Decazeville. Homicide involontaire : le médecin relaxé

La patiente de 54 ans s'était présentée aux urgences de Decazeville le 5 janvier 2013 et était décédée quelques jours après d'une rupture d'anévrisme. @ADN12

La justice a tranché ce mercredi 6 novembre dans l’affaire opposant un médecin urgentiste du Centre Hospitalier de Decazeville à la famille de cette femme de 54 ans décédée en janvier 2013 quelques jours après sa prise en charge au service des urgences.

Une faute retenue, mais…

Poursuivi pour homicide involontaire, le praticien de 59 ans avait été présenté à la justice le 2 octobre dernier. Cette dernière devait établir le degré de responsabilité du médecin dans la mort de sa patiente, qui a succombé à une rupture d’anévrisme après s’être présentée aux urgences avec de fortes douleurs à la tête, nausées et vomissements. Les parties civiles reprochaient alors au médecin de ne pas avoir réalisé de scanner de contrôle, qui aurait pu potentiellement mettre en lumière la cause neurologique.

Ce à quoi l’avocat de la défense avait rétorqué : « nous n’avons aucune certitude sur le fait qu’un scanner aurait évité à coup sûr la mort de la patiente… La perte de chance est hypothétique, le doute doit profiter à l’accusé … ».

Un argument qui a donc fait mouche dans le délibéré rendu ce mercredi 6 novembre par le tribunal correctionnel de Rodez, qui prononce la relaxe du médecin, contre l’avis du Ministère Public, qui réclamait un an de prison avec sursis. La présidente, Sylvia Descrozaille a tenu a expliqué son verdict :

« Même si nous estimons que la faute est retenue, la jurisprudence fait que nous arrivons à cette relaxe car il n’est pas démontré qu’il y a une perte de chance certaine entre l’erreur de diagnostic et la mort de la patiente »

 

Le mari de la victime et ses deux enfants sont donc déboutés dans leurs constitutions de parties civiles.