Réforme des Retraites : la CGT contre-attaque

Le Conseiller Confédéral de la CGT en charge des Retraites, Regis Mesasalma et le Secrétaire aveyronnais David Gistau devant un agrandissement du feuillet explicatif des "méfaits du projet de réforme", qui sera distribué à 1 million d'exemplaires. @ADN12

Dans les rangs du syndicat CGT, l’heure est à la pédagogie pour expliquer les conséquences du projet de réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron. L’Union Départementale aveyronnaise a donc organisé une journée d’étude et de formation ce vendredi 25 octobre dans les locaux du Comité d’Etablissement Robert Bosch à Onet-le-Château.

Avec un double objectif : analyser le projet de réforme et ses conséquences, et travailler à des contre-propositions. « Nous irons ensuite au contact des citoyens pour leur expliquer les méfaits du projet, et la nécessité de se mobiliser pour la grande journée de manifestation nationale du 5 décembre » annonce le Secrétaire Départemental de la CGT, David Gistau.

« Une autre réforme est possible »

Et pour bien cerner les enjeux du projet de réforme, le syndicat local a fait appel à Régis Mesasalma, Conseiller Confédéral en charge du dossier des retraites. Ce dernier se déplace partout en France depuis quelques semaines pour décrypter le projet et former les militants CGT pour organiser « un grand déploiement national » afin de combattre la réforme.

« Aller chercher l’argent là où il existe »

Le syndicat, déjà mobilisé depuis la rentrée contre ce projet de réforme, ne lui trouve que des défauts : « cette réforme programme la baisse des pensions, en obligeant à terme les travailleurs à se tourner vers la retraite par capitalisation. Elle signe la fin du régime de solidarité et creuse les inégalités. Sur la durée des cotisations : quoi qu’il arrive, tout le monde travaillera jusqu’à 64 ans… et enfin, on est contre la mise en place d’un régime universel, qui ne permet pas de prendre en compte les contraintes spécifiques à chaque métier et les carrières entrecoupées ».

Face à ce constat sans appel, Régis Mesasalma assure qu’une autre réforme est possible pour proposer un droit de départ à la retraite à 60 ans, avec un taux de pension plus acceptable qu’actuellement et la possibilité de départs anticipées pour les métiers concernés par la pénibilité. La clef se trouve selon lui dans le financement du système :

« Il faut élargir l’assiette de cotisations et mettre fin aux exonérations. Nous pensons qu’il y a 100 milliards d’euros de disponible en taxant le capital. C’est une question de répartition des richesses : il faut arrêter de faire des cadeaux au patronat, aux plus riches, ceux qui vivent de la rente du capital ! »

 

Convaincre les citoyens

Une position que la CGT défendra lors de la journée de mobilisation nationale du 5 décembre prochain. Une journée interprofessionnelle et intersyndicale puisqu’elle réunira également FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse (Fidl, MNL, UNL, Unef) au moment où des grèves sont annoncées dans le secteur des transports (RATP, SNCF, transports routiers) qui pourraient être rejoints par les services publics et certaines entreprises privées.

Une journée « noire » à laquelle David Gistau souhaite voir s’associer les citoyens : « on a un mois pour aller à leur contact et les convaincre de se mobiliser. On a préparé des supports vidéos et un journal qui sera distribué par les militants dans les entreprises et les manifestations publiques (tiré à un million d’exemplaires) pour expliquer ce qui est en jeu. Les enquêtes d’opinion nous montrent que les salariés nous soutiennent, il y a donc un potentiel à mobiliser ».