La troisième session du festival de street art « Mur Murs » se termine à Decazeville. Une fois de plus, malgré une météo difficile, les artistes ont répondu présents et on fait le mur ou plutôt les murs en proposant des œuvres variées faisant le lien pour certains (par exemple, Kouka) avec l’œuvre réalisée lors des sessions précédentes du festival.

Une innovation validée par les artistes

Pour Lilian Cantos, promoteur du projet de murs mobiles d’expression et d’exposition artistique, « le bilan est extrêmement favorable malgré la météo : les artistes ont trouvé l’idée pertinente et originale concernant le support proposé et ont pu travailler sur un projet innovant dans le cadre de cette opération. Ils ont apprécié d’être bien reçus par la population du territoire du Bassin houiller ».

Lilian Cantos (à gauche) et l’artiste LPVDA. ©ADN12

La directrice artistique du festival, Amélie Vielle, confirme que la structure proposée était idéale pour l’expression des artistes : « elle est incroyable pour les artistes car il n’y pas de contrainte de hauteur, il y a assez de place pour s’exprimer et le béton est lisse ».

Même son de cloche justement du côté des artistes, à l’image de Kouka, pour qui :

« Ce béton très lisse, très propre, est un délice pour peindre. Les murs en ville sont souvent plein de pollution, de tags et impliquent un gros travail de préparation »

 

Jo Di Bona parle d’un « support extraordinaire, mieux qu’une toile ».

Des artistes très remarqués

A Decazeville, Jo Di Bona et Astro ont pour la première fois travaillé ensemble. Amélie Vielle précise que ces deux artistes réfléchissaient depuis deux ans à faire une œuvre commune. Ce travail représente « une vraie collaboration; ils ont pris le temps et beaucoup de plaisir à le faire ».

Jo Di Bona : « Mélanger le structuré, dans le déstructuré »

 

Jo Di Bona fait du « pop graffiti » qui est un mélange de multiples influences (graffiti, pop art…). Il improvise beaucoup en « travaillant par soustraction » : d’abord, il réalise un portrait en noir et blanc (personnes, animaux…) puis il colle différentes couches d’affiches. Ensuite, il modifie son œuvre par arrachage de certaines parties des affiches avec la redécouverte du portrait en noir et blanc mis en valeur par ce foisonnement de couleurs.

Astro est au contraire très structuré. Il joue avec les perspectives et les lignes de fuite. Il se sert des façades (œuvre réalisée sur la tour du Parc, rue du maréchal Foch) pour créer des illusions d’optique impressionnantes.

Première collaboration entre Astro et Jo Di Bona. ©ADN12

Kouka : « Un clin d’œil à ma première œuvre »

 

Kouka s’inspire de photographies ethnologiques de l’époque coloniale et travaille sur les tribus bantous, d’Afrique centrale, qui sont pour lui, « la civilisation qui a construit l’Afrique ». Ainsi, les guerriers bantous qu’il peint sont « comme des sentinelles dans l’espace public ; un point de rencontre pour discuter d’une culture différente ».

Un invité surprise : l’artiste LPVDA

Antoine Guignard alias LPVDA est un suisse francophone, qui vit à Leysin dans une ancienne ferme. Son originalité est d’avoir abandonné ses pinceaux et ses bombes de peinture et d’utiliser pour réaliser ses œuvres un outil atypique : une ponceuse. Désormais, LPVDA réalise des fresques sur des façades en bois.

Decazeville Communauté lui a proposé de réaliser une œuvre sur un des lieux culturels les plus prisés du Bassin : le cinéma d’art et d’essai La Strada. Et là encore, le résultat fut à la hauteur de la qualité de cette troisième édition du festival Murs Murs, qui s’ancre un peu plus encore dans les rendez-vous incontournables du Street Art…

LPVDA en pleine création. ©ADN12