Rodez. Le PDG allemand de Bosch reste ferme face à Bruno Le Maire

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Conformément aux engagements pris lors de sa venue à Rodez le 26 septembre dernier, le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire est allé défendre le dossier de l’usine castonétoise Bosch auprès de la Direction du groupe. Malheureusement, le contenu des échanges n’est pas de nature à rassurer les salariés…

Quelles contreparties aux aides de l’Etat français ?

Le Ministre français a pu s’entretenir avec le PDG allemand de Robert Bosch, Volkmar Denner, à la fin du mois d’octobre. Objet de la discussion : la chute du marché du diesel et les menaces qui pèsent en conséquence sur les 1 400 emplois du site industriel castonétois, qui produit bougies et systèmes d’injection pour ce type de véhicules.

Bruno Le Maire a pu rappeler les aides versées par l’Etat au groupe allemand, notamment quand il s’est agi de financer les mesures de chômage partiel, et de réclamer en contrepartie « une nouvelle fabrication à Rodez ». Une option que n’envisage pas le PDG allemand :

« Il n’y aura pas de nouveau produit Bosch à Rodez, seule la diversification pourra apporter du travail à Rodez »

(Volkmar Denner, PDG de Bosch)

L’accord de transition signé l’an dernier prévoyait diverses pistes de diversification, notamment dans l’aéronautique, l’horlogerie ou l’hydrogène. Problème à ce jour, aucune de ces activités ne semblent plus avancée, malgré la constitution d’un Groupe de Réflexion Industrielle.

Diversification au point zéro ?

Pour la CGT, il est clair que Bosch se désengage du site de Rodez : « Depuis plusieurs mois on dénonce le non avancement et concrétisation des projets du GRI » regrette le Secrétaire de la CGT-Bosch, Yannick Anglarès, « Bosch n’a pas la volonté de mettre les moyens pour que la transition industrielle du site de Rodez soit un succès. Il profite gracieusement des aides de l’Etat pour se donner du temps et baisser les effectifs continuellement ».

Et les inquiétudes s’accentuent dans les rangs des salariés. Yannick Anglarès craint le pire :

« Monsieur Denner a insisté sur le fait que le marché mondial automobile baissait de 6% en Europe et de 5% par rapport à 2018. Il a aussi annoncé  qu’une suppression de 1 600 emplois était prévue à Stuttgart et que pour le site de Rodez, si l’Etat stoppait l’aide financière, une fermeture du site pourrait être envisagéePour passer ce cap, ils travaillent sur des mesures « socialement acceptables » (Plan de préretraite, baisse du temps de travail et des salaires). Après tout cela, il faudrait que les salariés gardent la motivation pour la compétitivité du site ! »

 

Pas de quoi en effet tranquilliser les salariés du site castonétois, qui craignent toujours la disparition de la moitié des effectifs…

De son côté, Bruno Le Maire s’est engagé à faire avancer l’étude sur les nouveaux moteurs diesels, pour qu’ils soient éligibles à la vignette CRIT’AIR 1, comme le réclament les syndicats locaux. Le résultat de cette étude est attendu d’ici la fin d’année.