« Qui a intérêt à nuire au syndicat des Rives du Tarn ? ». C’est le titre du communiqué envoyé jeudi après-midi par le bureau du Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable (Siaep) des Rives du Tarn, lequel est à nouveau dans la tourmente alors qu’il peine à revenir à la surface après avoir touché le fond en mai dernier. Retour sur un nouvel épisode qui pourrait camper l’intrigue d’un mauvais polar.

Jeudi matin, la commission de délégation de service public se réunit dans les locaux du Siaep des Rives du Tarn situés à Réquista.

« Au moment de l’ouverture de l’armoire fermée à clés, dans laquelle étaient entreposées les offres depuis le 4 novembre, il a été constaté le vol d’une des offres et la dégradation des deux autres »

Le communiqué se poursuit ainsi : « Cet évènement grave a entrainé de la part du bureau du syndicat le dépôt immédiat d’une plainte à la gendarmerie de Réquista. Une enquête a été rapidement diligentée afin d’identifier le ou les coupable(s) d’une situation jugée grave et lourde de conséquences pour l’avenir de notre syndicat. Tous les délégués membres du syndicat ont été rapidement informés de cette situation. »

A Réquista, dans le bureau du Syndicat des Rives du Tarn, ont été commis un vol et des dégradations de documents. © Le Progrès

Un acte qui complique à nouveau la tâche du Siaep des Rives du Tarn, lequel tente de renouveler le délégataire qui aura pour mission principale d’apporter de l’eau potable à 6.000 abonnés, ce qui représente une population de 11.300 habitants répartis dans 26 communes* du Sud-Aveyron.

Un nouveau bureau élu en mai dernier

Le 29 mai dernier, suite à la démission de Denis Bel, président du Siaep des Rives du Tarn, un nouveau bureau a été élu dans des conditions conflictuelles, sur fond de suspicion de favoritisme, de menaces diverses, de plaintes en gendarmerie, de signalement auprès du procureur de la République…

Le nouveau président Jean-Jacques Sellam, ses deux vice-présidents et quatre délégués avaient alors pour tâche de vite renouveler la délégation de service public en moins de 10 mois (c’est-à-dire avant les municipales de mars 2020 et l’élection de nouveaux délégués au Siaep). Car si l’eau coule toujours au robinet des usagers, la question du renouvellement du délégataire pour le service public de l’eau potable n’était toujours pas tranchée. Initialement, le contrat de Veolia devait prendre fin au 31 décembre 2018… Dès décembre 2016, Espelia, un bureau d’étude spécialisé, a été missionné par le Syndicat pour une assistance-conseil en vue de choisir le nouveau délégataire pour 12 ans, à compter du 1er janvier 2019. Trois candidats ont répondu au marché : Saur, Aqualter et Veolia. Jusque-là tout est normal.

Retour à un point de blocage

Après auditions des candidats par la commission de concession et analyse des offres, le cabinet Espelia indique en octobre 2018 que la Saur est le meilleur candidat suivant les critères définis. Une même conclusion à laquelle est arrivé, de son côté, le technicien du Syndicat de l’eau des Rives du Tarn (lequel a reçu des menaces adressées par lettre anonyme à son domicile… parce qu’il « pose trop de questions »).

La commission de concession valide les conclusions du cabinet Espélia. Le président du Siaep Denis Bel demande aux membres du syndicat de voter le rapport favorable à la Saur tout en invitant à l’oral à voter pour le délégataire en place, c’est-à-dire pour Veolia. Bilan, le rapport est rejeté.

Jusqu’à la fin 2018, une multitude de réunions du Syndicat sont organisées avec plusieurs votes, des questions retirées de l’ordre du jour… Le personnel se met en arrêt maladie. Les délibérations sont annulées par le contrôle de légalité de la préfecture jusqu’à arriver au point de blocage. Le président Denis Bel démissionne, ce qui sera validé le 14 mai. Et le premier vice-président prend l’intérim, le temps de réunir tous les membres pour élire un nouveau bureau le 29 mai.

Depuis cette élection, tout semblait enfin rentrer dans l’ordre jusqu’à ce nouvel épisode de jeudi… qui bloque à nouveau l’avenir du Siaep des Rives du Tarn. « La question est de savoir si nous aurons le temps de renouveler la délégation de service public », indique Michel Causse, 2e vice-président du Siaep des Rives du Tarn. En attendant d’avoir une réponse à cette question, une enquête de gendarmerie est en cours pour trouver le ou les auteurs de l’infraction.

* Le Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable des Rives du Tarn compte 26 communes adhérentes : Balaguier-sur-Rance ; Belmont-sur-Rance ; Brasc ; Brousse-le-Château ; Calmels-et-Le-Viala ; Combret-sur-Rance ; Connac ; Coupiac ; La Bastide-Solages ; La Serre ; Lestrade-et-Thouels ; Lédergues ; Martrin ; Montclar ; Montlaur ; Mounès-Prohencoux ; Murasson ; Plaisance ; Rebourguil ; Réquista ; Saint-Izaire ; Saint-Jean-Delnous ; Saint-Just-sur-Viaur ; Saint-Juéry ; Saint-Sernin-sur-Rance ; Vabres-l’Abbaye.

Le Siaep des Rives du Tarn comporte trois ouvrages : des puits et forages à Brousse-le-Château, les sources de Près Bernets à Murasson et la station de pompage et de traitement de Brousse-le-Château.