Parce que paradoxalement, plus les traditions s’ancrent dans la répétition et plus leurs origines sont oubliées, petit mémo de la Toussaint : le pape Grégoire IV, aux alentours de 825, ordonna une célébration en mémoire des saints martyrs, chaque 1er novembre. Deux impératifs orientèrent ce souverain pontife dans son choix : les paysans ayant achevés récoltes et vendanges, se trouvaient désormais disponibles et, surtout, cette date était celle du Nouvel An Celtique, lequel continuait à être fêté alors partout en Europe et réunissait les populations autour de rites druidiques.

Les « Vacances patates »

Les plus anciens parmi nous se souviendront sans doute qu’autrefois, les vacances de la Toussaint étaient nommée « vacances patates » : en effet, si les autres récoltes étaient achevées, venait l’heure de celle de la pomme de terre et traditionnellement, les enfants des campagnes « séchaient » l’école à cette période pour aider leur famille dans cette tâche. Ainsi fut instituée, pour notre plus grand plaisir « les vacances de la Toussaint ».

Obsèques et transition écologique

La Toussaint rappelle également aux Aveyronnais les proches disparus et la tradition de se rendre sur leurs tombes, souvent en famille. Aujourd’hui, enterrer un proche ou préparer ses obsèques pose indiscutablement la question environnementale. La crémation n’est désormais plus un tabou et de nombreuses familles optent pour ce choix. Considérer que cette option est la plus écologique, n’est pas forcément une réalité, et sur ce point, les avis divergent.

Par ailleurs, la place du cimetière dans les esprits revêt un caractère nouveau en termes d’urbanisme. Dans les grandes agglomérations, ils deviennent des lieux de promenades prisés car ils font office de « poumon vert ». Cet état de fait conduit certains animaux comme des renards ou des rongeurs, à trouver y refuge. Le cimetière serait donc une aubaine pour la préservation de la biodiversité. À Lyon, un carré LOP (Ligue de Protection des Oiseaux) y a même été édifié, plaçant le cimetière aussi comme un réceptacle de vie.

Isabelle Rozière, pépiniériste à Laissac. ©ADN12

Le dire avec des fleurs

On ne peut définitivement pas parler Toussaint, sans parler fleurs. Isabelle Rozière, pépiniériste à Laissac, sans cesser de transférer du terreau, explique : « le chrysanthème, en 2019, rencontre toujours beaucoup de succès. Cependant, depuis quelques années, les clients se tournent également vers des compositions de fleurs ou arbustes vivaces. Ainsi, la véronique, la pensée, l’ellébore et le fusain forment d’agréables ensembles ». Les mains toujours plongées dans le terreau, elle poursuit :

« Nous offrons à notre clientèle un rapport de proximité, de conseil et de qualité. À l’occasion des fêtes, telles la Toussaint, nous restons ouverts, jours fériés et dimanches inclus. »