C’est en surfant sur le site Le Bon Coin, il y a quelques jours, que la victime reconnaît son ordinateur portable. Celui-là même qu’il lui avait été dérobé lors du cambriolage de son habitation de Ségur le 30 octobre 2018. Un an après, les enquêteurs ont pu remonter jusqu’à l’auteur des faits grâce au numéro de téléphone laissé sur l’annonce de vente : les empreintes du propriétaire de ce téléphone correspondant en effet à celles laissées sur le lieu du cambriolage… Il est interpellé ce lundi 14 octobre et jugé sous procédure de comparution immédiate ce mercredi au tribunal de Rodez.

25 condamnations

L’accusé est un homme de 33 ans, habitant Albi dans le Tarn. Il est bien connu des services de justice pour avoir déjà été condamné à 25 reprises, essentiellement pour des faits de vols et recels, mais aussi pour trafic de stupéfiants et une grosse affaire de violence et séquestration qui lui avait valu 4 ans de prison ferme en 2016. Au moment du cambriolage de Ségur, il se trouvait en liberté conditionnelle.

« Un vieux réflexe »

Ce jour-là, il explique n’avoir eu qu’une participation minime dans le cambriolage : « je me trouvais en voiture avec deux autres personnes. Pendant que je téléphonais, elles en sont sorties pendant 20 minutes et sont revenues avec des objets volés en m’expliquant qu’elles avaient visité une habitation isolée. J’ai voulu allé voir à l’intérieur. C’est pour cela qu’il y a mes empreintes dans la maison mais je n’ai rien volé. C’est juste un vieux réflexe… ». Pourtant, en réponse à l’une des questions du juge assesseur, il admettra que s’il avait vu à ce moment-là un objet intéressant, il l’aurait certainement pris… Devant le tribunal, il s’obstine à ne pas vouloir donner le nom de ses complices, arguant vouloir protéger sa famille.

Au total, la valeur du butin dérobé ce jour-là est évaluée à 2 700 euros : un ordinateur portable, un appareil photo, un fusil et une clef USB. La propriétaire, mère de trois enfants, explique avec émotion le choc qu’elle a ressenti en constatant l’effraction : « il y a bien sûr les biens matériels mais le plus difficile, ce sont les souvenirs que contenaient tous ces appareils, le fait qu’on abîme votre maison au pied de biche, et la difficulté pour mes enfants à comprendre tout ça…C’est une perte inestimable. ».

Clémence du tribunal

« Un traumatisme » que le Ministère Public a voulu punir sévèrement, d’autant que la casier judiciaire de l’accusé ne plaidait pas vraiment en sa faveur : 15 mois de prison avec mandat de dépôt ont été requis.

Mais le tribunal s’est voulu clément, voulant croire en les promesses de l’accusé : « je reconnais mon erreur mais il s’agit d’un écart. Je ne fais plus de conneries depuis longtemps, j’ai eu un enfant, je travaille…je fais tout pour me réinsérer et je risque de tout perdre si je retourne en prison ». Ce pourquoi il a été condamné à 12 mois de prison dont 6 avec sursis, avec une mise à l’épreuve de 2 ans pendant laquelle il devra travailler et payer 800 euros de dommages et intérêts à sa victime.

La présidente du tribunal n’a pas prononcé de mandat de dépôt mais a prévenu le repris de justice : « votre peine sera certainement aménagée pour que vous puissiez travailler et indemniser votre victime. On vous fait confiance. Ne nous faites pas regretter notre choix et ne revenez jamais ici ».