La toile de maître brûle entre le musée Soulages et Rodez Agglomération. Mardi 22 octobre va avoir lieu le bureau du conseil d’administration du musée Soulages, en vue de préparer la réunion durant laquelle seront votées de nouvelles directions. Mais certains points à l’ordre du jour font réagir les élus à la culture qui ont porté le projet du musée et surtout permis qu’il devienne un véritable tremplin pour tous les établissements culturels de la commune.

Disparition du partenariat entre Rodez agglo et le musée Soulages

Les nouvelles directions pointées du doigt par les élus touchent de plein fouet le partenariat mis en place entre le musée et Rodez Agglomération :

  • disparition du billet commun entre le musée Soulages et le musée Fenaille (12€ pour les deux musées) qui a permis de voir les entrées au musée d’archéologie grimper de 16 à 22% entre 2014 et 2018;
  • création d’un billet unique pour le musée Soulages (10€ en tarif plein);
  • création d’une carte d’abonnement limitée au musée Soulages, supprimant ainsi l’actuelle qui comprend les deux musées;
  • abandon du tarif réduit pour les détenteurs de la carte XXL (qui donne accès à de nombreuses réductions sur le sport, la culture, les loisirs, les transports) qui réduisait de 4€ le prix du billet;
  • exclusion de l’office du tourisme de Rodez pour l’organisation de visites guidées au sein du musée;

En tirant la sonnette d’alarme, les deux élus se présentent aussi comme porte-paroles des équipes des musées Fenaille et Denys-Puech. En plus de critiquer la méthode (proposer de couper court à cinq années de partenariat sans en informer les principaux concernés), c’est bien les volontés d’indépendance que le musée affiche vis-à-vis du reste de la commune que regrette Sarah Vidal qui, selon elle, « affaiblirait le territoire ».

« Ce sont des mesures égoïstes vis-à-vis des autres musées, quand le premier de cordée lâche, c’est tout le projet de territoire qui en souffre. »

 

Des mesures « règlement de compte » ?

Pour contrer ce que Jean-Michel Cosson qualifie carrément de « règlement de compte vis-à-vis de l’agglomération », les deux élus proposent de conserver toutes ces mesures qui, pour eux, enrichissent le territoire et permettent un accès à la culture pour le plus grand nombre. Le récent changement de statut du musée, passant de la responsabilité intégrale de Rodez Agglomération à la responsabilité partagée entre l’État, la région, le département et Rodez agglomération (statut EPCC), lui amenant ainsi une plus grande liberté de mouvement, explique peut-être ce virage radical de la part de son directeur, Benoît Decron, qui chercherait à se défaire de toutes les attaches tissées avec la communauté d’agglomération.

Mais rien n’est joué. Au conseil d’administration du EPCC du musée Soulages siègent quatre élus de l’agglomération de Rodez, quatre élus du département, quatre représentants de la région et quatre représentants de l’État. Ces nouvelles directives peuvent être rejetées lors du bureau de mardi prochain. Si en revanche, ces directives sont votées, Jean-Michel Cosson fera remonter ces problématiques au prochain conseil d’agglomération.

Pour Sarah Vidal, « ces mesures donnent une mauvaise image de la culture ». Et pour un musée qui approche du million de visiteurs en cinq ans, une mauvaise image tout court…