Rodez. L’ EFACT expose à la médiathèque jusqu’au 23 novembre

Dans le cadre de la 2ème biennale du livre d'artiste, 80 usagers et personnels de santé du centre hospitalier Sainte Marie, répartis en onze groupes sur cinq villes du département, se sont mobilisés pour découvrir et déployer leurs talents créatifs dans l'univers de la sérigraphie et du fanzine sous l'impulsion d'Igor Boyer, artiste plasticien. Nom de code : « Art(efact) in folio »

EFACT in Folio, expose jusqu'au 23 novembre à la médiathèque de Rodez

Mardi 5 novembre a eu lieu l’inauguration du projet Art(efact) in folio, une action culturelle construite par l’association Artefact et le Centre Hospitalier Sainte-Marie, avec le soutien d’Aveyron Culture (Mission Départementale) et de l’association des Amis du Musée Soulages, avec le concours d’Ygor Boyer, artiste plasticien sérigraphe.

Valoriser le lien social et déstigmatiser le monde psychiatrique

L’association Artefact œuvre pour favoriser l’accès à la culture aux résidents du Centre Hospitalier Sainte-Marie, dont le siège est situé à Cayssiols, mais aussi aux autres sites du Département. Le projet Art(efact) in folio invite les participants à créer des fanzines et graphzines, ces petits livres d’art fait maison, avec l’intervention de Ygor Boyer, artiste plasticien et sérigraphe. L’association souhaite, par cette opération, favoriser le lien social entre les patients et le monde extérieur.

Il y deux ans, Caroline Gil, membre des amis du musée Soulages et propriétaire d’une librairie de livres d’occasion à Rodez, a eu l’idée du projet : « pourquoi pas une participation des patients de Sainte Marie à la prochaine biennale ? » Depuis, l’idée a fait son chemin, soutenue par Aveyron Culture.

La salle d’exposition. ©ADN12

Tous les partenaires présents à l’inauguration

Le médecin psychiatre Pierre Kivits, président d’Artefact, a remercié tous les intervenants à ce projet, soulignant que le rendu final n’est que la partie visible de l’iceberg de l’aventure de plusieurs mois.

Pierre Kivits, président d’ArtEFACT ©ADN12

« Beaucoup de rencontres, de séances en ateliers. Sachez que c’est ça qui fait battre le cœur d’ArtEFACT. Tout un travail avec les patients, le personnel et puis c’est ce résultat du brassage qui permet le lien social. »

Depuis le mois de février dernier, le projet a impliqué plusieurs ateliers pour les patients des unités de soins du CH Sainte Marie de Rodez, des hôpitaux de jour et CATTP Sainte Marie de Rodez, Decazeville, Espalion et Villefranche de Rouergue. Une initiative des amis du musée Soulages mais reprise immédiatement par la médiathèque de Rodez qui a proposé le lieu de l’exposition. Un projet qui s’est construit lentement mais sûrement, pendant deux ans.

Ce sont des artistes. C’est un travail d’artiste, le rendu est très beau. Igor Boyer a su capter la richesse artistique des 80 patients concernés par le projet.

Jérôme Palis, directeur de la médiathèque de Rodez

Igor Boyer, l’artiste et la micro édition

Igor Boyer, artiste plasticien ©ADN12

« On ne présente plus Igor Boyer », dit-on dans le milieu des artistes plasticiens. « Avant d’en arriver à cette inauguration, cela a été une longue histoire, mais une histoire comme j’aime les vivre. J’ai rencontré onze groupes dans la structure de Sainte Marie et cela a été l’occasion pour moi de partager mon univers de la micro édition » raconte Igor Boyer. Dans cette aventure, ce dernier s’est attaché à ne gérer que le coté artistique, celui qu’il maîtrise : « Le médical, je ne suis aucunement intervenu, le personnel de l’hôpital a toujours été présent dans les séances de travail et leur participation à été déterminante ». Alors que les ateliers avaient lieu à un rythme de deux heures tous les deux mois, les usagers ont fait du zèle avec, entre ses cours, des séances hebdomadaires de dessin. L’artiste avait établi quatre phases dans la réalisation du projet : « Premièrement, je leur présentais le projet avec ses contraintes, deuxièmement je revoyais les dessins pour la mise en page, à la troisième séance on faisait de la sérigraphie à partir de la mise en page et enfin, dernière étape, avec ces dessins réalisés à plat sur le support, on voyait comment, en le pliant, on pouvait créer un livre objet ». Si la liberté était totale chez les usagers, il n’en restait pas moins le coté technique et ses contraintes : le « noir et blanc » et les thématiques à respecter.

Les livres objets. ©ADN12

L’exposition est visible à la médiathèque de Rodez jusqu’au 23 novembre. Une section documentaire est à la disposition à la médiathèque, et ce jeudi 7 novembre à 20h aura lieu la projection du documentaire Undergronde sur l’univers du fanzine, animé par Igor Boyer.