RN88. Le jour d’après à Baraqueville

L'inauguration officielle de la déviation de Baraqueville s'est tenue en grandes pompes ce mardi 29 octobre. ©ADN12

Deux semaines après sa mise en service, représentants de l’Etat, de la Région, du Département et élus locaux se sont retrouvés ce mardi 29 octobre pour officiellement couper le ruban inaugurateur du tout nouveau contournement de Baraqueville.

« Un projet qui aura connu cinq Présidents de la République » a ironisé le maire de Baraqueville, Jacques Barbezange, qui sait, mieux que personne, à quel point le chemin a été long…

30 ans de tergiversations

C’est ce que l’on appelle « un serpent de mer » : un projet débattu pour la première fois dans les années 90 et qui commence seulement à prendre forme, trois décennies plus tard. A l’origine, la RN88, axe majeur du département de l’Aveyron, était appelée à évoluer en 2×2 voies sur la totalité de son parcours, de Séverac-le-Château à l’est jusqu’à Tauriac-de-Naucelle et sa prolongation tarnaise.

La suite a été bien moins fructueuse puisque la partie Est, entre Rodez et Séverac (accès A75) semble bel et bien enterrée malgré les protestations d’un collectif d’élus locaux qui se bat pour son dédoublement depuis près de 10 ans, au regard de l’accidentologie particulière de cette portion.

L’objectif a donc été ramené à celui-ci : relier Rodez à Toulouse en 2×2 voies.

Si l’échéance initialement annoncée pour 2020 ne sera pas tenue, des avancées ont tout de même été enregistrées pour la partie Sud : la portion La Mothe-Saint-Jean a été mise à 2×2 voies en juillet 2015, faisant suite aux deux chantiers tarnais (Tanus-Croix-de-Mille et doublement de la rocade d’Albi).

Ce contournement de Baraqueville vient donc parachever la liaison albigeoise mais nous n’en sommes qu’à la moitié : au premier tronçon, celui de 8 km entre les giratoires des Molinières (Calmont-Rodez) et de Marengo (Baraqueville).Il faudra encore patienter au minimum trois années pour voir inauguré le deuxième tronçon, au sud de Baraqueville, 6,5 km entre Marengo et La Mothe…

Une première étape pour Baraqueville

Il aura fallu cinq années de travaux et 55 millions d’euros pour réaliser ce premier tronçon entre Rodez et Baraqueville, ainsi que ses deux échangeurs (Les Molinières et Marengo). Un trafic estimé à 13 000 véhicules par jour qui traversait jusqu’à maintenant la commune de Baraqueville.

Son maire, Jacques Barbezange ne peut que se féliciter de cette réalisation :

« Nous avions un bourg asphyxié par la circulation. Avec ce contournement, il y aura moins de bruit, moins de pollution, moins de stress et moins d’accidents »

Le maire de Baraqueville, Jacques Barbezange, veut rassurer les commerçants : les automobilistes continueront de s’arrêter dans leurs boutiques ! @ADN12

Baraqueville vient, qui plus est, d’être labellisée « Village-Etape » et pourra donc continuer à bénéficier des retombées touristiques et financières de la fréquentation routière voisine. C’est d’ailleurs le message que veut porter Jacques Barbezange aux commerçants de sa commune, inquiets de voir disparaître les automobilistes de passage :

« Dans le même type de configuration, les études menées ailleurs concluent au contraire à un résultat positif pour l’activité locale : les passants entrent plus volontiers dans les commerces qu’ils ne le faisaient quand la circulation était saturée »

 

Un discours d’autant plus audible que la commune va continuer à accueillir les véhicules en entrée de ville (RD911) le temps des travaux du second tronçon. Une période de transition en attendant de voir totalement disparaître les poids lourds et leurs désagréments…

Marengo-La Mothe : pas avant fin 2022- début 2023

Reste donc maintenant à finaliser ce contournement de Baraqueville dans sa partie sud : 6,5 km entre Marengo et La Mothe. Les travaux ont débuté en mai 2017 et sont actuellement en phase de terrassement. La mise en service de cet ultime maillon est annoncée pour la fin d’année 2022 ou début 2023…

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a fait le déplacement jusqu’à Baraqueville pour cette inauguration. @ADN12

Au total, l’opération Saint-Jean-La Mothe et déviation de Baraqueville représente un montant d’investissement de 225 millions d’euros, financé pour moitié par l’Etat, et les deux autres quarts par la Région Occitanie et le Département de l’Aveyron.

Restent maintenant deux gros chantiers pour la partie ruthénoise de la RN88 : la dénivellation des trois giratoires de la rocade (Saint-Félix, Les Moutiers, Saint-Marc) et le barreau de Saint-Mayme (sortie Nord). Le second, sous maîtrise d’ouvrage du Département, est en cours de travaux, tandis que le premier, inscrit dans le Plan Etat-Région 2015-2020, devrait voir lancée l’enquête publique dans quelques mois.

Quid des futurs financements ?

Le président du Conseil Départemental de l’Aveyron, Jean-François Galliard, a d’ailleurs profité de la présence du Préfet de Région pour rappeler « l’enjeu vital de désenclavement que représente ce pont entre l’A20 et l’A75 » : « il y a des négociations en cours concernant les participations de chacun… Le problème est que les conseilleurs ne sont pas forcément les payeurs. L’union sacrée doit jouer pour que l’Etat débloque les fonds nécessaires à la poursuite du désenclavement ! ».

Un message reçu 5/5 par Etienne Guyot : le représentant de l’Etat assurant être « un partisan des routes » : « On va poursuivre la coopération. Les crédits sont là pour terminer le chantier du contournement de Baraqueville d’ici 3 ans, et de nouvelles négociations vont débuter en 2020. Des financements seront inscrits pour ces projets, je serai votre allié »…