La préservation de la biodiversité, une richesse pour les activités humaines

La préservation de la biodiversité est l’un des axes forts des missions des parcs naturels régionaux, qui ont pour vocation de « protéger et valoriser les patrimoines naturel, culturel et humain » de leur territoire. De l’agriculture, en passant par le tourisme, les événements culturels, ou la transition énergétique, le service biodiversité du Parc naturel régional des Grands Causses (PNRGC) accompagne des projets collectifs ou privés divers et variés. Avec un mot d’ordre : mettre en accord la préservation des espèces et des milieux avec les activités humaines.

« On pense souvent que l’homme, par sa présence et son action, détruit. Mais tout est dans la manière d’agir, de construire les projets », explique Laure Jacob, chargée de mission milieux naturels, faune et flore au Parc naturel régional des Grands Causses.

Rappelant que le rôle d’un Parc, est avant tout de « protéger les espèces sensibles tout en maintenant les activités humaines », sa mission est à la croisée de nombreux projets qui se développent sur le territoire. Le Parc est chargé de faire appliquer les différentes réglementations nationales et européennes.

« Au niveau agricole, par exemple, le programme européen Natura 2000 permet de développer certaines pratiques favorables à la biodiversité : la conservation des parcours, la préservation des oiseaux qui nichent au sol, l’installation de placettes d’alimentation pour les vautours… », énumère Laure Jacob. « Ces programmes sont favorables pour les éleveurs et pour la biodiversité », appuie-t-elle.

Projet éolien, création ou extension de bâtiments d’élevage, urbanisation, « tout est en lien avec la biodiversité, et tous les sujets sont imbriqués. C’est ce qui fait que nos missions sont passionnantes », poursuit Laure Jacob.

Sports pleine nature et biodiversité, un duo gagnant

Le patrimoine naturel du Parc est un levier de développement touristique, comme en atteste le boom des activités pleine nature (lire « Le Progrès » du 17 octobre 2019). Elles se pratiquent au cœur même du territoire de nombreuses espèces végétales ou animales remarquables.

La pulsatille tardive fait partie des 2.050 espèces végétales du Parc.
© Laure Jacob

Les services tourisme et biodiversité du PNRGC travaillent donc main dans la main pour que la cohabitation se fasse dans le respect de l’écosystème local.

« Quand un espace trail se crée, que l’on ouvre des circuits de randonnée, des points d’envol de parapente, qu’un événement sportif est organisé, il faut que cela soit fait en cohérence avec les contraintes réglementaires liées à la protection des espèces, que le Parc est chargé de faire appliquer ».

Les organisateurs doivent donc intégrer le paramètre biodiversité à la mise en place de leur manifestation. « Nous veillons à ce que ces activités ne perturbent pas les espèces et les milieux protégés au niveau national, notamment les rapaces qui nichent en falaise, et pour lesquels l’enjeu de conservation est très fort ». Tracés des parcours, période de la manifestation, impact sonore, tout est passé en revue.

« Bien sûr que si les organisateurs ne font pas spontanément appel à nous, c’est la sous-préfecture qui va le leur rappeler. Mais nous sommes vraiment satisfaits, parce qu’au fil des ans, c’est devenu une habitude de nous intégrer à leur démarche. »

« La protection de la biodiversité n’est pas une contrainte. »

« Avec 2.050 espèces végétales sur les 2250 que compte l’Aveyron, trois espèces de vautours sur quatre présentes en Europe qui nichent sur notre territoire, les enjeux et la responsabilité du Parc sont très forts », rappelle Laure Jacob. « Sans compter les autres oiseaux, chauve-souris, amphibiens, reptiles et mammifères pour lesquels il faut veiller au maintien des milieux dans lesquels ils se reproduisent. »

Pour autant, « il n’est pas question de mettre le territoire sous cloche, ou de jouer le rôle de censeur », appuie la chargée de mission.

Les équipes du Parc se placent avant tout dans un rôle pédagogique.

Notre mission est remplie quand les différents porteurs de projet du territoire comprennent l’intérêt des réglementations, et qu’ils les intègrent à leur projet dès le début.

Concertation, travail de terrain avec les différents protagonistes qui font vivre le territoire, sont à la base des missions du service biodiversité, en lien avec les autres services du Parc.

« Notre action contribue à changer le regard sur la préservation du patrimoine naturel. Que les espèces rares, en danger, les milieux remarquables, soient reconnus comme des atouts. Et pas comme une contrainte qui limite les projets humains, mais qui au contraire, les enrichit. »


Rencontres nationales vautours : Projection de « La fabuleuse histoire du gypaète » et sorties terrains

Dans le cadre de la 25e édition des Rencontres vautours France, qui se déroule à Saint-Affrique du 25 au 27 octobre, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et ses partenaires vous invitent à la projection du film « La fabuleuse histoire du Gypaète », réalisé en 2018 par Anne et Erik Lapied.

La LPO organise sa 25e rencontre nationale « Vautours » à Saint-Affrique du 25 au 27 octobre. © Bruno Berthemy

« Avec son faciès de carnaval, son œil diabolique et son envergure de géant, le Gypaète barbu avait tout pour rentrer dans la légende. Ce vautour casseur d’os, exterminé dans les Alpes au début du vingtième siècle, survole à nouveau nos montagnes. Mais son retour ne tient pas du hasard.
Deux biologistes, l’un français, l’autre suisse, nous content les mœurs et la fabuleuse histoire de ce rapace hors du commun. Le Gypaète fédère le plus vaste programme de protection et de conservation d’un oiseau en Europe. Mais dans l’équilibre fragile de la nature, rien n’est jamais gagné. Quelles menaces pèsent encore sur ce vautour ?
Un défi humain au cœur du monde animal qui montre que, quand il le veut, l’homme est capable de changer les choses. »

Rendez-vous vendredi 25 octobre à 19h30, dans l’amphithéâtre du lycée La Cazotte de Saint-Affrique. Accueil dès 19h, accès tout public, projection gratuite et sans inscription. Durée : 52 minutes. Renseignements complémentaires au 07.76.11.40.27
• Trois sorties terrain sont organisées dans le Rougier de Camarès, le Cirque de St-Paul des Fonts ou les Gorges de la Dourbie auxquelles vous êtes conviés. Départ 8 h 30 du Lycée la Cazotte le dimanche 27 octobre. Contact : 06.27.78.33.38.


Le Parc révise sa charte

Le Parc naturel régional des Grands Causses (PNRGC) se prépare à la révision de sa charte. Ce document de référence sert de guide à toutes les actions menées par les équipes du Parc, pour une période de 15 ans.

Pour élaborer la nouvelle charte pour la période 2022-2037, élus et habitants du territoire sont sollicités pour donner leur avis, leurs envies, et « inventer demain ». Pour cela, un questionnaire en ligne est disponible sur le site du PNRGC jusqu’au 31 octobre, où chacun est invité à donner son avis sur le passé, pour préparer le futur. Pendant quatre semaines, nous vous proposons de (re)découvrir quelques initiatives portées par le Parc naturel régional des Grands Causses depuis 2007. Début de la charte en vigueur jusqu’en 2021.