Saint-Georges-de-Luzencon. Luz’en Bulles, huit années au coeur de la BD

Les ouvrages de l’artiste Hugot ont trouvé leur public.

Deux jours, dix-huit auteurs et des centaines de fans. De tous les âges, de l’Aveyron mais pas que, animés le temps d’un week-end par une passion commune : la bande-dessinée. Le village de Saint-Georges-de-Luzençon s’en est fait spécialiste, depuis huit ans déjà que le festival Luz’en Bulles est né. 

L’auteur William, papa des « Sisters » et de « Tizombi », devait tenir le rythme pour écouler la file de fans venus chercher leur dédicace, samedi 5 octobre à la salle des fêtes. La Millavoise Myriam en était, un passage obligé pour elle et sa fille Luna, qui prend des cours avec le dessinateur Daf. « On était déjà venues l’an dernier pour rencontrer Feralita. Là on est venues pour les ‘‘Sisters’’, on aime beaucoup les graphismes. » 

L’immanquable Luz’en Bulles

Baptiste, lui, lit « beaucoup de mangas ». Il faisait le tour des stands avec sa maman, Stéphanie, et sa petite sœur, Garance, elle aussi accroc aux « Sisters ». Il lui manque le dernier album en date qu’elle a fraîchement commandé. Le long des allées, ils étaient beaucoup comme eux à découvrir l’événement. « Si on avait su plus tôt que ça existait, on serait déjà venus », s’exclamait une passante à son compagnon. 

Bernard et Nicole, un couple de Saint-Affricains, eux, connaissent bien Luz’en Bulles. Ce ne sont pas vraiment des inconditionnels de la bande-dessinée, mais des bonnes idées de sortie, oui. Cette année, ils y ont rencontré Pascal Levey, alias Kaya, l’auteur de « Tartine à Palavas-les-flots », et de « Essaouira mieux demain » et sont repartis continuer leur samedi de balade du côté de Millau, un album dédicacé à la main. 

Talent et convictions

Côté auteurs, le festival est l’occasion de promener son talent et ses convictions. Le président d’honneur de l’édition, Zerriouh, dessinateur de « Mangaka » y parlait volontiers de son activité. Lui qui a choisi de s’« émanciper du système des maisons d’éditions », qui « corrompt les auteurs » en demandant de produire toujours plus « en payant de moins en moins ». Il a retrouvé sa liberté en créant une maison d’édition associative, Funybul. « Pour mon dernier album, mes lecteurs ont financé la moitié de ce que je devais à l’imprimeur », loue l’artiste. 

Un peu contredit par Manu ED-H, son ami, voisin de stand et auteur de « La porte magique », qui lui est dans le partenariat. « Je ne veux pas demander d’argent aux lecteurs, je privilégie les fonds publics qui existent pour la culture et qui sont alloués aux éditeurs classiques mais qui peuvent être débloqués pour nous, auteurs qui essayons de sortir du système », éclaire l’auteur. Autant de bons conseils dont tous les jeunes talents du concours Tremplin du festival n’avaient plus qu’à se délecter. 

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« L’Elzède », deux amies pour un roman photo 

Toutes les deux de Rivière-sur-Tarn, les deux amies d’enfance Pauline Lasmayous et Camille Albaret ont profité de Luz’en Bulles pour présenter « L’Elzède », leur roman photo. Une utopie-polar qui se déroule en 2048. Les humains y communiquent par un réseau végétal platénaire, ils se téléportent grâce à une énergie interne et les « Gilets justes » militent pour l’abolition de l’argent. L’histoire se chargera d’expliquer comment l’humanité en est arrivée-là. Leur ouvrage est co-édité, disponible chez Caumes, à Millau, à la librairie Syllabes, ou à la librairie Bastide, à Saint-Affrique, au prix de 12 €.  L’œuvre est également disponibles auprès des commerçants du village.