribunal. Une question qui semble finalement être au cœur de la défense de l’accusé, décrit par l’expert psychiatre comme « impulsif, qui peut s’exprimer à tout moment par la violence » : « je suis prêt à me soigner mais je veux un traitement adapté, qui me permette de vivre normalement, sans être complètement à plat ».

Une dimension qui n’excuse pas tout selon le procureur de la République :

« Je suis choquée par l’attitude de l’accusé et par celle de la victime qui est prête à lui redonner une chance ! J’en ai ras-le-bol de voir les violences conjugales traitées comme ça ! C’est un cas typique où c’est à la justice de proposer l’enfermement pour éloigner le danger… Rien n’est jamais la faute de l’accusé ! Il joue à la Playstation toute la journée, vit des aides sociales et fume 20 joints par jour ! »

 

Après que le Ministère Public a requis deux ans de prison ferme, les juges du tribunal correctionnel ont finalement prononcé une peine de 18 mois de prison, avec un suivi socio-judiciaire de cinq années durant lesquelles le jeune homme devra entreprendre des soins. A l’issue de l’audience, il est directement retourné à la prison de Druelle.