La scène de bagarre n’avait duré que quelques minutes mais les commerçants de la rue centrale de Laguiole s’en souviendront. Ce vendredi 8 novembre, vers midi, deux hommes se sont violemment opposés en plein centre-ville avant l’intervention de la gendarmerie. L’un d’entre eux était jugé ce mercredi 13 novembre par le tribunal correctionnel de Rodez, sous procédure de comparution immédiate, pour violence sous la menace d’une arme…

Un cric utilisé comme arme

L’homme âgé d’une vingtaine d’années qui comparait ce mercredi devant les juges ruthénois, apparaît calme et s’exprime posément. Pourtant, cinq jours auparavant, c’est une scène d’une rare violence à laquelle les passants ont assisté devant la boulangerie centrale de la commune : sorti en furie de sa voiture, l’accusé se serait jeté sur sa victime, lui lançant un cric à manivelle, lui assénant coups de pieds et coups de poings, avant de le mordre puissamment au visage…

La victime, qui se verra prescrire des points de suture au visage, a finalement réussi à prendre la fuite pour se réfugier dans une coutellerie voisine.

Une dette de stupéfiants

L’origine de l’altercation serait une dette de stupéfiants de la victime envers l’accusé : « une dette de 7 euros qu’il a voulu, en bon aveyronnais, se faire rembourser » tente d’expliquer son avocat, qui souhaite « dédramatiser cette affaire », estimant que la violence exprimée était moins importante que ce que les faits semblent affirmer.

L’accusé, décrit par l’expertise psychologique comme « impulsif pathologique, suite à une enfance passée dans un climat de violence », explique quant à lui avoir répondu à une provocation de la victime : « il m’a vu passer en voiture, m’a insulté par la vitre de ma portière, puis a craché dans l’habitacle à deux reprises avant de mettre un coup dans la carrosserie. Au départ je ne voulais pas répliquer, mais ça a été trop loin, je n’ai pas réussi à me contenir ».

Récidive

Problème, ce vendredi 8 novembre, l’accusé se trouvait sous contrôle judiciaire dans une affaire de violences conjugales (affaire qui n’a pas encore été jugée, ndlr) et il avait déjà été condamné pour des faits de violence en 2017.

Retenant la récidive, le Ministère Public a donc requis de la prison ferme. Une position suivie par les juges du tribunal, qui l’ont finalement condamné à 4 mois de prison ferme, ainsi que 14 mois de sursis. Pendant les deux prochaines années, l’homme devra entreprendre des soins pour canaliser sa violence, et poursuivre son activité professionnelle pour indemniser sa victime.